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Nouvelles restrictions dans les Alpes-Maritimes: des professionnels de santé niçois divisés

Mis à jour le 23/02/2021 à 09:17 Publié le 22/02/2021 à 08:15
Durant les deux prochains week-ends, la Promenade des Anglais devrait être bien vide.

Durant les deux prochains week-ends, la Promenade des Anglais devrait être bien vide. Photo Frantz Bouton

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Nouvelles restrictions dans les Alpes-Maritimes: des professionnels de santé niçois divisés

Le professeur Olivier Guérin, nouveau membre du Conseil scientifique, soutient les nouvelles mesures. Véronique Mondain, infectiologue au CHU de Nice, est plus critique.

Les éléments de langage n’ont pas changé. Lundi midi, le préfet Bernard Gonzalez évoquait encore une situation "préoccupante" avec des services de réanimation "en saturation".Les chiffres lui donnent raison.

Le nombre de contaminations à la Covid-19 reste irrémédiablement sur cette pente doucement ascendante empruntée depuis quelques semaines. C’est justement en regard des chiffres de la situation sanitaire qu’ont été adoptées les mesures.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne font pas l’unanimité dans la communauté médicale.

Le Pr Olivier Guérin, fraîchement promu au Conseil scientifique national la semaine dernière et chef du pôle gériatrie du CHU de Nice, entre autres casquettes, se tenait à la droite du préfet lors de la conférence de presse lundi.

Il soutient ses nouvelles restrictions sanitaires. Le Dr Véronique Mondain, infectiologue au CHU de Nice et membre du conseil scientifique local ne partage pas cet avis. 

POUR

"La donnée nouvelle c'est l'arrivée du variant anglais"

 

Pour le Pr Guérin: "Il est temps maintenant de mettre en place des mesures restrictives".
Pour le Pr Guérin: "Il est temps maintenant de mettre en place des mesures restrictives". Photo Eric Ottino

Nous en sommes donc à un total de 106 patients en réanimation (réa, unités de soins continus et soins intensifs) dans le département contre 102 le lundi 15 février. 377 personnes sont en hospitalisation conventionnelle versus 360 la semaine dernière. En une semaine 48 décès supplémentaires ont été enregistrés à l’hôpital: on a franchi la barre tristement symbolique du millier de morts (1.002 ce lundi).

Le Pr Guérin analyse ces données: "dans la dynamique épidémique que nous vivons, nous avions un arsenal de mesures qui permettaient de maintenir une pression "supportable" - même si elle était lourde - sur le système de santé qui nous permettait de prendre en charge correctement l’ensemble des patients (Covid et hors Covid). La donnée nouvelle c’est l’arrivée du variant anglais qui est plus contagieux (de 40 à 50 %) et probablement plus dangereux (20%) en termes de formes graves et de décès. C’est ça qui est en train de faire basculer depuis quelques jours l’incidence et la saturation du système de santé avec ces patients nouveaux. C’est pour ça qu’il est temps maintenant de mettre en place des mesures restrictives pour diminuer cette pression épidémique. Nous sommes tous convaincus que c’est quelque chose de difficile, qui impacte toute la population. Mais c’est le moment de le faire."

"Mesures adaptées et concertées"

"Je dois saluer, en tant que membre du Conseil scientifique, la décision du pouvoir exécutif en lien avec notre préfet d’avoir territorialisé ces mesures-là. Les autres territoires de France ne sont pas à la même enseigne que nous. Je trouve intéressant que l’on puisse avoir des mesures adaptées et concertées avec l’ensemble des élus locaux."

"Maintenant, on va voir l’impact de ces mesures, il faudra peut-être réadapter. On est sur un équilibre permanent entre l’augmentation de la transmission liée à l’augmentation de la proportion du variant anglais et le niveau nécessaire de mesures pour impacter le moins possible la vie sociale et économique mais diminuer la pression sanitaire."

CONTRE 

"Ça n'a pas de sens"

"Cela fait 6 mois que l'on demande que des contrôles rigoureux soient mis en place" précise le Dr Véronique Mondain.
"Cela fait 6 mois que l'on demande que des contrôles rigoureux soient mis en place" précise le Dr Véronique Mondain. Photo N. C.

Infectiologue au CHU de Nice et membre du conseil scientifique local, le Dr Véronique Mondain analyse les mesures annoncées ce lundi midi en préfecture.

La situation sanitaire est-elle catastrophique?
Il ne faut pas utiliser ces termes: "catastrophe", "apocalypse". En revanche, ce que l’on peut dire, c’est que depuis plusieurs semaines, nous sommes sur un plateau modérément ascendant.

