“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

Inauguré à Monaco, on en sait plus sur le laboratoire P3 équipé pour lutter contre les agents infectieux les plus dangereux

Mis à jour le 17/11/2020 à 13:42 Publié le 17/11/2020 à 13:27
Entièrement automatisé, ce nouveau laboratoire permettra de sortir 320 tests en huit heures.

Entièrement automatisé, ce nouveau laboratoire permettra de sortir 320 tests en huit heures. Photo Jean-François Ottonello

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Inauguré à Monaco, on en sait plus sur le laboratoire P3 équipé pour lutter contre les agents infectieux les plus dangereux

Le Centre scientifique de Monaco s’est équipé d’un nouvel automate ultra-performant et d’un laboratoire à même de traiter des virus et bactéries extrêmement pathogènes pour l’Homme.

À l’entrée du Centre scientifique de Monaco, on a fait quelques travaux. C’est désormais un laboratoire flambant neuf qui est installé, avec un matériel dernier cri.

Il ne s’agit pas de n’importe quel type de laboratoire: ce nouvel équipement est de niveau P3. Cela signifie qu’il dispose des équipements nécessaires pour traiter les agents pathogènes de niveau 3, c’est-à-dire ceux qui peuvent provoquer chez l’homme une maladie grave, mais pour laquelle un traitement curatif ou préventif existe.

C’est le niveau auquel était classé par l’Organisation mondiale de la santé le SarS-Cov2, le coronavirus responsable de la Covid-19, au tout début de l’épidémie. Il a depuis été classé en niveau 2.

Ultra-sécurisé

Derrière la porte aux angles arrondis, équipée d’un joint pneumatique pour rendre la pièce plus hermétique qu’un Tupperware, on découvre un premier sas.

Là, l’atmosphère est à pression positive, ce qui repousse à l’extérieur toutes les particules qui pourraient rentrer normalement. Pour ouvrir la seconde porte, il faut fermer la première.

Dans la seconde zone, l’atmosphère est à pression négative, ce qui retient à l’intérieur de la pièce toutes les particules et micro-organismes, un peu comme un aspirateur. Autant de systèmes qui assurent que rien ne peut sortir de ce laboratoire par accident.

L’accès à ces installations est d’ailleurs réservé à des personnes spécialement formées et autorisées.

Et s’il existe des craintes concernant ce type de laboratoire, le Pr Patrick Rampal, président du CSM, est clair: "Nous n’avons pas l’intention de travailler sur les virus. Nous n’avons pas d’équipe de virologie, nous ne manipulerons pas de virus. Mais comme nous sommes appelés à travailler sur des prélèvements humains, autant se protéger au maximum."

Ce type de laboratoire est réservé au personnel formé et autorisé.
Ce type de laboratoire est réservé au personnel formé et autorisé. Photo Jean-François Ottonello

Ce laboratoire, souhaité dès le mois de mai par le prince Albert II qui l’a inauguré ce lundi, et qui a coûté environ 3 millions d’euros, travaux compris, devrait permettre à Monaco de mettre en place de nouveaux protocoles de test beaucoup plus rapide. "Cet outil renforce la mobilisation de tous les laboratoires privés et publics de la Principauté qui travaillent sans relâche depuis le début de la crise sanitaire pour tester au maximum. Depuis le mois de septembre, nous montons en puissance dans nos capacités de tests. Aujourd’hui, la Principauté est sur le point de devenir totalement autonome en matière de dépistage. Ceci nous permet de développer dans les prochaines semaines une politique de dépistage encore plus large et plus rapide", a déclaré Pierre Dartout.

Dans la journée

C’est le laboratoire Roche Diagnostics qui a été sélectionné pour la machine de test, car "ils disposent d’une solide expérience, leurs automates sont particulièrement fiables, les tests sont extrêmement sensibles, et Roche pourra fournir des réactifs tout au long de l’épidémie", explique le Dr Hervé Raps, médecin délégué au pôle Santé humaine du Centre scientifique de Monaco.

Ce nouvel équipement est couplé à une plateforme en ligne, qui offrira un accès en ligne au patient.

Concrètement, la mise en place de ce système permettra de réduire à 4 heures le temps entre l’entrée de l’échantillon dans le laboratoire, et l’envoi du SMS au patient pour annoncer les résultats.

Suivant l’heure à laquelle le patient subira le prélèvement, il pourra alors s’écouler entre 12 et 24 heures entre le moment où l’écouvillon est introduit dans la narine du patient, et le moment où il aura la possibilité de consulter ces résultats en ligne.

Une vraie satisfaction pour Frédéric Genta, délégué interministériel à la transition numérique: "Réduire les délais peut véritablement contribuer à casser la chaîne de propagations. S’il faut 5 heures de moins pour dire au patient qu’il est positif, c’est potentiellement 5 heures de moins en contact avec d’autres gens."

Après la crise, le nouvel automate acquis par le Centre scientifique de Monaco aura bien d’autres utilités.
Après la crise, le nouvel automate acquis par le Centre scientifique de Monaco aura bien d’autres utilités. Photo Jean-François Ottonello
Après l’épidémie, que deviendra ce laboratoire?

3 millions d’euros, c’est tout de même un sacré investissement. Alors, même si l’attention générale est portée à la crise sanitaire due à la Covid-19, il semble évident que le matériel de Roche Diagnostics installé dans ce tout nouveau laboratoire ultra-sophistiqué de niveau P3 ne sera pas appelé à prendre la poussière et les toiles d’araignées jusqu’à une prochaine pandémie.

Mais alors à quoi sert exactement cette machine, en dehors des tests de la Covid-19?

Nathalie Zauer, directrice régionale chez Roche Diagnostics nous explique: "La raison d’être du 6800, c’est la réalisation des charges virales sur les hépatites B et C, le HIV, le HPV [le papillomavirus humain, ndlr]. Roche est une entreprise très réactive. Dès que la Covid-19 est arrivée, le premier test qui est sorti était sur cette machine. Avec la technique de la PCR, nous étions parmi les premiers. Une fois que la crise sera terminée, ces machines pourront être utilisées pour faire d’autres campagnes de dépistage. Dans certains pays, il y a eu des campagnes de dépistages des cancers du col de l’utérus, qui fait de gros dégâts, [et qui est majoritairement dû à un papillomavirus, ndlr] et cet automate peut y contribuer."

C’est donc un nouvel outil dans l’arsenal de santé publique de la Principauté, qui n’a pas fini de démontrer son utilité.

Le chiffre

3.000. C’est le nombre de tests que le CSM va pouvoir réaliser chaque semaine grâce à cet équipement.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.