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Études médicales : une embellie tant espérée Conseil de l'ordre 06 : À terme, une autorégulation des installations

Mis à jour le 27/12/2016 à 05:07 Publié le 27/12/2016 à 05:07
30 étudiants supplémentaires seront admis au concours d'entrée en deuxième année de médecine à la faculté de Nice.

30 étudiants supplémentaires seront admis au concours d'entrée en deuxième année de médecine à la faculté de Nice. François Vignola

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Études médicales : une embellie tant espérée Conseil de l'ordre 06 : À terme, une autorégulation des installations

Après des années de vache maigre, la Faculté de Nice se voit enfin octroyer 30 places supplémentaires en médecine. Une réponse aux besoins de santé du territoire

Plus 30 places. Inespéré. Inédit. » Le Pr Patrick Baqué, doyen de la Faculté de Médecine de Nice, pourtant mobilisé depuis des années pour obtenir cette augmentation du numerus clausus, a encore du mal à y croire. La faculté niçoise, parent pauvre du numerus clausus avec quelques 127 places dans la filière médecine pour près de 1 350 inscrits - soit le taux de réussite le plus serré de France - a obtenu du ministère la plus haute forte hausse de ce précieux sésame pour tous ceux qui rêvent d'une carrière médicale. De quoi se réjouir, même si l'annonce reste officieuse. L'arrêté devrait être publié prochainement au Journal Officiel.

« Le numerus clausus est décidé de façon arbitraire. La démographie médicale étant très élevée sur la Côte d'Azur, on considérait que les besoins en santé étaient largement satisfaits. En réalité, quand on regarde la situation de plus près, il apparaît que moins de 50 % des médecins qui exercent dans la région ont été formés ici. Un quart d'entre eux viennent d'autres universités françaises, le dernier quart étant composé de médecins formés dans d'autres pays de l'Union Européenne ou hors Union. »

En d'autres termes, la faculté de médecine ne parvient pas aujourd'hui à répondre aux besoins de santé croissants. « La population sur le territoire progresse en nombre et surtout elle vieillit », justifie le doyen de la faculté de médecine.

Situation tendue encore quelques années

Si l'heure est à la réjouissance, la situation risque néanmoins de rester tendue pendant quelques années encore. La pyramide des âges des médecins démontre en effet que des départs à la retraite massifs ont commencé et vont s'accentuer dans les prochaines années. « Comme il faut dix ans pour former un médecin, on devra attendre autant de temps pour mesurer l'impact de l'augmentation du numerus clausus. » Mais, pour le Pr Baqué, cette décision vient déjà réparer une injustice. « Les bacheliers azuréens étaient sévèrement pénalisés par rapport aux étudiants d'autres universités. Le premier collé au concours avait cette année 12,7 de moyenne ! On recale ainsi de bons élèves sans raison ! »

L'augmentation du numerus clausus devrait provoquer un appel d'air ; bien que longues et semées d'embûches, les études médicales sont chaque année choisies par un nombre croissant de jeunes bacheliers, venus de toutes les filières (la loi interdit toute sélection à l'entrée). Et si certains y renonçaient, d'emblée découragés par le caractère impitoyable du concours d'entrée en 2e année, cette embellie pourrait regonfler leurs espoirs. À moins que les plaintes des professionnels en exercice et leur mobilisation pour dénoncer des conditions d'exercice détériorées ne finissent par entamer leur vocation.

La région Paca est riche… de ses médecins. Elle peut en effet se targuer d'être la première région de France en termes de densité médicale avec une moyenne de 352 médecins en activité régulière pour 100 000 habitants. Une moyenne qui cache en réalité de grandes disparités ; les Alpes-Maritimes enregistrent ainsi 378,4 médecins pour 100 000 habitants, contre 296,5 dans le Var.

Mais c'est l'avenir qui inquiète vraiment ; les toubibs pourraient bien être de moins en moins nombreux. Entre 2007 et 2015, leurs effectifs (toutes spécialités confondues) ont diminué de 5,2% dans les Alpes-Maritimes. Et cette décroissance va s'accentuer alors même que la population générale augmente. Les projections réalisées sous l'égide de l'Ordre national des médecins tablent sur une diminution de 7,5% des généralistes et 0,1% des spécialistes entre 2015 et 2020.

Pourquoi ? Parce que près d'un tiers des médecins

en activité régulière sont âgés de 60 ans et plus,

et devraient donc partir

en retraite dans les années

à venir.

Si l'on observe dans le détail, parmi les spécialités en accès direct, c'est la gynécologie qui risque de souffrir le plus dans la région Paca. Entre 2008 et 2015, elle a déjà perdu un quart de ses effectifs. Les gynécologues en exercice sont âgés

de 59 ans en moyenne et sont à 83% des femmes.

Les ophtalmologistes, pédiatres et psychiatres ont également connu des baisses d'effectifs (respectivement -5,5%, -4,7% et -5%) entre 2008 et 2015 et la courbe

devrait se poursuivre.

Le Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso est présidente du conseil de l'ordre des médecins des Alpes-Maritimes. Le Dr Stephan Louis en est le secrétaire général.

De gauche à droite : les Dr Stephan Louis et Jacqueline Rossant-Lumbroso.
De gauche à droite : les Dr Stephan Louis et Jacqueline Rossant-Lumbroso. F.V. et DR

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