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"Le dépistage du cancer du sein m'a sauvé la vie"

En ce mois d’octobre rose, deux associations monégasques sensibilisent les femmes à la vitale nécessité de réaliser cet examen gratuit. L’une d’entre elles, victime du cancer, témoigne.

Thibaut Parat Publié le 07/10/2021 à 13:33, mis à jour le 07/10/2021 à 13:33
Pour soutenir la cause de la lutte contre le cancer du sein, il est conseillé de porter un ruban rose. Photo Jean-François Ottonello

Ruban rose épinglé sur un sweat noir, Marie-Caroline Regottaz lâche, face caméra, une phrase laconique mais percutante: "Moi, le dépistage, ça m’a sauvé la vie."

Derrière, accrochés au mur, quatre clichés évocateurs en noir et blanc. Elle y apparaît, poitrine découverte, une cicatrice apparente après une éprouvante ablation du sein.

Cette artiste plasticienne niçoise, 57 printemps au compteur, n’a guère hésité longtemps quand son amie Valérie Barilaro, présidente de l’association monégasque Écoute Cancer Réconfort, lui a proposé de figurer dans un clip de sensibilisation au dépistage du cancer du sein.
Un témoignage de résilience.

 
Marie-Caroline Regottaz a participé au clip de sensibilisation tourné par Écoute Cancer Réconfort. Photo Karine Tomaselli.

Terreau familial propice

"J’étais suivi très régulièrement depuis mes 38 ans car j’avais un terrain familial propice: ma mère et deux de mes tantes avaient eu un cancer du sein", témoigne celle qui est aussi membre du comité monégasque de l’association internationale des arts plastiques auprès de l’Unesco.

En 2016, en l’espace d’un an, une série d’examens révèle deux tumeurs. À la palpation, pourtant, Marie-Caroline Regottaz n’avait rien senti d’anormal.

"On dit souvent aux femmes de se palper et il faut le faire, surtout quand les tumeurs ont la forme de boules. Dans mon cas, c’était impossible à déceler au toucher. Il a fallu une mammographie, une échographie et IRM pour détecter les tumeurs. Sans ce dépistage régulier, cela se serait aggravé", estime-t-elle.

Elle subit alors une ablation du sein et amorce l’hormonothérapie. "C’est une forme de chimiothérapie, mais plus légère", résume-t-elle.

Un traitement, avec cachets, difficile à supporter au quotidien. "J’ai été très malade pendant un an. Il a fallu ce laps de temps pour que mon corps s’habitue réellement aux effets secondaires. Je suis toujours sous traitement mais j’arrive au bout. On finit par s’habituer et à gérer. Cela ne m’empêche pas de faire des choses, de travailler", explique-t-elle.

"Écouter son corps"

Chacune réagit différemment à la maladie. Certaines s’isolent. D’autres éprouvent le besoin de rejoindre une association, de faire du sport. Marie-Caroline Regottaz, elle, a usé de son talent artistique.

 

"J’ai réalisé une série sur les fées où chacune suggérait une attitude avec les mains: la stupéfaction, la patience, la protection, l’équilibre… Ce fut mon exutoire, ma façon de me relever de tout ça. Un an après, j’ai décidé de faire la reconstruction avec une opération de prothèses mammaires."

Son conseil aux femmes pour affronter au mieux la maladie? "C’est délicat, on est toutes différentes. Certaines en parleront directement à leurs familles, d’autres le cacheront. Je dirais qu’il faut qu’elles écoutent leur corps. Il ne faut pas penser qu’on est surhumaine. La fatigue ressentie est indescriptible. Il faut se reposer, attendre que ça passe, essayer d’avoir le sourire. Le mental est très important. C’est une grande partie du combat."

Dépistage tous les 2 ans pour les femmes de plus de 50 ans

Le chiffre est parlant: 91 % des cancers du sein sont guéris quand ils sont diagnostiqués à temps par les examens préventifs.

Pour sensibiliser les femmes au dépistage, le gouvernement princier envoie, chaque mois, 200 courriers aux femmes résidentes de plus de 50 ans. Soit 2.400 missives par an.

À la réception du courrier, il leur suffit de contacter le centre de sénologie du Centre hospitalier Princesse-Grace (+377.97.98.96.44), lequel s’est d’ailleurs doté de l’un des mammographes les plus performants au monde.

À noter que les frais induits par ces examens sont intégralement pris en charge par l’organisme social monégasque (CCSS, SPME).

En chiffres

Mammographies au CHPG à la suite de l’envoi du courrier
276 en 2018; 235 en 2019; 193 en 2020, année de la Covid; 206 en au 30 septembre 2021.

Le dépistage des femmes de + de 50 ans affiliées résidentes à Monaco
- 220 femmes en 2019.
- 164 femmes en 2020.
- 203 femmes au 30 septembre 2021.

Mammographies hors dépistage "octobre rose"
- 6.647 femmes assurées sociales à Monaco en 2019.
- 5.719 femmes assurées sociales à Monaco en 2020.
- 5.207 femmes assurées sociales à Monaco au 30 septembre 2021.

Offre numérique MM+

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