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Le prince Albert II appelle les Monégasques à la vaccination et réaffirme son soutien au personnel hospitalier

Dans ce second volet de la traditionnelle entrevue réalisée pour la Fête nationale, le prince Albert II évoque les leçons tirées de la crise sanitaire et incite la population monégasque non vaccinée à reconsidérer son choix alors qu’une nouvelle vague de contaminations traverse l’Europe. Le souverain rappelle aussi les aides toujours actives en période de crise pour '"ne laisser personne au bord du chemin". Des soutiens économiques rendus possibles grâce à une gestion de bon père de famille du budget de l’État ces dernières années.

Thomas Michel Publié le 19/11/2021 à 10:54, mis à jour le 19/11/2021 à 11:09
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Le traditionnel entretien de la Fête nationale s’est déroulé dans le jardin d’hiver du Palais princier. Photo Jean-François Ottonello

Peut-on considérer que nous sommes en sortie de crise ?
Non, je ne pense pas. Vous savez que la situation évolue en permanence et les indicateurs en France, en Italie ou ailleurs en Europe ne vont pas dans le bon sens, avec une augmentation des contaminations et des hospitalisations. La Principauté résiste bien pour l’instant, mais il faut rester extrêmement vigilant et attentif. Il y a une augmentation, raisonnable par comparaison aux autres pays, mais notre taux d’incidence a augmenté. Aujourd’hui encore, trop de personnes ne sont pas vaccinées. Récemment encore, une personne âgée est décédée de la Covid au CHPG, et elle n’était pas vaccinée. Nous pouvons et nous devons faire mieux en termes de vaccination. Même si nous avons un pourcentage dans une bonne moyenne, il n’est pas suffisant pour garantir l’immunité collective et la protection des personnes.
Plus largement, face à la crise, notre stratégie a démontré son efficacité. Tout le monde a bien respecté le port du masque, les gestes barrières. C’est pour cela que nous avons pu garder les écoles, les commerces, les restaurants et les salles de spectacles ouverts. Et ainsi maintenir notre activité économique. Bien sûr, tous les secteurs n’ont pas retrouvé leur activité d’avant la crise sanitaire, même si la saison estivale a été bonne…

"monaco ne vit pas
à crédit"


La crise sanitaire a fait émerger une forte solidarité dans la population monégasque, pensez-vous qu’il en soit ainsi entre acteurs économiques au moment de la relance ?
Bien sûr. Je crois que cette crise a démontré un grand esprit de solidarité. Tous les services de l’État ont été mobilisés, les bénévoles, les personnels médicaux et paramédicaux. Tout le monde a été formidable. Mais aussi des entreprises par la confection de masques, de gel hydro-alcoolique. Il faut souligner aussi l’implication du système bancaire, des experts-comptables qui, en relation avec mon gouvernement, ont été au contact et en soutien du tissu économique monégasque. Je suis convaincu que cet élan se poursuit encore aujourd’hui et l’État l’encourage.
Le gouvernement continue, par exemple, à soutenir l’application Carlo qui permet de consommer dans les commerces de la Principauté. L’an dernier, des bons cadeaux ont été offerts aux salariés de la Fonction publique, totalisant la somme de 6,5 millions d’euros à dépenser dans nos commerces de proximité. L’initiative est reconduite cette année et pourrait se prolonger en 2022. Le fonds bleu, par ailleurs, permet d’accélérer la transition numérique. L’État joue pleinement son rôle de relance par la consommation et par l’investissement. Et cela profite au plus grand nombre.

