La Maison des ados au chevet de la santé mentale des jeunes à Toulon

À Toulon, la Maison des adolescents apporte des réponses non médicamenteuses et pluridisciplinaires aux problématiques de santé psychique des jeunes de 11 à 25 ans.

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Caroline Martinat Publié le 09/12/2022 à 17:30, mis à jour le 09/12/2022 à 16:18
Sibylle Lambert (devant) en compagnie d’un psychologue et de la chargée d’accueil de la maison des adolescents du Var. (Photo C.R.)

Depuis le confinement (et ses dégâts), la demande de prise en charge psychologique a explosé, notamment chez les jeunes qui ont tout particulièrement souffert durant cette période. Outre les Centres médicaux psychologiques (CMP) débordés et le dispositif MonPsy de remboursement (limité) des consultations chez les psychologues libéraux, il existe une alternative encore méconnue: les Maisons des adolescents (MDA). Créées dès 1979, elles ont été plébiscitées lors des assises de la santé mentale et de la psychiatrie, en 2021. L’objectif est d’en ouvrir au moins une dans chaque département d’ici la fin de cette année 2022.

À Toulon, la maison des ados (1) ouvre ses portes à une très large tranche d’âge, les 11/25 ans; les adolescents (11/18 ans) représentant tout de même 75% de son public.

Premier entretien

Sibylle Lambert, sa directrice adjointe, détaille les modalités de la prise en charge. "Nous sommes sollicités soit par les jeunes directement, soit par la famille, un personnel de l’éducation nationale ou un éducateur, précise-t-elle en préambule. Le premier entretien permet de faire connaissance et d’écouter la demande, pour ensuite proposer un parcours personnalisé. Quelle que soit cette demande, on l’accueille. Essentiellement, il s’agit de santé mentale, mais il arrive que des problématiques autres surgissent. Si cela ne relève pas de notre compétence, nous orientons le jeune ou celui qui l’accompagne vers nos partenaires: associations, hôpitaux et cliniques, structures diverses publiques ou privées."

La souffrance psychique est le premier motif de recours à la MDA, en lien avec la vie familiale, scolaire, sociale ou affective et sexuelle. "La plupart du temps, constate Sibylle Lambert, les motivations sont multiples."

Le premier entretien n’est pas assuré par un psychologue ou un psychiatre: la MDA est plutôt bien dotée, mais, indique Sibylle Lambert, "la demande est telle qu’elle doit être filtrée. Nous n’accordons pas d’entretiens directs. Si la situation est compliquée, elle est évoquée en réunion de concertation pluridisciplinaire sous supervision médicale, un filtre nécessaire pour que les indications soient justifiées, ce qui nous permet de proposer des rendez-vous dans des délais raisonnables à ceux qui en ont vraiment besoin."

Un parcours individualisé

Le premier entretien est donc assuré par l’infirmière, un assistant social ou un éducateur spécialisée et permet de déterminer un parcours individualisé: certains jeunes sont directement pris en charge par un psychologue ou un psychiatre, d’autres le sont par une diététicienne, un assistant social, un éducateur sportif, une sophrologue… "En cas de problème d’addiction, nous avons un partenariat avec le CSAPA Addiction France (Toulon centre) dont les psychologues assurent des consultations jeunes consommateurs dans nos locaux un vendredi après-midi sur deux."

Les accompagnements proposés sont divers, et souvent mixtes: sport et sophrologie, diététique et sophrologie, sport et addiction… "Nous les faisons évoluer au fur et à mesure, selon les besoins du jeune."

Ateliers et groupes de parole

Parallèlement à ces parcours individualisés, la MDA met en place diverses médiations, avec un groupe de parole dédié aux 11/16 ans, un autre aux 17/25 ans et "des ateliers à visée thérapeutiques qui permettent aux jeunes de partager leurs problématiques et d’entrer plus facilement dans le soin": jeux (de stratégie ou de rôle par exemple), do-in (respiration, relaxation, automassage, etc.), radio, graff… "Ils sont toujours animés par un binôme de professionnels, l’intervenant extérieur étant accompagné de l’infirmière ou d’un psychologue de l’équipe."

La durée de prise en charge de ces jeunes correspond en moyenne à une année, voire à une année scolaire. " La problématique est souvent liée à une période de vie. Quand elle a été appréhendée, le jeune passe à autre chose. Contrairement aux jeunes qui sont suivis en CMP pour des pathologies avérées, et parfois avec un traitement médicamenteux, les jeunes pris en charge à la MDA font état d’une souffrance psychique transitoire. Si besoin, on oriente vers le CMP. Mais on ne prescrit pas de médicaments. On soigne autrement."


1. Elle a ouvert ses portes en 2017, elle est présidée par le Pr Marcel Rufo et dirigée par le Pr Nadège Bourvis. Sous statut associatif, elle adhère à la charte commune des MDA, qui prévoit « un accueil inconditionnel basé sur la libre adhésion ».

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