“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

La liste noire des médicaments "plus dangereux qu'utiles" a été dévoilée... Faut-il vraiment s'en alarmer?

Mis à jour le 08/02/2019 à 19:57 Publié le 08/02/2019 à 19:57
Image d'illustration de médicaments.

Image d'illustration de médicaments. Photo Franz Chavaroche

La liste noire des médicaments "plus dangereux qu'utiles" a été dévoilée... Faut-il vraiment s'en alarmer?

Le 1er février dernier, pour la septième année consécutive, la revue "Prescrire" publiait son bilan, “des médicaments à écarter pour mieux soigner”. Ils sont au nombre de 93, dont 82 sont commercialisés en France. Quels sont les risques? Faut-il s’alarmer ? Éléments de réponses avec Pierre Chirac, directeur de la publication de la revue et un pharmacien niçois.

“Il y a des médicaments formidables, mais le problème, c’est qu’il y en a qui le sont beaucoup moins. Certains font double ou triple emploi et d’autres sont malheureusement plus nuisibles qu’utiles”, précise Pierre Chirac, directeur de la publication de la revue “Prescrire”. 

Il y a sept ans, ce média né en 1981 et qui est éloigné de tout lobbying, puisqu’il ne “fonctionne que grâce à ses abonnés”, publiait sa toute première liste noire des médicaments à éviter. Et depuis, chaque année à peu près à la même période, un nouvel inventaire scrupuleusement réalisé et réactualisé sort sur la toile.

Les nouveaux venus sur la liste 2019

"Nous faisons cette liste pour aider nos abonnés, qui sont souvent des médecins ou des pharmaciens à faire le tri. Mais aussi les patients. Bien sûr, nous ne faisons pas les tests nous-même, mais pour construire cette liste, nous cherchons les documents scientifiques et nous interrogeons les firmes et les agences liées à la santé et à l'industrie pharmaceutique", indique le directeur de la publication. C'est un travail de longue haleine donc, "pour une information la plus fiable possible."

Et il semblerait bien que les journalistes de la rédaction parisienne aient visé juste, puisque "trois médicaments ont été retirés de ce bilan par rapport à 2018: l'un parce que retiré du marché (télithromycine, Ketek°), un autre parce que de nouvelles données sont en cours d'analyse par Prescrire (sélexipag, Uptravi°), et un troisième parce que de nouvelles données ont montré que sa balance bénéfices-risques n'est pas nettement défavorable (olaparib, Lynparza°)", peut-on lire sur le site de la revue.

Si certains médicaments quittent la liste parce qu'ils ont été retirés du marché ou parce qu'ils ont fait l'objet de nouvelles études, d'autres la rejoignent. 

Ils sont au nombre de six, et parmi eux, on retrouve le Décontractyl, un médicament qui se présente sous forme de comprimé ou de baume, utilisé contre les douleurs et contractures musculaires. Il peut provoquer de la somnolence, ainsi que des troubles de la digestion, voire même de la dépendance.

Certains sirops contre la toux, tels que le Toplexil ou générique comme Humex toux sèche oxomémazine sont aussi pointés du doigt. "Le risque est complètement disproportionné. Vous voulez vous soigner contre une toux et ces médicaments peuvent provoquer des problèmes cardiaques, urinaires et même oculaires. Bien sûr, il ne faut pas généraliser, relativise Pierre Chirac, toutes les personnes n'ont pas ces symptômes après la prise de ces médicaments, mais pour ceux qui s'y retrouvent confrontés, c'est un réel problème". 

Et puis, il y aussi les vasoconstricteurs décongestionnant par voies orale ou nasale. La prise de certains peut exposer le patient à des risques de troubles cardiovasculaires graves voire mortels (poussées d’hypertension, troubles du rythme cardiaque, AVC). 

Et la liste est longue. Elle concerne des médicaments utilisés contre le cancer, le  diabète, l'arthrose, les maladies de la peau, les allergies ou encore l'arrêt du tabac. Consultez la liste complète ici. 

"Les choses se font lentement et par étape"

Si un médicament est dangereux et qu'il peut entraîner la mort, alors pourquoi est-il toujours sur le marché?

Pour Pierre Chirac, "les firmes ont évidemment intérêt à garder leurs médicaments sur le marché parce que c'est une source de revenus. C'est pour cela que ça prend du temps. Et il faut dire aussi que dans le monde de la santé et celui des médicaments, il existe un déséquilibre des forces. Parfois, il y a des médicaments qui quittent le marché et d'autres qui deviennent non-remboursables, les choses se font lentement et par étape."

Un pharmacien niçois, explique que "tous ces médicaments ne sont pas à bannir. Ce n'est pas une liste noire à proprement parler. La plupart sont placés sous surveillance. On appelle cela la phase IV. Après avoir obtenu le droit d'être sur le marché, un médicament est sous surveillance pendant de nombreuses années. Nous-même, en tant que pharmaciens, nous nous devons de connaître les risques de chacun. A la base, les médicaments, c'est quelque chose de problématique." 

Il faut donc relativiser. Pierre Chirac le confirme, "cent médicaments plus dangereux qu’utiles, c'est beaucoup, mais il y a des milliers de médicaments sur le marché qui rendent service." 

Heureusement. 


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct