Don du sang : à urgence nationale, souci local

Alors que l'Établissement français du sang (EFS) vient de lancer une campagne urgente d'appel aux dons, à Menton, l'organisation fait face à des difficultés supplémentaires

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a.r. et m.r. Publié le 13/01/2017 à 05:11, mis à jour le 13/01/2017 à 05:11
Les prochaines collectes mentonnaises se maintiennent au salon du Louvre.
Les prochaines collectes mentonnaises se maintiennent au salon du Louvre. archives T.P.

En ce début d'année, l'Établissement Français du Sang (EFS) se fait un sang d'encre. Faute de réserves suffisantes pour répondre aux besoins hospitaliers. « Le niveau est particulièrement bas. En temps normal, nous avons quatorze jours de réserve. En ce moment, à l'échelle française, nous n'en avons qu'onze », souligne le porte-parole de l'organisme sur la Côte d'Azur, Alexandre Talamoni. Conscient qu'un effort important doit être fait pour encourager les nouveaux donneurs à franchir le pas. Les habitués des collectes étant soumis, plus qu'à l'accoutumée, aux épidémies hivernales. Même si les besoins en produits sanguins restent, eux, constants.

« Améliorer l'existant »

« Les pathologies - plus nombreuses cette année - réduisent le nombre de candidats aux dons. », résume le responsable. Aussi le panel doit-il être élargi de toute urgence. Sur l'ensemble du territoire français, Menton compris.

« Les collectes ne fonctionnent pas trop mal ici, reprend Alexandre Talamoni, mais il faut parvenir à améliorer l'existant. » En impliquant davantage de partenaires, notamment. Collectivités, entreprises, bénévoles… De manière à relayer l'information et à « faciliter », ainsi, le passage à l'acte. Pour proposer des conditions de prélèvement optimales, aussi. « Nous n'avons pas de souci démographique, l'argument d'une population vieillissante ne tient pas. Mais nous devons progresser, tous ensemble, sur la sensibilisation. Faire comprendre que les trois quarts d'heure dédiés au don peuvent sauver une vie. »

À ce manque de « culture du don » - encore très problématique dans une région qui n'est pas autosuffisante - s'ajoutent des soucis purement locaux. Au sein de la structure qui gère les collectes au Salon du Louvre : l'Association fédérée pour le don de sang bénévole du pays mentonnais. Malgré son existence récente, elle pourrait être dissoute, sous peu. De quoi inquiéter l'EFS, partenaire naturel.

« De telles associations nous aident pour l'accueil, la promotion directe, explique Alexandre Talamoni. Si nous n'avons plus ce relais local, les conséquences sont claires : moins de gens touchés. Donc moins de dons. » Car selon lui, chaque maillon de la chaîne a son importance. De la secrétaire de l'association au correspondant de l'EFS en entreprise, en passant par le bénévole qui affiche.

Avenir incertain

« Nous ne sommes pas nombreux à l'EFS, impossible de multiplier les forces. Alors quand nous n'avons plus personne sur place, nous continuons. Mais de manière moins efficiente. C'est dommage pour l'intérêt général. » Une réunion est prévue le 1er février prochain pour décider de l'avenir de l'association mentonnaise. Les collectes, elles, perdurent tout le long de l'année.

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