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"Il serait complètement idiot de ne pas profiter" du vaccin contre le coronavirus. Un médecin fait le point sur le vrai, le faux et l’irrationnel

Mis à jour le 11/11/2020 à 09:04 Publié le 11/11/2020 à 09:00
Photo prise le 11 septembre  2020 dans un laboratoire à Anagni, au sud-est de Rome, en lien avec le vaccin-candidat de l'université d'Oxford

Photo prise le 11 septembre 2020 dans un laboratoire à Anagni, au sud-est de Rome, en lien avec le vaccin-candidat de l'université d'Oxford AFP/Archives / Vincenzo PINTO

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"Il serait complètement idiot de ne pas profiter" du vaccin contre le coronavirus. Un médecin fait le point sur le vrai, le faux et l’irrationnel

"S’il reste moins de 3 ou 4 % de la population sans vaccination, ce n’est pas grave. 10 à 15 %, cela devient dangereux." Interrogé sur la vaccination contre la Covid-19, le Dr Hervé Haas, pédiatre et infectiologue, assure que "dès que les résultats seront connus", il se fera vacciner sans hésiter". Le Dr Hervé Haas qui n’est pas pour autant favorable à une obligation de vaccination.

Il dirige le service de pédiatrie de l’hôpital Princesse-Grace à Monaco après avoir longtemps exercé à Lenval à Nice. Le professeur Hervé Haas dit ce que l’on peut attendre, selon lui, de l’annonce de Pfizer, et décrypte les a priori et croyances autour de la vaccination d’une manière générale.

Le virus ne nous pardonne pas le moindre relâchement dans notre vigilance, rappelle le Dr Hervé Haas.
Le virus ne nous pardonne pas le moindre relâchement dans notre vigilance, rappelle le Dr Hervé Haas. Photo Cyril Dodergny

Comment accueillez-vous cette annonce de Pfizer ? Que faut-il penser de ce vaccin en l’état ?
D’abord, je rappelle qu’il s’agit d’une population particulière. Des jeunes, volontaires a priori, sans pathologie spécifique. Ce qui ne représente pas l’ensemble de la population. Mais dans le cadre du développement d’un vaccin, c’est un processus totalement normal. Les règles sont respectées. Règles classiques et recommandées. Le tout de manière accélérée, mais 39.000 personnes, cela donne une évaluation intéressante. Une couverture d’environ 90 % avec deux doses, c’est bien. Même s’il faut encore faire preuve de patience, c’est prometteur.

Toutes les questions ne sont pas levées…
Il subsiste un certain nombre d’inconnues. La durée de protection : faudra-t-il faire des injections tous les trois, six mois ? On ne peut pas, aujourd’hui, y répondre. Autre interrogation : l’efficacité serat-elle la même, quel que soit l’âge ? Je pense notamment aux personnes fragiles et âgées, dont la réponse immunitaire, en général, est médiocre. Le fait d’être vacciné permettra-t-il de réduire sensiblement la circulation du virus ? On peut s’y attendre, mais rien n’est certain. Que des personnes vaccinées puissent continuer à diffuser un peu de virus, c’est possible. Mais franchement, cela m’étonnerait. Un autre aspect n’est pas à négliger : la technologie de ce vaccin, qui justifie une conservation à- 80°. On ne peut donc pas stocker ce produit dans le réfrigérateur pour se rendre chez son praticien, comme on le fait avec d’autres vaccins. Le système sera probablement amélioré pour une congélation standard, mais pour l’instant, ce n’est pas le cas.

 

Quid du vaccin français ?
C’est précisément ici qu’il aura peut-être un intérêt supérieur. Étant basé sur un vaccin rougeole, un vaccin vivant, on peut espérer une protection immunitaire beaucoup plus longue dans le temps. Autrement dit, on prend du virus de la rougeole que l’on rend moins virulent, sans le tuer, de telle sorte qu’il soit capable de se reproduire, sous une forme très atténuée. Pouvant donner, au pire, un peu de fièvre, parfois une petite éruption. Raison pour laquelle cela ne convient pas aux patients immunodéprimés.

Ce qui explique certaines réticences ?
La réticence est historique, dans notre pays. D’où l’obligation vaccinale pour les jeunes enfants. On a toujours des théories très complexes, basées sur la peur. Peur des effets secondaires. Peur des complications. Parce qu’on leur a parlé de sclérose en plaques avec le vaccin hépatite ou d’autisme avec le vaccin rougeole. Alors qu’il n’y a aucun lien. On a eu également, en France, des polémiques autour du vaccin papillomavirus alors que tout se passe très bien. Les médias ont parfois contribué à la diffusion d’informations stressantes, si bien que des patients se sentent un peu perdus. Je pense qu’il faut bien expliquer aux gens que, quoi qu’il arrive, quand ce vaccin sera à notre disposition, c’est qu’il aura respecté toutes les étapes nécessaires à son évaluation. Que ce soit pour les effets secondaires s’il y en a, ou bien entendu pour son efficacité. J’attends donc ces résultats. Dès qu’ils seront connus, je me ferai vacciner sans hésiter.

Cette défiance touche-t-elle de nombreux parents ?
ertains vaccins ont une mauvaise histoire. Heureusement, les moins de 2 ans, aujourd’hui, sont bien vaccinés. Et naturellement, on n’a aucun problème. De la défiance, il y en a trop, mais en réalité assez peu. Beaucoup de parents posent des questions. Quand on leur dit que l’on n’a pas d’inquiétude en tant que praticien et que l’on a soimême fait vacciner ses propres enfants, la plupart d’entre eux sont rassurés. Mais une frange de la population s’oppose à tout. Par principe.

La vaccination devra-t-elle être rendue obligatoire ?
Non, je ne le crois pas. Si l’on a des vaccins très efficaces, la population ira spontanément. Cela aura un tel impact sur notre vie de tous les jours, que ce soit pour notre santé ou sur le plan économique, qu’il serait complètement idiot de ne pas en profiter. S’il reste moins de 3 ou 4 % de la population sans vaccination, ce n’est pas grave. 10 à 15 %, cela devient dangereux

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