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Le Centre de suivi à domicile des patients Covid à Monaco reste actif

Mis à jour le 01/12/2020 à 19:57 Publié le 01/12/2020 à 19:54
Au centre de suivi, les équipes appellent deux fois par jour les personnes assignées à résidence par le virus… et coordonnent un soutien logistique pour les aider.

Au centre de suivi, les équipes appellent deux fois par jour les personnes assignées à résidence par le virus… et coordonnent un soutien logistique pour les aider. Photo Jean-François Ottonello

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Le Centre de suivi à domicile des patients Covid à Monaco reste actif

Après avoir connu un pic début novembre avec 127 patients à gérer à distance, les équipes continuent d’accompagner les personnes touchées par le virus et confinées chez elles.

Il a ouvert dans l’urgence, face à l’épidémie, le 23 mars dernier. Depuis quelques jours, au Centre de suivi des patients à domicile, les décors de Noël parsèment les bureaux des équipes. Le provisoire s’éternise.

En huit mois, le CSD, installé à l’Auditorium Rainier-III, aura tissé un fil avec 738 personnes atteintes par le virus et confinées à domicile le temps que s’efface la maladie.

Ce lundi, encore 19 personnes étaient inscrites dans les fichiers. Il y a trois semaines, il y en avait 127 au compteur. Un pic qui avait été anticipé avec la remise en action forte de ce pôle, début septembre. "La structure à l’auditorium avait été mise en sommeil physiquement en mai car nous n’avions plus beaucoup de cas. À distance, un médecin, avec un téléphone et un ordinateur, avait assuré une veille. Mais fin août, les cas ont augmenté à nouveau. Nous avons doublé cette veille, en faisant appel à des médecins retraités. Puis, en septembre, décision a été prise de réactiver la structure en recrutant du personnel dédié", explique Ludmilla Raconnat Le Goff, secrétaire général du département des Affaires sociales et de la Santé.

En effet, au démarrage de la crise sanitaire au Principauté, la cessation de nombreuses activités avait permis de trouver du personnel volontaire pour développer ce centre. "Un certain de nombre de personnes avaient indiqué être disponibles pour travailler avec nous : des médecins libéraux, du personnel de l’hôpital, des gens de l’administration, continue Ludmilla Raconnat Le Goff. Pour cette réouverture, ces gens n’étaient plus disponibles, nous avons commencé par recruter une infirmière, puis le personnel du centre médico-sportif tout entier, à savoir deux médecins, deux infirmières et deux secrétaires, l’établissement ayant été mis en veille."

Plateau unique

Désormais, sur un même plateau, sont réunis le centre de suivi, les équipes chargées des enquêtes épidémiologiques et le centre d’appels où six personnes ont été recrutées pour faire vivre, 7 jours sur 7, ce call center.

L’équipe est la porte d’entrée pour obtenir un dépistage à l’Espace Léo-Ferré. Mais aussi pour répondre aux questions diverses de la population.

Un cahier de procédures a été remis à chaque opérateur pour savoir quoi répondre. Et, proximité oblige dans les locaux de l’Auditorium Rainier-III, les médecins du centre de suivi ne sont jamais loin.

Même si leur principale activité est d’abord de converser avec les personnes positives et confinées. Pour ce suivi, la philosophie est restée la même: décharger la médecine de ville en suivant à distance des personnes testées positives et consignées chez elles.

Le lien se fait par le téléphone, à raison de deux appels journaliers pour savoir comment se sentent les personnes touchées.

En parallèle, les équipes de la Croix-Rouge assurent le suivi logistique: les courses, les ordonnances, les médicaments…

Au cours de la deuxième vague, des équipes en binôme, avec un bénévole et un médecin superviseur, se sont formées pour se rendre au domicile des patients les plus fragiles.

Une visite pour voir le malade, prendre ses constantes et proposer aussi un examen médical pour des personnes qui, parfois, n’avaient pas consulté depuis. "Ce dispositif complémentaire a pu juguler des situations préoccupantes en permettant une évaluation médicale, détaille le docteur Richard Manas. Parfois, à J + 7 ou J + 8, la situation pouvait s’aggraver chez des gens qui n’avaient pas encore vu de médecin. Ça a conduit à quelques hospitalisations."

Si, ces derniers jours, les contaminations ont baissé, la structure elle, reste en place. "Elle a assuré, elle a fait du bien en proposant un lien aux patients, souligne Didier Gamerdinger, conseiller-ministre des Affaires sociales et la de Santé. C’était mon souhait dès le départ, après avoir entendu les témoignages en Italie de personnes décédées chez elles de la Covid sans avoir eu d’aide extérieure. Aujourd’hui, le centre restera actif tant qu’il y aura des patients, et peut être réarmé très facilement. C’est le besoin qui commande."

Pour un patient Covid, c'est "un bon soutien"

Au bout du fil, la voix est encore essoufflée. Eric se remet doucement du virus contracté au début du mois de novembre.

Un premier passage chez le médecin lui diagnostique une rhino-pharyngite. Deux jours plus tard, encore fiévreux, il appelle le centre de suivi pour se faire dépister.

Résultat positif : "Ça bouscule une vie. J’ai prévenu d’emblée ma femme et mes deux filles. On vit tous ensemble, mais seule une de mes filles a été décelée positive mais asymptomatique."

Eric, lui, traverse une forme plus sévère de la maladie. Fatigue, courbatures… En écoutant sa voix faible au téléphone et ses difficultés à respirer, le centre de suivi lui envoie une équipe à domicile.

"Ce sont des bénévoles de la Croix-Rouge qui sont venus, étant moi-même secouriste depuis trente-trois ans, ils me connaissent ont vu que je n’étais pas en grande forme. Ils ont alors donné consigne pour qu’un médecin vienne me visiter. Ce dernier a alors changé toutes mes prescriptions, m’expliquant d’arrêter de prendre les médicaments qui m’avaient été donnés pour la rhino. Heureusement qu’ils sont venus me voir. J’ai senti au bout de deux jours le changement, et j’ai pu me rendre au CHPG pour passer un scanner qui a confirmé une inflammation thoracique."

Depuis, Eric échange quotidiennement avec le centre. "Je n’étais pas effrayé par la maladie, mais je dois avouer que ces appels quotidiens sont un bon soutien psychologique", explique-t-il.

Guéri, il s’apprête désormais à reprendre le travail, malgré toujours un reste de fatigue. "Je vais bien dans ma tête, même si ma voix n’est pas encore complètement revenue, mais j’ai envie de me remettre sur les rails."

Offre numérique MM+

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