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Grand Prix de Monaco annulé, un report inenvisageable, "on était coincés", déplore le président de l’Automobile Club

Mis à jour le 21/03/2020 à 12:06 Publié le 20/03/2020 à 19:36
Pour la première fois de l’Histoire, le montage du circuit est interrompu en cours de route.

Pour la première fois de l’Histoire, le montage du circuit est interrompu en cours de route. Photo Jean-François Ottonello

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Grand Prix de Monaco annulé, un report inenvisageable, "on était coincés", déplore le président de l’Automobile Club

Le report de l’épreuve à une autre période de l’année était impossible. C’est ce qu’assure Michel Boeri, le président de l’Automobile Club de Monaco, l’organisateur du Grand Prix

Si la pandémie de coronavirus n’existait pas, l’annonce aurait été vécue comme un cataclysme en Principauté. Là, c’est un coup dur parmi d’autres, dans la kyrielle de conséquences de la propagation du virus. Mais c’est sans conteste le plus violent pour Monaco. Pensez. Le Grand Prix est annulé.

Jamais, durant les 91 ans d’histoire de la plus mythique des épreuves de course automobile du monde, une telle décision n’avait été prise. Hors temps de guerre et finances à sec justement dans l’après-guerre, en 1951, 1953 et 1954.

Ce coronavirus venu de Chine aura donc eu raison du 78e Grand Prix de Formule 1 de Monaco, emportant au passage le 12e GP Historique. Vendredi, nous avons recueilli la réaction de Michel Boeri, le président de l’Automobile Club de Monaco, le grand manitou du Grand Prix depuis un demi-siècle.

C’est un homme à la fois triste et conquérant qui nous raconte comment la décision d’annuler, plutôt que de reporter l’épreuve – comme la FIA et Formula One Management le proposaient – a été prise par le comité directeur de l’ACM. Interview, comme toujours sans filtre, du Président, comme on l’appelle à l’ACM.

Vous n’avez pas hésité longtemps avant de prendre cette lourde décision…

Tout était en place. Nous avions vendu 80% des places et la construction du circuit venait de débuter. Mais nous n’allions pas nous battre contre des moulins à vent. L’épidémie gagnait du terrain; la FIA et la FOM annonçaient que les épreuves du mois de mai ne pouvaient pas se tenir: nous n’avions plus d’autre choix que d’annuler.

Pourquoi? Le report n’était-il pas envisageable?

Ce n’était pas réaliste. Allez demander à 1.500 bénévoles de bloquer leur mois d’août ou aux entreprises, dont certaines sont loin d’ici, de revenir construire le circuit plus tard ! C’est impossible. On était coincés.

En outre, on n’est pas tout seuls en Principauté: il y a des manifestations entre les mois d’août et d’octobre, on ne peut pas s’intercaler, surtout quand on sait qu’il nous faut 45 jours pour monter le circuit et 25 pour le démonter. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons pris cette décision. Vous savez, on travaille depuis un an sur ce Grand Prix.

Ce n’est pas une mince décision, surtout pour l’économie monégasque…

Le Grand Prix de Formule 1 et le Grand Prix Historique rapportent environ 120 millions d’euros à Monaco. Donc, pour l’État, de la TVA sur les recettes mais également sur le montage du circuit, soit plus de 20 millions d’euros de recettes. Dans ces temps difficiles, c’est un souci de plus pour le gouvernement.

L’annulation du Grand Prix de Monaco, c’est une première?

Oui, en dehors de la guerre et de trois éditions dans les années cinquante (1951, 1953 et 1954, ndlr) annulées parce que ce n’était pas une priorité financière à cette époque. Mais sinon, jamais. Nous avons failli annuler dix fois le Grand Prix lors de nos bagarres avec Balestre et Ecclestone, mais on devient toujours copain avec nos ennemis. Regardez la France et l’Allemagne…

Quelles sont les conséquences de cette annulation pour l’ACM?

Ça n’affaiblit en rien l’Automobile Club. Les troupes sont fraîches et ne demandent qu’à repartir. Vous savez, le suspense et la trouille se manifestent plus face au risque d’accident pendant la course que lors d’un incident de parcours. Cette annulation ne remet rien en cause, ni l’avenir ni nos prochaines épreuves : le rallye de voitures électriques, le rallye de voitures anciennes et le WRC ; puis, dans un an, l’ePrix et le Grand Prix de Formule 1.

L’an dernier, vous laissiez entendre que ce serait le dernier que vous organiseriez, en tant que président de l’ACM. Alors, 2021, ce sera votre dernier Grand Prix?

Je ne pourrai partir que si une équipe est constituée et prête à nous remplacer. Il faut un certain savoir-faire, quelques relations à l’international et un peu d’autorité pour organiser ce Grand Prix. Nous avons approché beaucoup de personnes. Elles ne savaient pas que c’était une activité bénévole. Du coup, ça a refroidi beaucoup de monde…

Et donc?

2021 n’est pas une date limite. C’est la fin du contrat avec Ecclestone pour le Grand Prix de Monaco, et son renouvellement avec Liberty Media.


Vous allez bien vous ennuyer, au mois de mai…
J’irai faire du bateau et taquiner la girelle… Non, sérieusement, nos équipes se préparent déjà à préparer les rallyes et le prochain Grand Prix.


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