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Le couvre-feu aura-t-il un impact? Ces infectiologues doutent...

Mis à jour le 23/10/2020 à 10:32 Publié le 23/10/2020 à 07:51
Service des urgences dédié à la Covid-19 à l'hôpital de La Palmosa, à Menton, en mars. Illustration.

Service des urgences dédié à la Covid-19 à l'hôpital de La Palmosa, à Menton, en mars. Illustration. Photo Jean-François Ottonello

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Le couvre-feu aura-t-il un impact? Ces infectiologues doutent...

Sensibiliser au nécessaire renfort des mesures barrières, notamment au sein du cercle familial, et limiter l’accidentologie: ce sont les deux principaux intérêts du couvre-feu selon les infectiologues.

Si aucune voix ne s’élève pour contester la mise en place d’un couvre-feu dans le département, on entend s’exprimer une forme de lassitude parmi les professionnels de santé en première ligne dans la lutte contre la Covid-19. "Nous ne sommes pas là pour commenter les décisions politiques. On s’incline. Mais est-ce vraiment la solution? Un couvre-feu à 21h aura-t-il un impact réel?" interroge ainsi le Pr Michel Carles, chef du service d’infectiologie du CHU de Nice.

Selon le Dr Eric Denis, son homologue à l’hôpital d’Antibes, "il fallait mettre en place cette mesure".

Mais il avoue, lui aussi, douter de son efficacité, alors que son service est déjà à saturation et contraint de transférer des patients Covid à la polyclinique Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer. "N’est-ce pas déjà trop tard? Et puis, pourquoi ce choix de 21h, et pas 20h ou 22h…

Sensibiliser à la gravité de la situation

Selon le Pr Carles, la mesure adoptée aurait deux intérêts "indirects": "Elle permet de faire passer le message que la situation est grave, qu’il est impératif de renforcer les mesures barrières dont on sait qu’elles sont efficaces, lorsqu’elles sont bien appliquées. La sensibilisation des familles - les réunions privées sont une source importante de contamination - et le travail de pédagogie ne doivent pas faiblir. Par ailleurs, le couvre-feu, en limitant la vie nocturne, devrait logiquement réduire l’accidentologie, vecteur important de patients en réanimation."

Concernant l’impact de la mesure sur la circulation du virus, il est beaucoup plus circonspect, regrettant que les jeunes soient encore une fois dans le viseur et rappelant que "les principaux lieux de contamination restent les entreprises - d’où l’importance de favoriser autant que possible le travail à distance - les réunions familiales et les lieux de concentration comme les EHPAD."

La prévention pas la coercition

Si les infectiologues décrivent tous deux une situation très préoccupante - mais "pas incontrôlée" -, ils ne défendent pas pour autant des mesures plus strictes, à l’instar d’un confinement - évoqué par le Premier ministre en cas d’aggravation: "Si on met toute la population sous cloche, oui le virus ne circulera plus. Mais au prix de quelles conséquences dramatiques?, argue le Pr Carles. La médecine est par essence humaniste. Elle ne se préoccupe pas seulement des courbes d’évolution de l’épidémie présentée par les ARS, elle s’inquiète aussi des effets très néfastes des mesures coercitives sur la santé. La médecine contre la Covid doit être une médecine de prévention; elle ne doit pas passer par la coercition."

Sauf bien sûr, situation dramatique. Mais, le pire n’est pas toujours certain.


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