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La médecine psychiatrique à l'heure du numérique

Mis à jour le 06/03/2018 à 05:12 Publié le 06/03/2018 à 05:11
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La médecine psychiatrique à l'heure du numérique

Depuis près d'un mois, le centre psychothérapique Saint-Michel, à Menton, met en place un dispositif de télémédecine pour venir en aide au personnel des Ehpad du haut pays mentonnais

Quand on parle de technologie au service de la médecine, la psychologie est souvent mise à part parce qu'elle a trait à l'humain, à l'intime. Mais on a aussi besoin de ça pour progresser. » Depuis un mois, le centre psychothérapique Saint-Michel, à Menton, met ainsi en place un dispositif de télémédecine pour les Ehpad du haut pays mentonnais.

Destiné non pas aux patients, mais bien aux équipes médicales en place. Sous forme de téléexpertise. « Quand les personnels font face à un cas compliqué, ils nous envoient un mail de synthèse. On en discute ensemble, ensuite, via un échange vidéo. Nous sommes là pour leur apporter un appui. Souvent ils ont simplement besoin d'une confirmation. Ils ont déjà de bonnes compétences, mais ils sont très seuls », souligne le médecin Virginie Buisse. Et si à Menton, la télémédecine en est à ses balbutiements, cette technique est déjà utilisée depuis trois ans à Nice. Toujours en collaboration avec l'hôpital psychiatrique Sainte-Marie - dont dépend le centre Saint-Michel.

Sortir d'une impasse

L'intérêt d'une telle démarche est aussi de « fluidifier les réseaux », reprend la psychiatre. « J'ai travaillé aux urgences. Je sais que quand les personnels ne savent pas quoi faire face à un cas, ils l'envoient là-bas. On est donc là pour temporiser, les rassurer. »

« Les questions exposées lors des séances de téléexpertise - organisées une fois par mois pour chaque Ehpad, par session d'une heure - relèvent souvent de demandes purement médicales », complète Michaël Piva, psychologue au centre Saint-Michel. « Ils se demandent s'ils font bien ou non concernant des traitements ou des prises en charge de patients. Parfois, le fait d'échanger leur permet de sortir d'une impasse. »

Un bon moyen, en somme, pour pallier le manque de médecins psychiatriques dans les vallées. En apportant un soutien réel à des équipes en sous-effectif.

D'autant que si le personnel des Ehpad n'a pas de question à poser sur un cas particulier, « on peut assurer l'écoute », signale Michaël Piva. Rejoint par Virginie Buisse : « Ils peuvent aussi nous parler de problèmes avec les institutions ou leur hiérarchie. »

Et si les premiers retours (niçois) sur le dispositif sont positifs en matière de contenu, des limites restent à prendre en compte. « On s'est renseignés su la manière dont la vidéo apporte un plus. Elle se situe entre le présentiel et le téléphone. La limite, c'est qu'il faut qu'elle reste complémentaire. Que la télémédecine ne se substitue pas à la présence physique d'un médecin… » reconnaît Michaël Piva.

Autre souci : le côté « intrusif » que peut représenter la télémédecine dans des emplois du temps déjà très chargés. « C'est tout le problème d'instaurer des nouvelles technologies dans des dispositifs qui n'en ont pas », admet Virginie Buisse. Ajoutant que pour les personnels, il s'agit de trouver le temps pour organiser ces téléexpertises. « Même si l'idée n'est pas d'en perdre… mais d'en gagner ! » De même que l'objectif affiché n'est pas de réduire les effectifs. « Ce serait bien si cela permettait au contraire d'embaucher un psychologue », souffle la psychiatre. Qui souhaiterait développer la téléformation. « L'état des lieux, c'est que déplacer des formateurs coûte trop cher, alors on ne se forme pas. » Pourtant, des acquis tels que le repérage de crises suicidaires constituerait une force évidente.


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