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L'hôpital peine à garder ses médecins

Mis à jour le 27/09/2016 à 05:11 Publié le 27/09/2016 à 05:11
Le Pr Thierry Piche du CHU de Nice (en photo ci-dessus) partage les revendications des grévistes. Il craint la fuite des jeunes médecins privilégiant le privé  (et ses salaires plus attractifs) au détriment de l'hôpital.

Le Pr Thierry Piche du CHU de Nice (en photo ci-dessus) partage les revendications des grévistes. Il craint la fuite des jeunes médecins privilégiant le privé (et ses salaires plus attractifs) au détriment de l'hôpital. Franz Chavaroche

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L'hôpital peine à garder ses médecins

Les praticiens hospitaliers étaient appelés hier à faire grève. Si le mouvement n'a été que peu suivi dans les Alpes-Maritimes, les professionnels de santé en partagent les revendications

C'est un mouvement social qui est passé inaperçu. Hier, les médecins hospitaliers français étaient appelés à faire grève par deux intersyndicales : Avenir Hospitalier et la confédération des praticiens des hôpitaux. Dans les Alpes-Maritimes, ils n'étaient qu'une poignée à avoir suivi la consigne. Et avec le jeu des remplacements, les patients ne se sont aperçus de rien.

Si les blouses blanches étaient majoritairement présentes à leur poste hier, elles partagent pourtant les revendications, ainsi que l'explique le Pr Thierry Piche, président de la CME (Commission médicale d'établissement) du CHU de Nice : « Ce mouvement fait suite à l'annonce de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, l'année dernière, d'un plan de 250 millions d'euros destiné à soutenir l'attractivité des praticiens hospitaliers. Il était attendu depuis des années, encore faut-il que les choses changent réellement. »

La même indemnité depuis 16 ans

Parmi les problèmes soulevés par les médecins : la non-revalorisation de l'indemnité d'engagement de service public exclusif (une somme forfaitaire qui leur est payée en contrepartie de l'interdiction d'exercer en parallèle en libéral). « Elle n'a pas été réévaluée depuis 16 ans, souligne le Pr Piche. Il faut également garantir de meilleurs salaires en début et fin de carrière afin d'attirer les jeunes médecins qui, en raison de la longueur des études, commencent à travailler tard. Et à la trentaine, c'est aussi l'âge auquel ils commencent à avoir des enfants. Si on ne veut pas tous les voir partir dans le privé pour des raisons financières, il faut leur proposer des salaires à la hauteur. »

60 heures par semaine

Le temps de travail fait aussi partie des sujets de crispation. Officiellement, un praticien hospitalier travaille 48 heures par semaine. Or la plupart d'entre eux sont plutôt sur un rythme hebdomadaire d'une soixantaine d'heures. « On peut manifestement remettre en cause les 35 heures à l'hôpital. On a pris du retard dans l'organisation des gardes et des astreintes, regrette le professionnel niçois. Mais en plus, on demande à l'hôpital 845 millions d'euros d'économies pour l'an prochain avec une meilleure maîtrise des dépenses et une modernisation. On a dix ans de retard ! »

La conséquence de tous ces problèmes est visible : on estime qu'il y a, en France, 30 % de postes de praticiens hospitaliers vacants. Pour faire face, les établissements s'arrangent avec des intérims. Mais la situation ne peut perdurer.

À quelques mois du lancement officiel de la campagne électorale, les praticiens hospitaliers attendent beaucoup des candidats : des promesses suivies d'effet pour ne pas voir l'hôpital perdre ses forces vives.


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