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Le conseil national approuve une proposition de loi en faveur des médecines douces

Mis à jour le 06/01/2020 à 11:24 Publié le 06/01/2020 à 11:23
Marine Grisoul, rapporteur de la proposition de loi sur les pratiques de soins non conventionnels.

Marine Grisoul, rapporteur de la proposition de loi sur les pratiques de soins non conventionnels. Photo Romain Fondacaro - Conseil national

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Le conseil national approuve une proposition de loi en faveur des médecines douces

Les élus du conseil national ont voté unanimement en faveur d’une proposition de loi sur l’exercice des pratiques de soins non conventionnels. Une avancée très attendue.

C’était une promesse de campagne de Stéphane Valeri !

« Les élus ont voulu mettre en place un cadre législatif et réglementaire permettant, tout en les encadrant et sous réserve d’autorisation, l’exercice des pratiques de soins non conventionnelles. (...) Même si la plupart de ces pratiques ne reposent pas sur une efficacité scientifique démontrée ou reconnue de manière certaine, force est de constater que certaines participent à préserver ou à améliorer le bien-être des personnes auxquelles elles sont dispensées. Je tiens à souligner l’unanimité des élus, toutes tendances confondues, sur la nécessité de promouvoir et de réglementer ces pratiques de soins et j’espère que le Gouvernement laissera se poursuivre le travail législatif, en transformant en projet de Loi cette proposition (...).»

Christophe Robino, conseiller national, président de la commission des Intérêts Sociaux et Affaires Diverses, par ailleurs néphrologue et chef de service au CHPG et vice-président du conseil de l’Ordre des médecins, a expliqué, en séance publique du Conseil national en décembre dernier, l’importance de reconnaître et d’encadrer les soins alternatifs et autres médecines douces.

« Une attente de la population »

Au-delà des clivages politiques, le texte, dont Marine Grisoul a été rapporteur, séduit tous les élus. Peut-être d’abord et avant tout pour une première raison : « La proposition de loi répond à une attente de la population de Monaco », explique d’emblée Marie-Noëlle Gibelli, élue de la Majorité mais également directeur des soins au CHPG.

C’est également le constat que fait Nathalie Amoratti-Blanc, élue Primo ! et par ailleurs à la tête de la maison de retraite A Qietudine : « Aujourd’hui, nous constatons un intérêt grandissant pour ces pratiques. De plus en plus de jeunes font de ces pratiques leur métier, de plus en plus de médecins complètent leur champ de compétences par des formations dans ces domaines, et de plus en plus d’usagers s’orientent vers ces thérapies complémentaires. »

Autre médecin dans l’hémicycle, Jacques Rit (de la minorité Horizon Monaco), souligne : « Le constat de la nature intemporelle du recours de l’être humain aux pratiques de soins non conventionnels, et l’indéniable position complémentaire de ces dernières dans la quête légitime d’une offre de soins globale et proportionnelle, justifiait que le législateur se penche sur ce domaine et propose un texte capable d’offrir un cadre à ces pratiques. (...) J’ai eu, tout au long de mon exercice professionnel dans le domaine de la santé, bien souvent l’occasion de regretter l’absence en Principauté d’un cadre légal susceptible d’accueillir les pratiques de soins non conventionnelles. Je suis donc particulièrement satisfait de pouvoir voter en faveur de l’adoption de cette proposition de loi. »

Et on se demande soudain pourquoi pareille loi n’a pas été rédigée plus tôt...

« Une reconnaissance, c’est essentiel ! »

Mireille Michéa (plus connue sous le petit nom de Mimi) a découvert son magnétisme il y a vingt-six ans et exerce sans relâche au CHPG depuis près de cinq ans - notamment au service de radiothérapie. Elle est comme un rayon de soleil qui trace les couloirs de l’hôpital pour aller au chevet des patients qui la sollicitent. Elle intervient bénévolement et est sollicitée par certains médecins. Sur sa carte, il est écrit : « Thérapie par les mains. »

Mimi, thérapeute par les mains.
Mimi, thérapeute par les mains. Photo J.D.

