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Ne pas vacciner, c'est mettre en danger son enfant

Mis à jour le 10/04/2018 à 05:20 Publié le 10/04/2018 à 05:20
En lançant sa campagne « Je protège mon enfant, je le vaccine », le gouvernement s'associe, 
par anticipation, à la semaine internationale et européenne de sensibilisation à la vaccination.

Ne pas vacciner, c'est mettre en danger son enfant

Le conseiller de gouvernement-ministre de la Santé, Didier Gamerdinger, lance une campagne pour inciter à la vaccination sans forcer la main. Un acte individuel et collectif victime de la rumeur

Pas de bagues ou de seringues, et encore moins de cris d'enfants en guise d'illustrations. Pour lancer, « en douceur », sa campagne de sensibilisation aux vaccinations, le gouvernement a opté pour un gentil petit ourson en couverture de sa brochure « Je protège mon enfant, je le vaccine ». « Une manière apaisée et absolument pas agressive de sensibiliser les parents », estime le conseiller de gouvernement-ministre de la Santé, Didier Gamerdinger.

Par cette campagne ciblée, le département des Affaires sociales et de la Santé entend « inciter » les parents à vacciner leur progéniture contre huit maladies infectieuses (coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, haemophilus influenzae - méningite -, pneumocoque, méningocoque), dont le vaccin est obligatoire en France depuis le 1er janvier 2018, en plus des trois vaccins déjà obligatoires en Principauté (diphtérie, tétanos, poliomyélite).

Sensibiliser sans crisper

Contrairement à la France, Monaco ne va donc pas légiférer pour rendre ces huit vaccins obligatoires mais mise sur une adhésion naturelle. Des recommandations également valables, d'ailleurs, pour le méningocoque B, le rotavirus (gastro-entérite sévère), la varicelle, la grippe et le papillomavirus. « Si ça ne fonctionne pas, à échéance, nous nous reposerons la question de la façon d'aborder la problématique », commente le conseiller Gamerdinger, tout en précisant les raisons qui ont poussé la France à légiférer.

« En France, la conséquence d'une absence de certificats de vaccination est une éviction scolaire. De la crèche et des centres aérés ou de loisirs aussi. Nous, nous voulions une sensibilisation sans crispations, précise le conseiller, sans omettre de préciser qu'en l'état des choses, un enfant ne peut se voir refuser l'accès dans une école monégasque faute de vaccins, mais peut être empêché de participer à des loisirs de l'autre côté de la frontière.

En plus d'affichages municipaux gracieusement mis à disposition par la mairie, la brochure « Je protège mon enfant, je le vaccine » sera disponible dans les crèches, établissements préscolaires et primaires, cabinets médicaux, CHPG, à l'Inspection médicale des scolaires et des sportifs, infirmeries des écoles ou encore pharmacies. Internet et les réseaux sociaux se chargeant du reste avant une deuxième phase de communication, en milieu scolaire, à la rentrée de septembre.

Un maillage conséquent d'autant que l'exiguïté du territoire monégasque permet déjà au Comité national des vaccinations et au Comité monégasque de Santé publique d'avoir un bon suivi en terme de prévention.

« Vacciner, c'est protéger »

À l'intérieur de ce fascicule tiré en anglais et français, des recommandations et un question-réponses à destination des nombreux « vaccino-sceptiques » (lire ci-dessous). Un document « rapide à lire et efficace ». « Vacciner, c'est protéger. Ne pas vacciner, c'est exposer, mettre en danger son enfant », martèle d'ailleurs Didier Gamerdinger, soutenu par le Dr Olivia Keïta-Perse, chef de service épidémiologie au CHPG, également en charge des consultations « voyageurs » et « fervente » partisane de la vaccination. « Elle est extrêmement importante à titre individuel et nous protège de façon collective. Vu la défiance vis-à-vis des vaccins depuis quelques années, on a une couverture vaccinale qui diminue et une résurgence de certaines pathologies qui peuvent avoir des conséquences graves, voire tragiques. »

Il y a quelques mois, en France, une femme de 32 ans a ainsi succombé à la rougeole. Dernièrement, c'était un enfant en Sicile. Mais rien d'alarmant du côté de Monaco où « seuls » deux cas de tuberculose ont été recensés en 2016 et cinq cas de rougeole en 2011.

Le « motif de préoccupation » est à chercher dans les statistiques de l'Inspection médicale scolaire - aucune statistique de la population monégasque n'existe - qui révèlent une diminution des vaccinations recommandées, selon Alexandre Bordero, directeur de l'Action sanitaire. « On note un maximum de vaccinations pour les enfants nés en 2007, puis entre 2007 et 2013, une légère diminution de ces vaccinations non obligatoires, principalement la rougeole et la rubéole. C'est un phénomène qu'on voit en France et en Italie. »

Objectif 90% de couverture

L'objectif derrière cette campagne est donc clair : atteindre une couverture vaccinale de 90 % en Principauté « dans les années à venir », contre 80 % actuellement. « Un taux insuffisant » selon Didier Gamerdinger, qui précise toutefois que « de nombreux vaccins qui ne sont pas rendus obligatoires par la loi sont cependant pratiqués. » Sauf de rares cas justifiés, la couverture vaccinale tutoie aussi les 100 % concernant les trois vaccins obligatoires (diphtérie, tétanos, poliomyélite).

Quant à la prise en charge de l'Assurance-maladie et les remboursements : « Les Caisses sociales et le Service des prestations médicales de l'État (SPME) couvrent à 80 % l'ensemble des vaccins des assurés monégasques. Et le ROR (Rougeole, rubéole, oreillons) est pris en charge à 100 % sous certaines conditions, si le médecin prescripteur le précise et que l'enfant a moins de 17 ans », rappelle Kristel Malgherini, chargée de mission au Département des Affaires sociales et de la Santé. Les 20 % restant relevant des complémentaires privées.


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