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Julie a quitté Rio en urgence: "Mes parents préfèrent me savoir à Monaco"

Mis à jour le 30/03/2020 à 20:53 Publié le 30/03/2020 à 20:52
Julie, hier sur son balcon: "Je suis triste de partir dans ces conditions, sans dire au revoir aux gens que je fréquente depuis un an et demi."

Julie, hier sur son balcon: "Je suis triste de partir dans ces conditions, sans dire au revoir aux gens que je fréquente depuis un an et demi." Photo DR

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Julie a quitté Rio en urgence: "Mes parents préfèrent me savoir à Monaco"

Cette jeune femme de 25 ans, en stage depuis un an et demi à Rio de Janeiro, a décidé de rentrer en urgence chez elle à Monaco. Témoignage.

Julie (1) serait bien restée confinée à Rio de Janeiro, où elle vit depuis décembre 2018. Cette jeune femme de 25 ans, une Française née à Monaco – une "Enfant du pays", comme on dit en Principauté – y effectue un stage d’analyste financière dans une entreprise française du secteur des énergies renouvelables. Un stage de Volontaire international en entreprise (VIE).

Au Brésil depuis un an et demi, elle a des collègues de travail, des amis, sa vie actuelle. Et un petit ami, également français, qui a été rapatrié voici deux semaines. Elle devait terminer son stage à la fin du mois de mai.

Un voyage retour à risques

Julie aurait préféré terminer son stage. Ne pas partir subitement. Mais surtout, elle voulait éviter de prendre le moindre risque face à la pandémie de coronavirus.

"Comme je suis asthmatique, j’appréhende de prendre l’avion ce soir (hier soir, ndlr) et de passer 24 heures à Paris avant d’attraper le premier vol pour Nice, mercredi matin. Mais mes parents ont voulu que je rentre. Ils ne voulaient pas me savoir au Brésil, dans un pays qui risque de fermer ses frontières, d’autant que je n’aurai plus d’assurance santé à la fin du mois de mai."

Le risque était donc trop grand de rester à Rio.

"Au Brésil, personne ne croit les chiffres"

Julie suit l’épidémie de coronavirus de très près depuis ses premières heures. Avant le Brésil, cette Française de Monaco a effectué un premier stage en Chine, où elle a conservé quelques amis. "J’ai observé l’évolution du virus en Chine, puis en Europe et en France, explique-t-elle. On ne pensait pas qu’il arriverait si vite au Brésil. Il y a trois semaines, on a compris que le Covid-19 allait nous toucher également."

Et ce, en dépit des déclarations du président Jair Bolsonaro, qui s’emploie à minimiser l’épidémie et à refuser de confiner les Brésiliens.

"Personne ne croit les chiffres qui sont donnés. Il y a eu beaucoup de monde pendant le carnaval et très peu de personnes sont testées. L’amie d’une collègue, qui travaille dans un hôpital, affirme qu’il faut multiplier les chiffres par cinq."

Selon le ministère brésilien de la Santé, il y aurait 13.609 personnes diagnostiquées positives et 275 morts à ce jour. "Tout le monde pense que la situation sanitaire est bien pire que ça, poursuit la jeune Française. Seulement, Bolsonaro continue à dire que ça ne sert à rien de fermer les écoles parce que le coronavirus ne toucherait que les personnes âgées. Heureusement, les gouverneurs de plusieurs États, dont ceux de São Paulo et de Rio, ont ordonné le confinement. Tous les soirs, de nombreux Brésiliens sont aux fenêtres et tapent sur des casseroles pour réclamer la destitution de Bolsonaro. C’était le cas avant l’épidémie, ça l’est encore plus depuis."

"Je suis triste pour les Brésiliens"

La situation politique du pays, très tendue, est un argument supplémentaire qui pousse cette jeune femme à rentrer chez elle en Principauté. Car, selon elle, l’insécurité risque d’aller en grandissant au Brésil dans les prochaines semaines.

"Dans les rues désertes, la violence va s’accentuer. Il devient dangereux aujourd’hui de sortir pour aller faire ses courses." Julie pense surtout aux plus pauvres: "J’ai de la peine pour les Brésiliens qui se sentent délaissés, en particulier dans les favelas. C’est là que le virus va faire le plus de dégâts. Aujourd’hui, ce sont les gangs de la drogue qui font respecter les mesures de confinement. Ils protègent leurs quartiers. Au final, ce sont les plus pauvres qui vont tomber à cause du coronavirus."

Julie est partie le cœur gros, hier soir, dans un vol Air France dédié au rapatriement. "Je suis triste de partir dans ces conditions, sans avoir le temps de dire au revoir aux gens que je fréquente depuis un an et demi. Je suis inquiète de voyager en ce moment mais mes parents préfèrent me savoir à Monaco."

Julie y arrivera ce mercredi matin, après un jour d’escale à Paris. Le Brésil, elle aimerait beaucoup y retourner. Quand la pandémie de Covid-19 ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

1. Julie préfère rester discrète en prévision d’un retour au Brésil.


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