"Monaco a pu compter sur un hôpital solide": ce qu'il faut retenir des vœux de la directrice du CHPG au personnel

Trois ans après le début de la crise sanitaire de la Covid-19, la directrice du CHPG, Benoîte Rousseau de Sevelinges, a renoué avec les vœux au personnel. Un discours empreint de résilience et résolument tourné vers l’avenir.

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Thibaut Parat Publié le 25/01/2023 à 13:00, mis à jour le 25/01/2023 à 13:31
"Pendant ces presque trois années [de pandémie], la Principauté a pu compter sur un hôpital solide, dont l’agilité a été déterminante pour maintenir les activités économiques et sociales." Photo Cyril Dodergny.

"Apprendre à vivre avec la Covid-19". Cette formulation aux allures de projection, répétée à souhait par les autorités et le corps médical monégasques au moment de la relance du pays, est désormais une réalité.

Le virus est devenu un sujet secondaire - et tant mieux -, et c’est dans une salle étriquée et archi-comble de l’IFSI que les vœux du Centre hospitalier Princesse-Grace ont eu lieu ce mardi en présence du prince Albert II, après avoir été sacrifiés deux années de suite sur l’autel de la sécurité sanitaire.

Devant le personnel, sa directrice, Benoîte Rousseau de Sevelinges, a dressé un premier constat: "Cette crise a révélé aux yeux du public ce qu’était le CHPG: un établissement réactif, performant, doté de capacités technologiques et avant tout humaines. Pendant ces presque trois années, la Principauté a pu compter sur un hôpital solide, dont l’agilité a été déterminante pour maintenir les activités économiques et sociales."

Un "Pasteur de la Santé" plus avantageux

Sorti plus fort de cette pandémie, l’hôpital n’a toutefois pas échappé au délicat contexte de santé publique et une pénurie de certaines professions, à l’image des infirmières de bloc opératoire ou les manipulateurs radio.

Pour garantir l’attractivité du CHPG, il a fallu, à l’instar de la France, réformer. C’est ainsi qu’a été élaboré un "Pasteur de la Santé" plus avantageux que le pays voisin. En 2022, les agents hospitaliers ont vu leur salaire augmenté et leur carrière revalorisée. "Désormais, les médecins peuvent prétendre à la retraite dès 60 ans. Les professions soignantes pourront, quant à elles, continuer à choisir entre un départ à la retraite à partir de 55 ou de 60 ans", ajoute Benoîte Rousseau de Sevelinges.

Après avoir glissé un mot pour les médecins et cadres partis vers d’autres horizons professionnels ou à la retraite, ainsi qu’à ceux brutalement disparus, la directrice du CHPG a égrené des projets internes réalisés ou à venir.

En voici une synthèse.

La directrice du CHPG, Benoîte Rousseau de Sevelinges, a égrené les projets réalisés et à venir. Photo Stéphane Danna / Dir Com.

Une transformation de l’offre de soins

Profitant de la limitation forcée des activités chirurgicales pendant le confinement au printemps 2020, le Dr Hervé Quintens a mené une transformation de l’offre de soins au profit de parcours en filière par pathologie.

Objectif? "Faciliter l’accès au soin, coordonner les expertises requises pour offrir au patient, en un temps limité, un diagnostic précis ainsi qu’un parcours de soins personnalisé et coordonné", argumente la directrice du CHPG.

Et ainsi mettre fin aux errances diagnostiques et thérapeutiques, sources de perte de chance. C’est ainsi qu’est née "Prostate Center", "Pelvic Center" ou encore "Thyroïde Center". Le modèle devrait être déployé en 2023 sur des pathologies complexes: l’endométriose, l‘accident ischémique transitoire ou les troubles rachidiens.

Des dons investis en équipement biomédical

Ces trois dernières années, de généreux donateurs et le gouvernement princier ont permis au CHPG d’investir 20 millions d’euros en équipement biomédical. Citons le renouvellement d’un robot chirurgical et l’acquisition d’un second, un plateau de cardiologie interventionnelle cumulant les avantages de la 3D et de la magnétisation ou encore l’acquisition d’un HI-FU pour le traitement des fibromes.

