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"Je n’arrivais pas à mener une grossesse à son terme": le combat de Lise pour avoir un enfant

Le 1er novembre démarre la 7e semaine de sensibilisation à l’infertilité. Un sujet encore tabou alors qu’il concerne un couple sur cinq. Lise livre le parcours complexe qu’elle a dû subir pour pouvoir donner naissance à son fils.

Axelle Truquet atruquet@nicematin.fr Publié le 31/10/2021 à 13:38, mis à jour le 03/11/2021 à 16:30
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Lise Henriques, membre du collectif BAMP DR

C’est un joli petit garçon qui fait le bonheur de ses parents du haut de ses 15 mois. Il y a des années, Lise n’aurait jamais pu imaginer le parcours du combattant par lequel elle est passée pour combler son désir de maternité.

Un désir partagé depuis le début avec son mari, une évidence même et ce dès leur rencontre. Sauf que les choses sont loin de s’être déroulées comme ils se l’imaginaient.

Alors trentenaires, les époux décident d’agrandir leur foyer. Lise tombe enceinte plutôt rapidement mais au bout de deux mois de grossesse, fait une fausse couche.

"Ca a été très dur parce que même si on sait que cela peut arriver, cela reste une épreuve." Et ce n’était que la première. "Juste après cela, j’ai vu ma gynécologue qui m’a dit que je retomberai enceinte rapidement sans chercher à savoir ce qu’il s’était passé." Mais ce n’est pas le cas. Les mois passent et... rien.

La jeune femme voit alors plusieurs médecins qui réalisent à chaque fois un examen endovaginal. "C’était toujours la même réponse: "vous avez un magnifique utérus - déjà cette phrase est étrange -, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas’"... Pourtant, je ne tombais pas enceinte. Nous avons fini par consulter un généraliste qui a prescrit un spermogramme pour mon mari. Le résultat n’était pas bon. Ma gynéco me parle alors d’insémination mais le labo nous avait répondu qu’il fallait faire d’autres examens, de mon côté cette fois. Avec du recul je me dis que c’est incroyable qu’on ne m’ait pas incitée plus tôt à les faire."

 

Il y avait urgence

Lise enchaîne alors bilan hormonal et hystérosalpingographie qui permet de vérifier la perméabilité des trompes. Là encore, les nouvelles ne sont pas bonnes. "J’avais 31 ans et la réserve ovarienne d’une femme ménopausée. Il y avait donc urgence."

Le couple s’engage dans un processus de FIV (Fécondation in vitro). Il en fera 4 au total. À chaque fois, le même rituel: piqûres quotidiennes pour la stimulation ovarienne, shoots d’hormones avec les désagréments physiques et émotionnels qui vont avec, recueil de sperme, transfert de l’embryon lorsqu’il y en avait un viable. Par quatre fois, Lise y croit. En vain. Elle enchaîne les fausses couches et les désillusions.

"J’ai fini par m’effondrer. J’étais au fond du fond. J’ai atteint des profondeurs abyssales… Je ne m’étais jamais imaginée sans enfant et malgré les années qui passaient et les FIV, je n’arrivais pas à mener une grossesse à son terme."

L’Azuréenne se fait aider par une psychologue, un soutien essentiel. "Parce que l’infertilité est un sujet qu’on aborde peu. C’est encore tabou, probablement parce qu’il touche à l’intime. Pourtant ça vous chamboule, on a besoin d’en parler. Ne serait-ce que parce qu’il y a des choses qu’on ne peut pas dire à nos proches, qu’ils auraient du mal à comprendre. Le fait de pouvoir tout dire, sans filtre, à un professionnel, ça aide énormément. Mais c’est une démarche personnelle. On ne vous la propose pas toujours d’emblée, et c’est dommage."

"J’ai senti qu’il se passait quelque chose"

Le 2 janvier 2019, Lise et son mari sont de nouveau face à leur médecin. "Il nous a parlé de don d’ovocyte, seul moyen pour nous d’avoir un enfant." La décision n’a pas été immédiate, la jeune femme avait besoin de "digérer" l’information, de se l’approprier.

"Il m’a fallu 9 mois… le temps d’une grossesse, sourit-elle. Lorsque nous avons voulu franchir le cap, nous avons décidé d’aller à l’étranger parce qu’en France, les délais sont terriblement longs, sachant qu’on avait déjà passé plusieurs années à essayer d’avoir un bébé."

Le couple se rend en République tchèque. Au bout d’un mois, ils ont une donneuse et au bout de deux, Lise est inséminée… "Dès les premiers jours, j’ai senti qu’il se passait quelque chose dans mon corps. Avant même d’avoir les résultats, je savais que j’étais enceinte." Cette fois, la grossesse va à son terme.

 

Depuis 15 mois "et demi", la famille s’épanouit à trois. Ce petit garçon tant attendu fait le bonheur de tous. Et Lise a souhaité témoigner "pour que l’on comprenne les difficultés que rencontre comme nous un couple sur 5 lorsqu’il essaie d’avoir un bébé. Il faut que les gens prennent la mesure de ce qu’il se passe dans l’intimité des couples, les difficultés que l’on rencontre parfois, les maladresses aussi que l’on entend. Ce sujet ne doit plus être tabou. On doit en parler, c’est pour cela qu’il est important de communiquer sur la semaine de sensibilisation à l’infertilité."

Le message est passé.

Offre numérique MM+

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