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Monaco s’engage pour les enfants vivant avec le VIH

Le gouvernement a choisi de soutenir les actions de DNDi, une ONG qui agit de manière à offrir dans plusieurs pays d’Afrique, des traitements adaptés aux pathologies pédiatriques.

C.V. Publié le 20/04/2022 à 12:12, mis à jour le 20/04/2022 à 11:44
La jeune Mary Loko, trois ans, recevant des mains de sa mère, Anne Wanza son traitement sur un site de soins de DNDi à Nairobi au Kenya. Paul Kamau/DNDi

Les chiffres sont impactants: en Afrique subsaharienne, près de 800.000 enfants vivant avec le VIH ne reçoivent aucun traitement. Une situation comme une sentence : sans traitement, la moitié des enfants nés avec le VIH n’atteignent pas l’âge de deux ans. C’est pour cette frange de population oubliée - estimée à 50% des enfants vivant avec le VIH dans le monde - que DNDi s’engage.

L’acronyme pour Drugs for Neglected Diseases initiative signifie en français Initiative Médicaments contre les Maladies Négligées. L’ONG a été créée en Suisse en 2003, avec à sa tête Bernard Pecoul, l’ancien directeur général de Médecins sans frontières.

Leur créneau? Fournir des traitements innovants contre les maladies négligées. Et dans le cas du VIH, ils pourront compter désormais sur l’appui de la Principauté qui a choisi de se ranger à leurs côtés.

Le partenariat signé avec la direction de la Coopération internationale monégasque se traduit par un engagement de 300.000 euros sur trois ans pour permettre à de jeunes enfants porteurs du VIH - notamment du Sénégal et d’Afrique du Sud - l’accès à des traitements optimaux adaptés à leur âge et leurs besoins.

"Les plus vulnérables comme cœur de cible"

"Pendant trop longtemps, les enfants vivant avec le VIH ont été négligés, en particulier ceux qui vivent dans des environnements à ressources limitées. Aujourd’hui, nous assistons à une révolution dans le diagnostic et le traitement du VIH pédiatrique. Il est désormais de notre responsabilité de veiller à ce que les enfants vivant avec le VIH aient accès à ces nouveaux diagnostics et traitements qui représentent une avancée majeure" a déclaré Bernard Pécoul, directeur exécutif de DNDi à l’annonce de ce partenariat.

 

Un rapprochement "qui s’inscrit dans les priorités de la Coopération monégasque, avec les plus vulnérables comme cœur de cible et nous espérons que les avancées en termes de diagnostic et de traitement du VIH profiteront bientôt au plus grand nombre, pour ne laisser personne de côté", a souligné Bénédicte Schutz, qui dirige la Coopération internationale.

L’Afrique du Sud et le Sénégal sont parmi les pays partenaires de la Coopération monégasque, où sont engagés des projets de divers ordres. Et la question du VIH est dominante dans les deux états.

L’Afrique du Sud comptant le plus grand nombre d’enfants vivant avec le VIH (310 000) et seuls 47 % reçoivent un traitement antirétroviral qui empêche au virus de se démultiplier dans le sang et aide à vaincre les infections.

Aujourd’hui, DNDi soutient l’enregistrement par les autorités de régulation du pays d’un traitement novateur au goût masqué car les médicaments disponibles pour l’heure ont un goût amer qui rend leur administration très difficile auprès des enfants.

Au Sénégal, sur les 4.000 enfants recensés comme porteurs du VIH, un tiers seulement à accès au traitement antirétroviral.

 
Le Docteur Florent Mbo. Photo Kenny Mbala/DNDi.

Questions à Dr Florent Mbo, chercheur pour DNDi à Kinshasa au Congo

Le traitement leur permet de mener une vie quasi normale

Chercheur qui œuvre pour DNDi depuis Kinshasa au Congo, le docteur Florent Mbo est en charge des questions d’accès aux médicaments et plaide pour une plus large diffusion des traitements antirétroviraux.

Un accès efficace aux traitements doit démarrer d’abord par un dépistage?
En effet, on ne peut pas parler d’accès au traitement sans dépistage au préalable. Dans le contexte africain, il n’y a pas assez accès aux ressources au niveau de nos gouvernements pour appuyer le dépistage du VIH. Il faut d’abord, par exemple, tester les femmes enceintes qui donnent naissance à des enfants atteints par le VIH.

Nous avons des exemples en Afrique du Sud où un nombre très élevé de femmes enceintes sont porteuses du VIH et le transmettent à leur enfant lors de l’accouchement. C’est pourquoi nous appuyons la formation de professionnels de santé sur ces questions de dépistage. Et un enfant dépisté, dès ses premiers mois de vie, peut avoir accès à un traitement.

En Europe, on oublie parfois que le Sida est une maladie qui tue. Pour de jeunes enfants, un traitement efficace donne quelles espérances à leur parcours de vie?
Il améliore clairement la vie d’enfants qui le suivent à long terme. Ils peuvent aller étudier à l’école, leurs anticorps sont renforcés et le traitement leur permet de mener une vie quasi normale. En recevant le traitement tôt, cela permet d’éviter les infections fréquentes. Nous traitons des bébés de trois mois, par exemple. Ce qui est important aussi, est de savoir si la maman est séropositive pour lui donner un traitement en amont, pendant sa grossesse et diminuer le risque de transmission à l’accouchement.

L’apport de traitement dans certains pays se heurte-il aux contraintes logistiques?
Pour le moment, le problème logistique ne se pose pas tellement. Notre souci est la disponibilité du médicament. Au niveau de DNDi, nous faisons tout pour adapter nos formulations en tenant compte du contexte climatique. Aussi, nous privilégions souvent des médicaments qui sont thermostables et ne nécessitent pas d’être conservés au réfrigérateur. Dans nos centres de santé les plus éloignés dans les régions rurales, il n’y a pas de chaîne de froid. Il faut adapter les médicaments au contexte du terrain.

Constatez-vous parfois des craintes, des défiances de la part des personnes à qui vous proposez ces traitements?
Je reviens d’une visite de terrain au nord de Kinshasa, nous sommes arrivés dans des structures où les enfants qui sont amenés, contaminés par des mères atteintes du VIH, n’ont pas de médicaments. Ces enfants sont condamnés faute de prise en charge et notre volonté est de combler ce vide autour du VIH pédiatrique. Ce qui permet de ramener le sourire auprès de ces populations. Et l’appui de Monaco dans ces programmes y contribue.

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