Envoyer les internes en médecine dans des déserts médicaux, est-ce une bonne idée?

Internes et étudiants en médecine manifestaient ce jeudi contre l’ajout d’une quatrième année d’internat de médecine générale et les mesures destinées à les contraindre à s’installer "en priorité dans des zones où la démographie médicale est sous dense".

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Mathilde Tranoy Publié le 18/11/2022 à 08:15, mis à jour le 17/11/2022 à 22:08
De nombreux territoires sont aujourd’hui sous-dotés en médecins généralistes, compliquant l’accès aux soins des patients. Photo Dylan Meiffret

L’ajout d’une quatrième année d’internat de médecine générale, réalisée exclusivement en médecine de ville, "en priorité dans des zones où la démographie médicale est sous dense", selon les termes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023, passe mal. Les syndicats sont vent debout. Les internes et étudiants ont manifesté ce jeudi dans plusieurs villes de France, dont Nice.

De nombreux territoires sont aujourd’hui sous-dotés en médecins généralistes, compliquant l’accès aux soins des patients.

Selon les chiffres de l’observatoire des territoires, les Alpes-Maritimes ont une densité moyenne de médecins généralistes de 124,1 pour 100.000 habitants en 2021, avec de fortes inégalités d’une collectivité à l’autre. Si le nombre de médecins généralistes pour 100.000 habitants s’élève à 136,6 dans la communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins, il plonge à 63,1 dans la communauté de communes Pays des Paillon.

 

"Pas d’obligation mais une incitation"

Passé en force avec le 49.3 à l’Assemblée nationale le 26 octobre, l’allongement de la formation des futurs généralistes, mesure présente dans l’article 23 du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, a été adopté au Sénat le 15 novembre en première lecture. Les sénateurs ont repris la proposition de loi qu’ils ont adoptée le 18 octobre et qui crée une 4e année d’internat de médecine générale. Mais la commission mixte paritaire n’étant pas parvenue à un accord, le projet de loi sera examiné en nouvelle lecture par les députés à partir du 21 novembre.

"La médecine générale est la seule spécialité à n’avoir que trois années de formation et de ne pas bénéficier de cette phase de consolidation, a rappelé le ministre de la Santé François Braun qui dément: Il n’y aura pas d’obligation d’exercice dans les territoires sous-denses (...). Il y aura simplement une incitation plus forte pour leur faire découvrir ces territoires, que la plupart ne connaissent pas" a-t-il ajouté sans toutefois évoquer le détail de cette incitation.

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