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Fatigue, maux de tête, manque de concentration... Comment surveiller sans paniquer une Covid-19 qui dure

Mis à jour le 10/06/2021 à 19:45 Publié le 09/06/2021 à 20:00
La fatigue est le symptôme persistant le plus courant. Elle peut durer pendant des semaines voire des mois.

La fatigue est le symptôme persistant le plus courant. Elle peut durer pendant des semaines voire des mois. Photo DR/Unsplash

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Fatigue, maux de tête, manque de concentration... Comment surveiller sans paniquer une Covid-19 qui dure

On connaît désormais mieux la mécanique de la Covid-19. Contamination rapide et symptômes très hétéroclites qui peuvent se poursuivre plusieurs mois.

Nombreux sont ces personnes qui ont eu la Covid et qui mettent du temps à s’en remettre.

Lorsque l’on se sent toujours épuisé deux mois après la contamination, lorsque l’on n’est pas revenu à son état de forme initial, il y a de quoi se questionner.

Pourtant, avant 3 mois, il n’y a rien d’exceptionnel.

"Après une infection, comme une grippe, la convalescence peut être plus ou moins longue, confirme le Dr David Chirio, infectiologue au CHU de Nice L’Archet. Concernant le coronavirus, il est courant que cela prenne plusieurs semaines. A partir du moment où un médecin a vérifié qu’il n’y avait pas d’atteinte d’organes ou de maladie sous-jacente, il faut proposer une rééducation à l’effort et un accompagnement."

Et le médecin précise: "On évite de parler de 'Covid long' comme on entend beaucoup dans les médias: c’est une sémantique hasardeuse, on préfère évoquer des symptômes prolongés post-Covid."

Il ne s’agit donc pas de résurgence de la maladie mais bien d’une continuité des symptômes. "Il est important d’être prudent sur le terme de séquelles, qui renvoie à des lésions fixées, très rarement mises en évidence".

Ce qui met en difficulté les professionnels de santé, c’est la variabilité des symptômes. "Ce qui revient le plus souvent c’est l’asthénie (la fatigue). Certains ne parviennent pas à reprendre le travail ou bien avec difficulté, ne font plus aucune activité. Mais les patients rapportent aussi des maux de tête, des troubles de la concentration, de l’attention et de la mémoire, des difficultés respiratoires, de l’anxiété ou encore la perte du goût et de l’odorat. On va prendre en charge en fonction de la plainte de chacun."

Ne pas hésiter à consulter

Si vous avez du mal à remonter la pente après une infection au Sars-Cov-2, commencez par consulter votre médecin traitant. Il vérifiera votre état de santé.

Ensuite, il pourra vous orienter en fonction des besoins: rééducation olfactive, prise en charge psychologique (car l’impact sur le moral est considérable), reconditionnement à l’effort en kinésithérapie ou en activité physique adaptée (APA), etc.

"Pour ceux qui ont perdu du poids ou qui n’ont pratiqué aucune activité physique pendant plusieurs semaines, il faut recommencer progressivement", souligne le Dr Chirio.

Pour l’heure, on manque encore de données précises. La survenue de symptômes prolongés après une infection virale reste connue et décrite, et le phénomène de masse de la Covid a amené beaucoup de personnes à en présenter.

S’il ne faut pas s’inquiéter outre mesure, il est important de se faire surveiller par un professionnel de santé.

Quid en pédiatrie?

La question de la Covid longue durée chez les enfants est encore moins tranchée que chez les adultes.

A cela plusieurs raisons "d’abord, les enfants sont souvent moins symptomatiques que les adultes, beaucoup ont d’ailleurs été totalement asymptomatiques, souligne le Dr Hervé Haas, chef du service de pédiatrie du Centre hospitalier Princesse-Grace de Monaco. Toutefois, il n’y a pas de raison d’imaginer qu’ils ne puissent pas eux aussi présenter une Covid longue. Mais c’est très compliqué à mettre en évidence. Il peut par exemple être difficile de relier un symptôme à la Covid ne serait-ce que parce que ce dernier n’a pas forcément été diagnostiqué. Pratiquer une sérologie ? Là encore cela n’avance pas beaucoup parce qu’elle peut être négative, cela ne signifie pas automatiquement que le patient n’a jamais été contaminé par le Sars-Cov-2."

Autre écueil majeur, l’aspect psychologique: "Les enfants et surtout les adolescents expriment beaucoup plus de difficultés psychologiques depuis le début de la pandémie. Or cela peut influencer la perception des symptômes."

Le pédiatre participe régulièrement à des travaux et échange avec des confrères en France et à l’étranger.

"Pour le moment, nous n’avons pas d’outil diagnostic formel pour identifier une Covid longue durée chez un jeune patient, résume-t-il. Mais nous maintenons une veille étroite."

Océane, 16 ans, encore souffrante 9 mois après

Océane, infectée par le virus de la Covid, n’est toujours pas remise 9 mois plus tard.
Océane, infectée par le virus de la Covid, n’est toujours pas remise 9 mois plus tard. Photo DR

Océane, jeune fille de tout juste 16 ans, achève péniblement une année scolaire épuisante.

Pourtant, ce ne sont pas les cours de 3e qui sont en cause mais la Covid-19 qu’elle a attrapée au collège en septembre dernier.

Christelle, sa mère, raconte: "Un lundi matin elle s’est réveillée et était un peu fatiguée, elle disait avoir un rhume. par prudence, j’ai pris rendez-vous pour un test PCR mais à l’époque les délais étaient longs. Le lendemain, elle avait perdu le goût et l’odorat. En revanche, le mercredi, elle disait avoir mal au coeur, elle avait du mal à respirer, les lèvres bleues. Nous sommes allées immédiatement aux Urgences de Lenval où ils ont diagnostiqué une embolie pulmonaire et une péricardite. Selon le protocole, ils ont fait un test PCR qui était positif. Les médecins à l’époque nous ont expliqué que c’était un cas rare de Covid. Ils étaient d’autant plus surpris qu’elle n’avait aucun facteur de risque, elle n’est jamais malade."

Après une semaine d’hôpital, elle rentre chez elle mais elle n’est toujours pas rétablie. D’octobre à janvier, elle enchaîne des séances de kinésithérapie respiratoire à raison de 5 séances par semaine. Elle est toujours épuisée, a des troubles de la mémoire et de la concentration. Mi-janvier, elle attrape un rhinovirus et un entérovirus, hospitalisation pour 4 jours.

"Nous avons enchaîné les rendez-vous: ORL, neuropédiatre, cardiologue, orthophoniste. Ça va un peu mieux aujourd’hui mais elle n’a pas retrouvé la forme", commente Christelle.

Océane commence la rééducation olfactive car elle est toujours anosmique. Sa mère se bat pour que ce type de Covid long soit reconnu, pour les enfants comme pour les adultes "afin que les frais soient pris en charge. Entre les dépassements d’honoraires, les séances non remboursées, cela revient cher. Or si nous avons pu gérer financièrement, certaines familles ne le peuvent pas!"

D’ici quelques jours, Océane va passer son brevet. Une source de stress supplémentaire parce qu’elle a eu beaucoup de difficultés à suivre le programme scolaire.

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