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"On ne sait pas totalement expliquer le recul de l'épidémie de la Covid-19" reconnait un infectiologue niçois

Mis à jour le 12/05/2021 à 16:00 Publié le 12/05/2021 à 16:00
« Il est hautement probable qu’une nouvelle poussée survienne à la fin de l’été ou au début de l’automne. Mais la vague ne sera pas obligatoirement aussi haute que les précédentes », prévient le Pr Michel Carles.

« Il est hautement probable qu’une nouvelle poussée survienne à la fin de l’été ou au début de l’automne. Mais la vague ne sera pas obligatoirement aussi haute que les précédentes », prévient le Pr Michel Carles. Photo N.C.

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"On ne sait pas totalement expliquer le recul de l'épidémie de la Covid-19" reconnait un infectiologue niçois

Chef du service d’infectiologie du CHU de Nice, le Pr Michel Carles appelle à l’humilité vis-à-vis du virus. On ne sait pas pourquoi il se retire. Aussi, on doit s’attendre à le voir revenir.

 Un taux d’incidence qui passe sous la barre des 100. Un taux de positivité à 2,5%… Sans conteste, l’épidémie recule fortement dans le département des Alpes-Maritimes. Comment interpréter le phénomène? Réponses du Pr Michel Carles, chef du service d’infectiologie du CHU de Nice.

Quelles explications au recul très rapide de l’épidémie sur notre territoire?
On ne sait pas l’expliquer de façon définitive. Les modalités évolutives du virus, son apparition comme sa régression ou son contrôle, tiennent probablement compte de critères environnementaux multiples : taux d’humidité, température, densité de population, comportements, etc. On ne peut faire que le constat, depuis le début de l’épidémie, d’une évolution par vagues successives, différentes dans leur amplitude… Et non synchrones d’un pays à l’autre. On peut ainsi s’interroger sur la situation en Afrique. Pourquoi est-elle comparativement plus épargnée ?
L’apparition-disparition du virus est ainsi une équation à multiples paramètres très complexes. La grippe à un cycle annuel et nous en connaissons plusieurs déterminants ; la Covid-19 semble avoir un cycle pluriannuel dont les déterminants restent à préciser.

La situation particulière des Alpes-Maritimes illustre vos propos.
Absolument. J’entendais ainsi ce matin [lire mardi matin, ndlr] sur France Inter le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, se réjouir de la décision d’avoir laissé les Français fêter Noël en famille puisque cela ne s’était pas traduit par une poussée épidémique en janvier. C’est vrai pour la quasi-totalité du territoire national. Mais pas pour notre département. Nous avons vu au contraire flamber le nombre de cas à cette période. Si on a l’a imputé au variant anglais, pourquoi seulement chez nous et pas ailleurs, alors qu’il était fortement présent sur tout le territoire? On n’a pas de réponse.

On ne peut dès lors envisager le recul rapide de l’épidémie sur notre territoire comme un témoin de l’efficacité des mesures de prévention et aussi du confinement précoce le week-end?
Il s’agit de moyens mis en place pour limiter la circulation du virus, et leurs impacts ont été largement étudiés: le confinement pour contenir l’épidémie a une efficacité qui est proportionnelle à sa précocité et à sa rigueur. Concernant le confinement du week-end, s’il a contribué, c’est de façon très minime… Il faut comprendre qu’un virus est un organisme, influencé par de nombreuses conditions extérieures. Mais, on s’aperçoit que dès qu’on lui laisse la possibilité de circuler, il repart.

Faut-il craindre dès lors une nouvelle poussée épidémique?
Difficile de prédire ce qui se passera dans les prochains mois, mais il est hautement probable qu’une nouvelle poussée survienne à la fin de l’été ou au début de l’automne. Mais la vague ne sera pas obligatoirement aussi haute que les précédentes. Cela va dépendre de notre capacité à faire face, avec les mesures barrières désormais bien connues et évidemment la vaccination qui va permettre un renforcement de l’immunité collective.

Doit-on s’attendre néanmoins à revivre les mêmes périodes que les précédentes?
On a tendance, lorsque l’on est confronté à des phénomènes itératifs, à penser que les suivants seront comparables. Lorsque je dis qu’il y aura probablement une prochaine vague, et qu’il faut bien sûr s’y préparer, cela ne signifie pas, j’insiste, qu’elle sera aussi grave: il y a les vaccins, nos connaissances sont meilleures, notre société, forte de son expérience, saura mieux "encaisser", l’hôpital mieux s’adapter…

Que peut-on attendre de la vaccination?
Elle va permettre de contrôler la circulation du virus, mais pas de l’éradiquer au stade où nous en sommes. Il faut attendre au mieux plusieurs mois encore, et que 70% de la population a minima soit immunisée, pour espérer un contrôle plus efficace du virus. Et un retour à une vie normale. Mais il n’est pas exclu que de nouveaux variants apparaissent dont les conséquences ne sont pas prévisibles.

Êtes-vous dès lors favorable à la vaccination des enfants, pour atteindre cet objectif?
Ça ne me semble pas une urgence absolue alors nous sommes tellement loin d’une couverture vaccinale satisfaisante des adultes.

Avec du recul, les messages de prévention étaient-ils bons? Et les mesures de confinement vraiment pertinentes?
Certains messages ont sans aucun doute été perturbants; je pense en particulier à la restriction des activités individuelles de plein air. Concernant l’efficacité du confinement, il s’agit d’une question complexe, et très politique: ce n’est pas aux médecins de définir la politique. Mais votre question est peut-être mal formulée: on sait que le confinement marche quand il est précoce et très rigoureux. Plutôt qu’interroger la pertinence, la question - ou plutôt les questions sont de savoir si on peut accepter ce type de confinement, si on a les moyens de l’appliquer, si on a des solutions alternatives d’efficacité comparable et si le danger lié à la pandémie est perçu comme très sévère ou peu sévère. Selon les réponses à ces différents points, on évalue la pertinence du confinement ou des modalités d’application à mettre en œuvre.

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