Et du côté des travaux?

"Le service de psychiatrie est partiellement rénové et le sera totalement d’ici l’ouverture de la phase 1 du Nouvel hôpital [en 2026, N.D.L.R.], confie Benoîte Rousseau de Sevelinges. La crise Covid nous a amenés à réaliser de nouveaux travaux de modernisation dans le service de pneumologie. Et un été aura suffi pour créer l’Unité de soins critiques de chirurgie qui a constitué un véritable poumon lors des périodes les plus tendues."

Grâce à un généreux donateur et son 1,8 million d’euros en 2022, les services des urgences adulte et pédiatrique seront regroupés au printemps dans des locaux plus fonctionnels.

Quid du Nouvel hôpital?

"Les opérations tiroir concernant le Pavillon Princesse Grace sont désormais terminées, offrant quatre étages d’unité d’hospitalisation rénovés. Il s’agit désormais de recalibrer et localiser les unités telles que nous les occuperons en 2026, au regard de l’évolution des besoins en santé publique et des évolutions de la médecine", poursuit-elle. La direction du CHPG se donne d’ici la fin de l’année pour présenter un programme capacitaire définitif de la phase 1 du Nouvel hôpital.

Benoîte Rousseau de Sevelinges, directrice du CHPG, a remis au prince Albert II la toute première édition du rapport d’activités de l’hôpital (période 2020-2022). Photo Stéphane Danna/Dir Com.

"Peut-être avez-vous craint d’être oubliés, il n’en est rien!"

Dans son discours, le prince Albert II a salué le "dévouement" et le "professionnalisme" du personnel hospitalier pendant la crise sanitaire. "Pendant les longues semaines du confinement, nous vous avons applaudis chaque soir à 20 heures et peut-être avez-vous craint d’être ensuite oubliés, mis au second plan. Il n’en est évidemment rien", a-t-il tenu à rassurer, rappelant que la santé demeurait un pilier majeur de l’attractivité de la Principauté.

"Il est essentiel pour notre hôpital et nos maisons de retraite d’avoir les moyens [financiers et technologiques] de relever les défis qui s’imposent à eux dans un secteur en constante évolution. À cet égard, rénover et étendre un hôpital en activité constitue une véritable prouesse et pose, j’en suis conscient, de nombreuses difficultés tant pour le personnel que pour les patients et les familles."

Face aux cyberattaques qui ciblent les établissements de santé à travers la planète, le souverain a insisté sur la nécessité "d’investir dans des systèmes d’information capable [d’y] résister".

Sur le sujet du numérique, justement, la directrice du CHPG a annoncé la fin, en 2023, du déploiement du dossier patient informatisé, lequel permettra l’adoption de nouveaux usages et "de s’ouvrir aux outils d’intelligence artificielle et d’aide à la décision".

Autre volonté affichée par le prince Albert II: "investir collectivement dans l’amélioration de la prévention, notamment par les diagnostics, le dépistage et la vaccination. Il s’agit là d’un travail collectif qui commence dans les foyers, dans les écoles et dans le secteur associatif pour lutter, entre autres, contre l’obésité et les addictions ». Un travail que le chef d’État monégasque veut aussi voir être mené dans le secteur de l’environnement afin de « contrôler et prévenir les facteurs susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures."

Enfin, le Prince a martelé l’importance d’une politique de santé "multidisciplinaire et complémentaire" grâce aux synergies développées avec l’ensemble des acteurs du pays: médecine de ville, établissements privés et Centre scientifique de Monaco.

2022 en chiffres

82.000

Le nombre de patients accueillis par le CHPG, dont 20.000 pour la première fois.

45.000

Le nombre de passages aux services d’urgences et d’urgences pédiatriques.

170.000

Le nombre de consultations au sein de l’établissement.

60

Le nombre de lits d’hospitalisation fermés à cause de la crise sanitaire de Covid-19.

2.660

Le nombre d’agents au CHPG, sans compter les 250 médecins et 105 élèves.

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