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Lutte contre le VIH : les Alpes-Maritimes en pointe

Mis à jour le 31/10/2019 à 10:30 Publié le 31/10/2019 à 10:30
Jusqu’au 30 juin 2020, grâce au VIH test, se faire dépister, c’est gratuit, dans tous les laboratoires des Alpes-Maritimes.

Jusqu’au 30 juin 2020, grâce au VIH test, se faire dépister, c’est gratuit, dans tous les laboratoires des Alpes-Maritimes. archives Laurent Martinat

Lutte contre le VIH : les Alpes-Maritimes en pointe

Depuis juillet, le département et la ville de Paris proposent, en avant-première, un test rapide et gratuit. Il permet de connaître le statut sérologique pour enrayer la propagation du virus

Et s’il n’y avait plus de nouvelle infection par le VIH (1) d’ici 2030 ? Pour le Dr Pascal Pugliese, infectiologue au CHU de Nice, président du Corévih (Coordination régionale de lutte contre le VIH) Paca-Est et tout nouveau président de la Société française de lutte contre le sida, c’est réaliste : « Pour cela, il va falloir atteindre l’objectif du “3x95”. Cela veut dire que 95 % des personnes devront connaître leur statut sérologique, que 95 % des personnes conscientes de leur séropositivité au VIH aient accès au traitement et que 95 % des personnes sous traitement aient une charge virale indétectable d’ici 2020. »

Le dépistage, un geste à adopter

On estime que 25 000 personnes en France sont porteuses du virus, sans le savoir. Et qu’un tiers des découvertes de séropositivité sont trop tardives, car survenues au stade de sida. Le bon réflexe est donc de se faire dépister régulièrement.

Depuis le 1er juillet, il est désormais possible de faire le test du VIH, sans ordonnance et gratuitement, dans tous les laboratoires de Paris et des Alpes-Maritimes, « les deux départements les plus touchés par l’épidémie. »

Il s’agit d’une expérimentation pilote innovante. « Mille six cent douze tests ont été réalisés en juillet et en août et seulement trois personnes ont été déclarées positives au virus du VIH dans le département, rapporte le Dr Pugliese. Et puis, qu’il se révèle positif ou négatif, le VIH test garantit un accompagnement. Et ça, c’est important. »

« Ces chiffres sont très encourageants, ajoute le vice-président du Corévih, Erwann Le Hô. Les dépistages réalisés en laboratoire ont augmenté de 9 % dans les Alpes-Maritimes par rapport à la même période l’an passé. »

Un appel à la généralisation

Le 30 juin 2020, l’expérimentation prendra fin. L’heure sera au bilan. Mais déjà, le protocole semble séduire la Cour des comptes.

Dans un rapport publié en juillet, les sages de la rue Cambon ont jugé inefficace la politique menée jusqu’ici contre le VIH/sida. Ils appellent déjà à la généralisation de ce protocole de dépistage.

« Il faut que dans ce domaine l’argent public soit bien utilisé. Je suis sûr que VIH test va se montrer efficace », appuie Erwann Le Hô.

Le Dr Pugliese est, quant à lui, persuadé que, « simplifier le réflexe du dépistage, c’est aussi accélérer la fin du sida. » Et des moyens, pour l’arrêter, il en existe d’autres, comme la Prep ou le Tasp. Des traitements que suivent Guillaume et Olivier. L’un est séronégatif, tandis que l’autre, a contracté le virus, il y a plus de vingt ans (lire ci-dessous).

Olivier a contracté le VIH en 1995. Depuis, il bénéficie du Tasp (traitement de prévention). « Ma précédente épouse était séropositive et on essayait d’avoir un enfant. Nous n’arrivions pas avec les méthodes préconisées, alors une fois, nous avons décidé de ne pas utiliser de préservatif et j’ai été contaminé. »

Olivier a aussitôt été pris en charge : « J’ai changé pas mal de fois de traitement. Au début, j’avais, trois, voire quatre cachets avec une ou deux prises par jour. Et avec beaucoup d’effets secondaires. » Vomissements, vertiges, amaigrissement, ça n’a pas toujours été facile.

« À l’époque, les traitements marchaient plus ou moins bien. Je faisais des rechutes. J’ai même fait de la lipodystrophie. La graisse de mon visage fondait. J’ai dû faire des injections, un peu comme du botox aujourd’hui. Quand le traitement ne fonctionnait plus, je le ressentais tout de suite. Certains médicaments avaient des effets sur mon foie. Je n’ai jamais bu beaucoup d’alcool et pourtant j’avais le foie d’un alcoolique. »

Vers les années 2000, les recherches sur le VIH ont vraiment avancé. « Avec le Dr Pugliese, je savais que j’étais très bien suivi, remercie Olivier. L’équipe de [l’hôpital niçois] l’Archet 2 est vraiment top, et franchement, ça aide quand on n’est vraiment pas bien et que les effets secondaires sont de moins en moins supportables. Et avec les années, tout a disparu. »

Aujourd’hui, grâce au Tasp qui a permis de diminuer la quantité de virus dans son sang et dans son sperme, la charge virale d’Olivier est devenue indétectable. Il ne transmet plus le VIH : « J’ai une vie tout à fait normale, je suis triathlète et ni le traitement, ni le virus ne nuisent à mes performances. Je vis tout à fait normalement. »

Le VIH ou le sida, ça n’intéresse pas ou ça fait peur. « Certains membres de ma famille le savent, d’autres non. Je sais qu’ils ne réagiraient pas de la meilleure des manières. Idem pour mes amis. Je n’ai pas envie de briser des amitiés pour ça. » Olivier est soumis à des prises de sang et des consultations tous les cinq mois. Mais il ne prend qu’un médicament par jour. Et visiblement, il se porte comme un charme : « Le VIH désormais n’est plus synonyme de mort et de souffrance. »

Guillaume : « je prends un comprimé par jour et toujours à la même heure. »
Guillaume : « je prends un comprimé par jour et toujours à la même heure. » Él. A.

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