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L'épidémie de coronavirus est-elle responsable d'une surmortalité dans les Alpes-Maritimes?

Mis à jour le 04/04/2020 à 13:05 Publié le 04/04/2020 à 08:00
Une consultation en centre de Vauban.

Une consultation en centre de Vauban. Photo Dylan Meiffret

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L'épidémie de coronavirus est-elle responsable d'une surmortalité dans les Alpes-Maritimes?

Y-a-t-il une surmortalité liée à l'épidémie de Covid-19 en France? Très certainement. L'observe-t-on dans le sud-est de la France? Non - en tout cas pas pour le moment. 

De quoi parle-t-on?

Depuis le début du mois de mars, l'ARS délivre chaque jour un triste bilan: le nombre de décès causés par le nouveau coronavirus depuis le déclenchement de l'épidémie. Ce chiffre était de 35 ce vendredi 3 avril à 19 heures dans les Alpes-Maritimes, 30 dans le Var.

Mais il ne concerne que les décès survenus en milieu hospitalier. Les personnes qui seraient mortes à leur domicile ou en Ehpad n'apparaissent pas dans cette statistique. Pour y remédier, le gouvernement a mis en place un dispositif de comptage et pour la première fois le 2 avril, le directeur général de la santé a annoncé un chiffre dans son point quotidien: en France, 884 pensionnaires d'Ehpad étaient alors morts à cause du Covid-19, 1.416 le lendemain  - dans les Alpes-Maritimes, ils sont au moins 25

Pour compléter cette information, l'Insee a ouvert ses statistiques la semaine dernière et diffuse de façon hebdomadaire le nombre de décès quotidiens enregistré dans chaque département. Ces données qui ne sont habituellement pas rendues publiques sont comparées à celles des années précédentes, 2019 et 2018.

Elles sont récoltées par deux canaux. Le premier et le principal, c'est la "voie dématérialisée". Dans les Alpes-Maritimes, cette méthode représente aujourd'hui 99% des déclarations de décès effectués par les municipalités. Avantage? Cela permet à l'Insee d'afficher les données avec un décalage de 7 jours seulement (le délai légal pour la transmission), contre une dizaine lorsque la communication se fait par courrier. L'inconvénient, c'est que cette méthode était moins utilisée les années précédentes, et la comparaison peut s'en trouver - légèrement - faussée. 

949 morts au 27 mars

Dans les Alpes-Maritimes, le nombre total de décès oscille chaque année entre 11.000 et 12.000. Soit une moyenne de 32 par jour, 1.000 par mois. 

Le dernier tableau publié par l'Insee ce vendredi indique 949 morts (transmis par voie dématérialisée donc) au 27 mars 2020 dans les Alpes-Maritimes. C'est moins qu'à la même date en 2019 si l'on prend le nombre total des décès (957), et en 2018 (1.006) (*).

Rien d'étonnant jusque-là: le 27 mars, le Covid-19 était alors responsable de 12 décès en milieu hospitalier dans les Alpes-Maritimes. L'impact de l'épidémie était encore très faible. Une semaine plus tard, ce chiffre a triplé - il y a donc des risques que les chiffres qui seront communiqués par l'Insee dans les prochaines soient eux aussi supérieurs. Par ailleurs, la mortalité a été très élevée en 2018... à cause de la grippe. L'Insee précise : "L’épisode de grippe hivernale de l’hiver 2017-2018 ayant été particulièrement intense et long, les décès quotidiens ont été beaucoup plus importants en mars 2018 que pour les mois de mars des autres années."

À quoi nous servent ces chiffres?

Certains lecteurs nous interpellent régulièrement, posant la question "du vrai nombre de morts" causés par l'épidémie de Covid-19, considérant qu'il serait bien supérieur à celui transmis depuis le début de la crise par les services publics de santé. Ces premiers chiffres peuvent nous permettre de répondre que cela ne semble pas être le cas.

D'autres départements français, touchés plus précocement par l'épidémie, connaissent, eux, de forts excédents de mortalité. Pour la période du 1er au 23 mars, les décès enregistrés dans le Haut-Rhin sont ainsi en hausse de 84% par rapport à la même période en 2019, de 40% en Corse-du-Sud ou de 33% dans les Vosges. Attention, tout évolution n'est pas forcément reliée au Covid-19: le département des Deux-Sèvres affiche une hausse de 25% par rapport à 2019 et l'Insee précise qu'elle est "a priori sans lien avec l'épidémie": seuls 2 morts du Covid-19 y ont été recensés en milieu hospitalier.

 

Le confinement peut-il induire un biais dans ces données? Si les gens ne sortent pas de chez eux, ils sont effectivement moins susceptibles d'avoir un accident de voiture. Pour tenter de savoir ce que représentaient les différentes causes de décès dans les Alpes-Maritimes - et si les "morts du Covid-19 ne pouvaient pas se substituer aux morts de la route", nous avons interrogé la base de données du CépiDC de l’Inserm.

En 2016 - ce sont les données les plus récentes ouvertes au public - les accidents de transports représentaient 45 décès, soit 0,38% des 11.654 morts survenues cette année-là dans le 06. Les pneumonies ont été responsables de 280 décès, les cardiopathies de 1.329. On retrouve les mêmes proportions les années précédentes et le même constat: les gens meurent, dans une immense majorité, de maladies. Il s'agira de savoir si, à la fin de l'épidémie, le Covid-19 a provoqué une hausse de la mortalité à cause d'une surcharge du système de santé, compliquant la prise en charge d'autres malades.

(*) En 2018 et 2019, le taux de transmission par voie dématérialisée n'était que de 96% dans les Alpes-Maritimes, c'est pourquoi nous avons choisi de comparer les 99% de décès transmis en 2020 par voie dématérialisée au nombre total de décès en 2018 et 2019. 

Comparaison du nombre total de décès en France entre le 1er et le 23 mars 2020, et la même période en 2019
Comparaison du nombre total de décès en France entre le 1er et le 23 mars 2020, et la même période en 2019 Source: Insee

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