Peut-être en lien avec les effets des fêtes de fin d’année où il y avait eu beaucoup de mouvements de population. La situation est donc très tendue mais à l’hôpital elle reste maîtrisée.

6 lits Covid ont été ouverts en rhumatologie et 4 SICO (Soins intensifs Covid, Ndlr). En parallèle, il y a des services dans le privé qui ont augmenté leur offre de soins.

En résumé, nous sommes sur une ligne de crête. La difficulté c’est de continuer à bien soigner les patients non-Covid dans ce contexte de ressources hypercontraintes.

Avez-vous été consultée pour l’adoption de ces nouvelles mesures?
Non, le conseil scientifique local (auquel le Dr Mondain appartient, Ndlr) n’a pas été sollicité. Étonnant! Finalement tout a été décidé avec les élus locaux mais pas avec les acteurs de terrain dont c’est la mission. Je suis en colère et déçue.

J’ai l’impression que les politiques utilisent insuffisamment les données scientifiques, et qu’ils souhaitent à tout prix mettre en place des mesures, même si celles-ci n’ont pas d’intérêt.

Il paraît qu’un sondage de citoyens niçois rapporte que 74% d’entre eux sont favorables à des mesures de protection! Je n’en doute pas une seconde, mais où est la protection dans les mesures qui ont été annoncées?

Êtes-vous favorable au confinement partiel?
Le confinement de week-end ça n’existe pas. Le seul confinement qui fonctionne c’est "à la chinoise". Total donc. Et nous n’y sommes pas favorables. Il n’y a rien de rationnel à laisser la population circuler librement la semaine pour la confiner le samedi et le dimanche.

Cela ne fait que pénaliser les Niçois qui travaillent et qui ne pourront même plus se détendre en allant respirer le grand air dans la nature. Ça n’a pas de sens, d’autant que cela n’empêchera certainement pas les touristes de venir dans le département.

En revanche, cela va peut-être décider des Niçois à aller passer leurs congés ailleurs, exportant le virus avec eux…

Quid justement des visiteurs?
Depuis l’été, les infectiologues militent pour que l’on contrôle davantage les allées et venues dans la région.

Rien n’est fait pour limiter les déplacements de population or cela favorise la circulation du virus. Cela fait 6 mois que l’on demande que des contrôles rigoureux soient mis en place à l’aéroport et surtout que des tests soient exigés avant la montée dans l’avion à destination de Nice.

Là on parle de procéder à des tests aléatoires; c’est totalement insuffisant. Il faut des mesures plus fermes et des contrôles des quarantaines nécessaires.

Parmi les mesures figure le port du masque généralisé. Qu’en pensez-vous?
Évidemment, c’est prioritaire de respecter les gestes barrières y compris le port du masque. Encore trop de gens le mettent mal: sous le nez ou sous le menton. Cela ne doit pas faire oublier que l’on se contamine essentiellement en milieu fermé, professionnel ou familial.

En entreprise, la pause repas ou cigarette est particulièrement à risque. Lorsque vous expirez la fumée, vous expulsez le virus présent dans votre gorge à 10 mètres! Cela fait partie des choses dont on ne parle pas assez. Le lavage des mains, l’aération des locaux ne doivent pas être oubliés.

Pensez-vous que la fermeture des magasins de plus de 5.000 m² arrangera les choses?
Difficile à dire. Mais une chose est sûre: il faut davantage s’attarder sur la jauge que sur la taille du magasin. Avec le conseil scientifique local, nous le réclamions.

En limitant le nombre de personnes au même moment dans un endroit clos, on réduit le risque de contamination, peu importe qu’il s’agisse d’une petite ou d’une grande enseigne.

Quels ont été les effets du couvre-feu à 18 heures?
Impossible à dire. Ce que l’on constate c’est qu’on est sur un plateau ascendant. Donc manifestement, cela n’a pas permis de mettre un frein réel à la circulation du virus.

La vaccination va-t-elle pouvoir cette fois ralentir l’épidémie?
Oui c’est indéniable. Lorsque les plus fragiles seront vaccinées, les services hospitaliers seront probablement moins saturés puisque ce sont essentiellement eux nos patients. Il faut que nos concitoyens comprennent que le vaccin est notre seule chance de sortir de tout cela.

Mais encore faut-il qu’on ait des vaccins et là aussi… les choses traînent. En attendant, il y a un message qui n’est pas à négliger, c’est celui de l’auto-confinement des personnes fragiles. Elles doivent être particulièrement prudentes, ne pas s’exposer. Et cette mesure est recommandée par tous les experts!

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