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La baignade toujours interdite à Menton et Roquebrune après un déversement d'eaux usées

Pour l'Agence régionale de santé (ARS), les analyses réalisées vendredi ne permettent pas d'autoriser la baignade à Menton et Roquebrune. Une association locale envisage de porter plainte contre Veolia.

Stéphanie wiélé et alice rousselot Publié le 26/08/2017 à 08:35, mis à jour le 26/08/2017 à 08:38
Hier, les plages, normalement remplies en plein cœur de l'été, étaient presque vides. Jeudi, un arrêté a été pris par Menton et Roquebrune à la suite d'un déversement d'eaux usées de la station d'épuration mentonnaise du Bastion. Michael Alesi

Les touristes flânent encore dans la cité mentonnaise et la journée d'août s'annonce radieuse. Oui, mais… Sur la plage des Sablettes, les transats acidulés - aux couleurs de l'été - restent étonnamment vides.

Sur les galets, tout est dépeuplé. Comme la veille. Depuis jeudi, un arrêté a été pris par la ville de Menton afin d'interdire la baignade sur toute la commune, de la plage d'Hawaï à celle du Borrigo. Une mesure étendue à Roquebrune-Cap-Martin, mais pour les seules plages de Carnolès. Quant aux activités nautiques, elles sont également proscrites.

À tel point que de nombreux bateaux qui mouillent traditionnellement entre Menton et Roquebrune se sont déplacés côté italien. Pour pouvoir profiter pleinement des joies de la mer.

L'interdiction de baignade a été prise à la suite d'un incident survenu, dans la nuit de mercredi à jeudi, à la station d'épuration de Menton. Il aurait occasionné un déversement d'eaux usées en mer, nécessitant une action des autorités pour assurer la sécurité publique.

 

>> RELIRE. La baignade interdite à Menton après un déversement d'eaux usées

Résultats définitifs ce samedi

Vendredi, la mairie était en attente de résultats partiels pour détecter la présence de bactéries, et espérait pouvoir rouvrir rapidement les plages. Cependant, en milieu de journée, le drapeau rouge flottait toujours…

"Les prélèvements sont bons mais incomplets. C'est pourquoi il convient d'attendre les résultats définitifs avant de prendre une décision", annonce l'Agence régionale de santé (ARS). Les analyses complètes seront connues aujourd'hui. Selon le verdict, la baignade devrait donc être autorisée - ou non - dans la foulée.

Alors que la mairie parle d'une situation "inédite", l'Association des usagers du port de Menton Garavan (AUPPMG) envisage de porter plainte contre Veolia, dès lundi, pour dénoncer des dérives environnementales. La défense du littoral mentonnais faisant partie des missions de la structure. "On demandera le maximum pour que Veolia sente bien qu'on en a marre. Il n'est pas normal que de telles infrastructures ne fonctionnent pas normalement alors que l'on paye très cher l'assainissement et que l'on sait que l'été, la population double", argue-t-on à la direction de l'association. Un avis partagé par un habitant, habitué de la baignade: "Est-ce normal qu'un tel incident arrive sur une station balnéaire? Moi, personnellement, je trouve cela inadmissible."

 

Du côté de la mairie de Menton, on rappelle que "le risque zéro n'existe pas. De plus, l'incident est dû à des éléments extérieurs à la station d'épuration."

Alors que les rumeurs évoquent une erreur de manipulation, la communication de Veolia Eau Méditerranée dément. "Ce n'est pas du tout ce qu'il se dit en interne. L'alarme du déversoir d'orage a été déclenchée dans la nuit. Nous sommes intervenus au plus vite et avons vu qu'un bouchon était à l'origine du problème." Un "accident" désormais résolu, selon l'entreprise. Veolia attendra par ailleurs que l'action en justice soit officiellement intentée pour réagir.

De son côté, l'association Aspona n'envisage pas de porter plainte mais précise qu'elle avait déjà averti l'ARS sur la qualité de l'eau, il y a dix jours. "Il y avait beaucoup d'algues et la mer avait une couleur inquiétante. Suffisamment pour que nous donnions l'alerte." L'ARS confirme être régulièrement sollicitée par les associations environnementales et tempère cependant: "L'eau en Paca reste de très bonne qualité."

Professionnels du tourisme: une fin de saison ternie par l'incident

L'interdiction de baignade à Menton et à Roquebrune-Cap-Martin arrive alors que la saison estivale est loin d'être achevée… Vendredi, les plages privées de Menton étaient vides. "Nous avons 70 transats et seulement 10 sont occupés. Habituellement, nous sommes complets. Côté restauration, nous n'avons fait que 10 couverts au lieu de 55… C'est une vraie catastrophe pour nous", témoigne un responsable d'établissement.

 

Même son de cloche à quelques parasols de là. "Nous avons eu 40% d'annulation sur la journée. Nous espérons que l'interdiction sera vite levée car le manque à gagner est énorme en plein été", ajoute une employée. Et un autre commerçant de plage privée d'ajouter, perplexe: "Moi, j'ai peur que cette interdiction entache durement l'image des eaux de baignade à Menton et qu'une partie de la saison soit gâchée."

L'inquiétude se fait aussi sentir du côté des vendeurs de matériel de plage. "On a l'impression d'être au mois d'octobre…", souffle Véronique, implantée sur le bord de mer de Carnolès à Roquebrune. Depuis que les arrêtés municipaux ont été pris, la commerçante assure ainsi n'avoir vendu "ni une bouée, ni un matelas, ni même un ballon ou une frite". Rien qui soit lié à l'univers de la plage, en fait. Même si tous les clients rentrés dans le magasin n'avaient que ce mot à la bouche. Et une même question fondamentale en tête: où aller se baigner? "C'est vrai que la saison tire sur la fin et que les ventes étaient déjà en baisse depuis lundi, mais on vit de ça. Tout l'hiver, on travaille à perte; on fait notre chiffre d'affaires de l'année grâce à l'été", souligne Véronique. Précisant avoir perdu (au moins) 600 euros par jour depuis que la mer est interdite aux touristes. Persuadée que les clients partis ne reviendront pas. Au centre nautique de Menton, des annulations en cascade ont été constatées.

Seuls les hôteliers semblent ne pas - encore - connaître la crise. "L'interdiction de baignade a eu très peu d'impact sur nos établissements. Il faut dire que nous sommes dans un week-end particulier de chassé-croisé", commente Mathieu Messina, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie du Mentonnais. Conscient, malgré tout, que si l'épisode venait à durer, les conséquences deviendraient également problématiques pour sa branche de métier.

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