Cette proposition de loi, est-ce une avancée importante pour vous ?
Oui. Ça fait longtemps que j’en parle à plusieurs personnalités plus ou moins impliquées dans la vie publique du pays.

Comment a évolué la perception des patients et du corps médical ?
Il a fallu beaucoup s’impliquer. Ce n’est pas toujours facile. Il faut beaucoup de persévérance. Mon approche est tellement différente de la pratique médicale, qu’elle a pu étonner quelques-uns. Aujourd’hui, les patients sont de plus en plus en demande et me sollicitent toujours davantage. Je suis à l’hôpital le mercredi pour la radiothérapie et les autres jours, sur demande.

Si la proposition est transformée en projet de loi, qu’est-ce que cela apporterait concrètement ?
Une reconnaissance enfin ! Et croyez-moi, c’est essentiel.

Sortir du cadre « confidentiel »

Héritière de la Méthode de Georges Quertant qui vise à rééquilibrer le système nerveux central par une rééducation visuelle, Brigitte Boni de Monseignat a d’abord exercé à Paris où se pressait à son cabinet une clientèle qui avait souvent usé de toutes les possibilités de l’allopathie pour venir à bout de divers troubles tels que maux de tête, angoisse, anxiété, phobie, trouble de l’attention et de la concentration chez l’enfant...

Brigitte Boni de Monseignat.
Brigitte Boni de Monseignat. Photo J.-F.O.

En Principauté depuis vingt ans, la Monégasque espère que le projet de loi sera rapidement voté afin que la méthode puisse, d’une part, être développée et, d’autre part, susciter l’intérêt des chercheurs pour évaluer scientifiquement le bien-fondé des exercices proposés.

« Au-delà des termes de la loi, un texte légiférant sur les pratiques de soins non conventionnels a une portée “normative”. Sortir du cadre “confidentiel” est absolument indispensable pour parvenir non seulement à une légitime reconnaissance, mais aussi à encourager davantage les universitaires, les professionnels de santé ou les mécènes publics ou privés à étudier les effets d’une technique. Un programme est lancé cette année pour la méthode Quertant avec le CNRS de Sophia-Antipolis, mais je ne vous cache pas que la recherche de financement est un parcours du combattant. Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas été évaluée scientifiquement qu’une méthode n’est pas efficace. Je le constate tous les jours avec Quertant et aujourd’hui les élus l’admettent unanimement. Il faut passer du constat à la preuve. »

Marine Grisoul : « Une garantie de sérieux »

Pourquoi avoir décidé d’encadrer les médecines douces en Principauté ?
Marine Grisoul : Un encadrement de ces pratiques permettra non seulement aux praticiens d’être reconnus et de pouvoir exercer leur activité, mais surtout ce sera une garantie de sérieux et de fiabilité pour les usagers. C’est une mesure supplémentaire du programme de la majorité Primo ! qui voit le jour.

Pourtant certaines personnes exercent déjà depuis plusieurs années ces pratiques…
Oui, qu’il s’agisse par exemple de la méthode Quertant, de Shiatsu, ou encore de Reiki, certaines personnes exercent déjà ces activités. Mais comme ces pratiques ne sont pas reconnues, ils exercent sous l’appellation de « coach » ou de « personal trainer ». En bénéficiant d’une reconnaissance et d’un encadrement, les praticiens qui auront leur autorisation pourront par exemple communiquer sur leur activité ou l’indiquer sur leur carte de visite.

Comment seront délivrées ces autorisations ?
La difficulté réside dans le fait que ces pratiques ne font pas l’objet de diplômes d’État. D’ailleurs, dans la proposition de loi, nous n’avons pas voulu désigner précisément ces pratiques, pour justement permettre une appréciation au cas par cas. L’objectif principal est de s’assurer que le praticien présente toutes les garanties de sérieux et de moralité. C’est donc une commission, composée d’ordres représentatifs des professions médicales et de services du Gouvernement, qui émettra un avis en appréciant les diplômes, et s’assurant que la pratique en question n’empiète pas sur le domaine médical. C’est ensuite le Ministre d’État, après l’avis de cette commission, qui décidera ou non de délivrer l’autorisation d’exercice.


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