 


La politique du ‘‘quoi qu’il en coûte’’ que vous avez menée au plus dur de la crise va-t-elle se poursuivre ?
En achat d’équipements médicaux, de vaccins, la Principauté a consacré les budgets nécessaires. Nous verrons en début d’année quel sera le chemin à suivre. Je l’ai dit au début de la crise et je le répète : ce qui est important, c’est de ne laisser personne au bord du chemin. Le CTTR [Chômage Total Temporaire Renforcé, ndlr] doit s’arrêter au 31 décembre, mais si la situation devait être à nouveau problématique, bien sûr qu’il sera envisagé de le reconduire. Il concerne aujourd’hui quelques centaines de personnes. Au plus fort de la crise, c’était des dizaines de milliers. Il apparaît que notre saine gestion des finances publiques des années antérieures nous permet d’avoir cette politique sociale forte. Monaco n’a pas de dettes et ne vit pas à crédit, elle peut continuer dans ce même élan. Le budget primitif 2022 est à l’équilibre, témoin d’une nette amélioration de la situation économique. C’est la clé de la poursuite de notre développement. Le quoi qu’il en coûte : oui, mais nous adapterons les aides aux besoins.

"il n'y a pas de réponse plus efficace que le vaccin"


Comme dans tous les pays, une partie de la population est entrée en défiance à l’égard du vaccin et/ou du pass sanitaire, donnant lieu à des manifestations en Principauté. Quel message adressez-vous à ces personnes qui estiment leur liberté malmenée ?
Je respecte les opinions de tous. Elles peuvent s’exprimer conformément à la Constitution et cela a été le cas à plusieurs reprises. Il est légitime que face à une situation aussi inédite et imprévue, il y ait des questionnements. À l’heure actuelle, si on écoute les opinions des spécialistes, il n’y a pas de réponse plus efficace que le vaccin. Les personnes vaccinées développent des formes moins graves de Covid. C’est pour cela qu’il est possible d’éviter que les services de soins intensifs soient surchargés. Là ou la vaccination progresse, le rythme de vie se maintient. Le pass sanitaire a le même objectif. Il permet de faire en sorte que nous ayons des interactions sociales en nous garantissant une meilleure protection. Ce n’est pas une protection absolue mais c’est une protection. Bien sûr il y a un rebond, mais la grande majorité des personnes hospitalisées n’est pas vaccinée. Sans vaccination ni pass, nous n’aurions pas pu maintenir ouvert les restaurants, les salles de spectacles, et rouvrir les discothèques, les salles de sports. J’entends ce qu’il se dit. J’ai aussi eu les mêmes questionnements au tout début, sur les vaccins. Mais, je suis désolé, force est de constater que le seul moyen que nous avons à l’heure actuelle de nous prémunir, c’est la vaccination.

"Le CHPG veille à ce que ses salariés bénéficient de conditions de rémunération et d’exercice plus favorables que dans les pays voisins"

Des crispations ont également été constatées chez les agents hospitaliers, qui réclament au passage un Ségur de la Santé. Est-ce une préoccupation majeure de votre gouvernement ?
Je le répète, j’ai beaucoup de reconnaissance pour les personnels de soin et de santé qui sont très sollicités depuis bientôt deux ans. L’État est très attentif au CHPG et à ses équipes en investissant beaucoup pour la santé. Sur la question des agents hospitaliers, je sais que plusieurs pistes sont à l’étude pour tenir compte de la réalité de leur métier. Mon gouvernement vient de décider, dans la lignée de ce qui s’est fait dans le pays voisin et ami, le versement d’une prime mensuelle de 183 euros, rétroactive à janvier 2021. Cela signifie concrètement un bonus de près de 2 200 euros nets sur l’année. Cette prime est pérennisée. Et il faut souligner que le CHPG veille à ce que ses salariés bénéficient de conditions de rémunération et d’exercice plus favorables que dans les pays voisins.


Le nouvel hôpital, toujours en construction, jouera aussi ce rôle d’offrir un cadre de travail optimal ?
C’est certain. Le projet du nouveau CHPG existe depuis de très nombreuses années et a été remodifié dans le temps. On peut regretter la longueur de ce chantier, mais il sera livré dans quelques années et ce sera un centre hospitalier de pointe avec tous les équipements nécessaires pour pérenniser l’excellence en matière d’offre de santé.

"La prime des agents hospitaliers est pérennisée", a confirmé à Monaco-Matin le prince Albert II. Photo Jean-François Ottonello.

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