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Monaco Disease Power récolte 170.000 € pour ses actions auprès des personnes en situation de handicap

Avec son gala, Monaco Disease Power a récolté 170 000 € pour ses actions auprès des personnes en situation de handicap. Sa présidente, Muriel Natali-Laure, revient sur les difficultés rencontrées avec la crise et les projets à venir.

Joëlle Deviras Publié le 02/11/2021 à 11:05, mis à jour le 02/11/2021 à 18:38
Muriel Natali-Laure, présidente de Monaco Disease Power. Photo Joëlle Deviras

Un record! Monaco Disease Power a organisé un gala au Yacht-Club qui a réuni près de 300 convives, parmi lesquels le prince Albert II, le président du Conseil national Stéphane Valeri, le conseiller de gouvernement - ministre des Affaires sociales et la Santé Didier Gamerdinger, le maire Georges Marsan et le pilote Nicolas Ciamin.

"Les gens étaient très motivés et les réservations sont allées très vite", souligne Muriel Natali-Laure, présidente de l’association créée en 2007 pour soutenir les enfants ou adultes souffrant de handicaps mentaux, physiques ou maladies mentales.

Peut-être est-ce la conséquence d’une année manquée en 2020 en raison de la crise sanitaire. Toujours est-il qu’à ce nombre impressionnant d’invités a correspondu un bénéfice exceptionnel, notamment grâce à la vente aux enchères: 170 000 euros.

 

"Là aussi, c’est une très bonne édition", note Muriel Natali-Laure. Une somme qui va lui permettre de financer les projets en cours pour que les jeunes et adultes atteints notamment d’autisme, puissent vivre paisiblement au centre aéré de Monaco, à la Maison d’Amélie et la Maison des Copains d’Annot (dans les Alpes-de-Haute-Provence).

Monaco Disease Power a rassemblé 290 convives au Yacht-Club de Monaco pour soutenir les personnes ayant un handicap physique ou mental. DR.

Quels sont les projets à financer?
Les bénéfices dégagés de la soirée de gala permettent d’abord de couvrir les frais de fonctionnement pour le centre aéré qui existe depuis 2008 à Monaco et qui accueille 25 jeunes âgés de 3 et 25 ans. Pour les personnes avec handicap, il n’existe pas de structures pour les prendre en charge dès qu’ils ont plus de 12 ans. Et pour les moins de 12 ans, il faut que les autistes puissent avoir une certaine autonomie. C’est pourquoi nous avons créé cette structure depuis 13 ans.

Vous avez un projet de "logements inclusifs". Qu’est-ce que c’est exactement?
Dans le groupe de ces 25 jeunes que je connais depuis qu’ils sont tout petits, beaucoup habitent en France. Les instituts spécialisés français accueillent les jeunes jusqu’à leur majorité. Ensuite, ils sont éligibles dans des foyers de vie, des maisons d’accueil spécialisées (MAS) ou des centres de travail. Mais la France n’a pas les moyens pour élargir les places à la mesure des besoins. Or, la loi française impose une prise en charge du handicapé. Alors, le pays compense avec d’autres systèmes en contribuant à des heures de prise en charge à domicile.

Avoir une équipe avec un encadrant 24/7

Avec notre projet de "logements inclusifs", nous aurons deux appartements pouvant chacun abriter cinq résidents. L’idée est d’avoir une équipe qui tourne avec un encadrant 24/7 dans chaque logement pour organiser des activités éducatives. Le logement inclusif fonctionne sur la base de la colocation qui permet de mutualiser les coûts de fonctionnement et prise en charge. C’est un mode d’accueil léger et proche des personnes qui permet de développer de véritables projets personnalisés. Il doit permettre également de créer des liens avec la commune.

Vous pourrez ainsi remédier à un manque de structures en France?
En France, de nombreuses familles vivent des situations difficiles: beaucoup de jeunes adultes sont encore dans des structures pour enfants grâce à l’amendement Creton, qui est une mesure dérogatoire permettant de maintenir les jeunes de plus de 20 ans en établissements médico-éducatifs. Mais passé 25 ans, il est demandé aux parents de prendre leur enfant chez eux car il n’y a pas de place dans des structures pour adultes. Nos logements inclusifs pourront servir de passerelle en cas de besoin pour des jeunes de Monaco avant qu’ils n’entrent à l’AMAPEI (association monégasque pour l’aide et la protection de l’enfance inadaptée).

 

La période Covid a-t-elle été très difficile pour Amélie, votre fille atteinte d'autisme?
Amélie a accepté et compris qu’il ne fallait pas sortir. Mais cela s’est traduit par une forme de dépression et d’apathie. Elle restait couchée et dormait toute la journée; ce qu’elle ne fait jamais.

Les jeunes tournaient en rond

Et pour les familles que vous suivez?
La crise sanitaire a été une épreuve pour les handicapés mentaux et leur famille. À Monaco, nous avions le droit de marcher dans les rues. Mais tout était fermé bien sûr. Les jeunes tournaient en rond. Pour les familles qui devaient télétravailler, c’était compliqué. J’ai été en contact avec une maman dont le fils avait des crises d’agressivité. Un enfant qui crie toute la journée, c’est difficile. Mais nous n’avions vraiment pas le droit d’ouvrir. C’était impossible pour toutes les raisons. Beaucoup d’instituts ont fermé. D’autres sont restés ouverts mais ont gardé les enfants les plus faciles. Nous avons fermé nos maisons et le centre aéré dès l’annonce du confinement mi-mars 2020. Toutefois, à la demande d’un Foyer de vie du département des Alpes de Haute-Provence, nous avons rouvert la Maison d’Amélie. Vingt personnes sont venues s’y confiner afin de changer de lieu de vie et limiter le stress.

Et le centre aéré?
Quand nous avons tout rouvert le 15 juin, nous avons décidé de garder les enfants jusqu’au 30 août, du lundi au samedi. C’était une première. Les parents étaient tellement satisfaits que nous avons décidé d’ouvrir deux mois au lieu d’un mois comme habituellement.

Qu’en est-il de la vaccination des jeunes?
La vaccination est obligatoire pour tous les adultes. Tous nos jeunes sont vaccinés ; même si ce n’est pas une obligation.

Avez-vous d’autres projets à Annot?
Nous souhaitons créer un potager plus grand que l’existant et une petite ferme.

Offre numérique MM+

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