“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

Le long chemin vers la rééducation de patients atteints de formes sévères de la Covid-19 à Monaco

Mis à jour le 05/03/2021 à 20:31 Publié le 05/03/2021 à 20:28
Au moment de son hospitalisation, 70% des poumons de Luke Stevens étaient atteints.

Au moment de son hospitalisation, 70% des poumons de Luke Stevens étaient atteints. Photo Cyril Dodergny

Toute l'info locale + Des reportages exclusifs

Le long chemin vers la rééducation de patients atteints de formes sévères de la Covid-19 à Monaco

Selon les études, 12 à 15 % patients atteints par la Covid-19 gardent des séquelles à long terme. Au CHPG, un service leur réapprend à respirer, à marcher et à exécuter des gestes de la vie quotidienne.

"Je n’allais pas jusqu’à dire que la Covid-19 était un complot mais, pour moi, ce n’était pas une maladie à prendre au sérieux."


La confession de Luke Stevens a des airs de mea culpa. Hospitalisé cinq jours, début janvier, pour une forme sévère de la Covid-19, on retrouve deux mois plus tard ce Roquebrunois d’origine britannique en train de pédaler au beau milieu d’un plateau technique niché au premier étage du CHPG.

"Le virus, c’est comme se prendre un camion en pleine tête. Le scanner thoracique dévoilait que 70 % de mes poumons étaients atteints. En deux mois, j’ai bien récupéré. Il n’y a plus que 15 à 20 % d’atteinte. Je prends mon temps, j’écoute les docteurs", sourit l’homme de 57 ans, soulagé.

Des profils
de tout âge


C’est là, dans le service de médecine physique et réadaptation (MPR), que les patients dits "Covid long" soignent de lourdes séquelles générées par la maladie (*). Qu’ils réapprennent à respirer, marcher, s’asseoir, se tenir debout ou encore exécuter des gestes basiques de la vie quotidienne.

"Même si ces patients n’étaient plus porteurs du virus, que leurs examens complémentaires étaient normalisés, on observait encore chez eux un quatuor de syndromes [lire ci-contre]", confie le Dr Valérie Bernard, chef du service.


Ils sont au moins vingt-cinq à être passés entre les mains expertes de médecins de MPR, de kinés ou, si le besoin s’en faisait ressentir, d’orthophonistes, d’ergothérapeutes ou de psychomotriciens. Tous les patients ne sont pas forcément passés, en amont, par la case "hospitalisation" ou "réa". Et les profils varient. Il y a Ronald Velt, 70 ans, plongé dans le coma artificiel. Ou encore cette femme de 36 ans, active et sportive, que le virus n’a guère épargnée.

Retrouver
de l’autonomie
et une qualité de vie


"La précocité de notre intervention est primordiale.Plus on arrive tôt dans l’histoire médicale du patient, plus on met des chances fonctionnelles de son côté. De plus, la prise en charge doit être personnalisée et adaptée à la situation du patient, celle-ci étant éminemment fluctuante d’un jour à l’autre."


Sur le plateau technique, l’équipe médicale œuvre sur deux facettes : une partie cardiorespiratoire et l’autre neurolocomotrice. Pour augmenter la capacité respiratoire et retrouver un souffle d’antan, les patients bénéficient de kinésithérapie respiratoire. Avec ou sans machines.

"On a aussi des techniques de réentraînement à l’effort, pour regagner en endurance, avec le vélo, le tapis roulant, toujours sous surveillance des paramètres de tension, de saturation et d’oxygène. Parfois, le simple fait de remarcher ou une répétition de gestes simples sollicitant l’ensemble du corps est un travail d’endurance", souligne le Dr Valérie Bernard.

En ce qui concerne le renforcement musculaire, des haltères, élastiques et autres machines sont utilisés pour redonner un peu de masse au patient. "On fait aussi un travail en situation où l’on sollicite le muscle de façon répétitive par un geste de la vie quotidienne."
Objectifs affichés : renouer avec l’autonomie et une qualité de vie.

"Avec le recul, c’est-à-dire un an, on sait désormais qu’il y a 12 à 15 % de patients Covid qui vont garder des séquelles à long terme. Au moins 50 symptômes ont pu être décrits", souligne le Dr Valérie Bernard, chef du service de médecine physique et réadaptation au CHPG. Des conséquences fonctionnelles classées en quatre groupes.

1 - Cardiorespiratoire.

"De l’essoufflement, une limitation de la capacité d’effort, d’endurance, comme marcher ou monter les escaliers", liste-t-elle.

2 - Musculaire.

"On constate une fonte musculaire, des amyotrophies parfois très marquées ou diffuses.Sur des études préalables à la Covid-19, on sait qu’un patient en réanimation sédaté va perdre environ 10 % de puissance musculaire par jour. On constate aussi des myopathies ou des neuromyopathies acquises en cours de séjour en réanimation".

3 - Neurologique.

"Il peut y avoir une désorganisation neurologique du mouvement complexe. Cela touche de petits mouvements – se saisir d’objets – ou de grandes fonctions motrices : se tenir assis ou debout, se déplacer."

4 - Neurocognitives.

"Fatigue persistante, troubles anxiodépressifs, ‘‘confusion’’, manque d’énergie à l’initiation d’une tâche ou d’une activité motrice de la vie quotidienne. Cela peut aller jusqu’à la phobie de bouger ou de respirer."

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.