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L’épidémie d’obésité, cause de l’explosion du diabète

Mis à jour le 17/11/2019 à 21:33 Publié le 17/11/2019 à 21:33
La réduction du tour de taille permet de mieux contrôler le diabète.

La réduction du tour de taille permet de mieux contrôler le diabète. Photo Unsplash

L’épidémie d’obésité, cause de l’explosion du diabète

La Journée mondiale du diabète, le 14 novembre, était l’occasion pour les professionnels d’informer le public. Ils s’inquiètent notamment de l’impact de l’obésité sur cette pathologie.

Le diabétique de type 2, si l’on voulait établir un profil type, serait une personne âgée d’une cinquantaine d’années, avec des antécédents familiaux de diabète et présentant un important tour de taille.

Car la maladie, qui se caractérise par un excès de sucre dans le sang, est intimement liée à l’hygiène de vie. Or, celle-ci a tendance à se détériorer dans nos sociétés occidentales. On mange mal, on bouge peu, on grossit… et on tombe malade.

Le diabète doit impérativement être pris en charge, car il évolue défavorablement. Le sucre, en lésant les nerfs et les vaisseaux, entre autres, va engendrer un lot de comorbidités, du risque de cécité à l’amputation d’un membre inférieur.

Pourtant malgré les risques encourus, difficile de déclencher une prise de conscience au sein de la population. "Même s’il s’agit d’une maladie chronique, on a des moyens d’agir efficacement", martèle le Dr Véronique Di Costanzo, chef du service d’endocrinologie et maladies métaboliques du Centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne.

Entre 600.000 et 800.000 cas non diagnostiqués

Et d’abord, cela commence par le dépistage. Régulièrement, des campagnes d’information sont organisées, notamment au mois de novembre (la Journée mondiale du diabète est le 14 novembre).

Si on est plutôt rond et que des membres de sa famille sont concernés, mieux vaut vérifier. "On estime qu’il y a 600.000 à 800.000 diabétiques non diagnostiqués en France, souligne la spécialiste. Le diabète de type 2 est une maladie insidieuse. Elle se développe à bas bruit, parfois pendant des années avant qu’on ne la remarque."

L’endocrinologue explique à ses patients que c’est un peu comme s’ils avaient une réserve limitée d’insuline dans le pancréas. À force de puiser dedans, elle se vide. Il faut donc agir avant qu’elle ne s’épuise totalement et qu’il faille supplémenter. Une bonne manière de comprendre que l’inaction risque de précipiter la maladie.

La prise en charge démarre systématiquement avec un bilan. Le rôle du médecin est d’expliquer et de faire prendre conscience des changements à apporter.

"Il y a 5 traitements pour agir sur le diabète en dehors de l’insuline. Les deux premiers sont l’alimentation et l’activité physique, avant les trois classes de médicaments actuellement disponibles", souligne le Dr Di Costanzo.

"La réduction de la masse abdominale va avoir un impact positif sur la maladie. On ne demande pas aux patients de perdre 50kg; non, une simple diminution du tour de taille va sensiblement améliorer les choses. C’est pourquoi l’éducation thérapeutique est primordiale: l’objectif est de montrer aux patients qu’adopter une alimentation plus saine, associée à de l’exercice physique adapté, va stabiliser le diabète. On ne parle pas de régime restrictif ou d’efforts intenses à fournir, mais simplement de délaisser les mauvaises habitudes et d’en prendre de meilleures."

De plus en plus de jeunes

L’épidémie d’obésité engendre la hausse du nombre de diabétiques. Prendre en charge la première va forcément agir sur la seconde.

Ce problème de santé publique est complexe. Dans un contexte de société de consommation, difficile pour les messages de prévention du type "Mangez, bougez" de faire face à la publicité. À cela s’ajoute la sédentarisation, l’utilisation massive d’écrans… Désormais, les pèse-personne s’affolent même chez les plus jeunes.

La diabétologue le constate régulièrement: "On diagnostique désormais des diabètes de type 2 chez des individus jeunes ou encore chez des femmes enceintes. Or si l’obésité était prise en charge, on ne serait pas confronté à ces situations".

L’hygiène de vie est donc primordiale, d’autant qu’il n’y a pas eu de révolution récemment sur le front des thérapeutiques. Il existe des médicaments destinés à contrôler le diabète (notamment sous forme d’injections hebdomadaires d’hormones concentrées). Et lorsque cela ne suffit pas, il faut injecter de l’insuline.

De ce côté, des progrès ont été réalisés: "Les pompes à insuline et les capteurs qui permettent de mesurer la glycémie en continu se miniaturisent, décrit le Dr Di Costanzo. D’ici deux ans, on devrait disposer de capteurs connectés à la pompe qui la réguleront automatiquement si besoin. Attention toutefois, cela ne concerne qu’une partie des diabétiques. Le message qu’il faut faire passer, c’est vraiment d’insister sur la prévention!"

On ne le dit jamais trop: bien manger et bouger sont les piliers d’une bonne santé.

95% de type 2

La très grande majorité des diabétiques souffre du type 2 (environ 95%). C’est lui qui est lié à l’obésité. Le diabète de type 1, lui, se retrouve essentiellement chez des jeunes, sans lien avec un surpoids.


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