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Confrontés à la dure réalité des addictions, les élèves et enseignants de FANB se confient à Monaco

Mis à jour le 05/03/2020 à 21:03 Publié le 05/03/2020 à 19:15
Les 80 élèves de 4e et 3e étaient très attentifs ce matin.

Les 80 élèves de 4e et 3e étaient très attentifs ce matin. Isabelle Cadoret/Ascoma Jutheau Husson

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Confrontés à la dure réalité des addictions, les élèves et enseignants de FANB se confient à Monaco

Organisées ce mercredi à Monaco par Ascoma Jutheau Husson, les conférences du Dr Cuisigniez, addictologue parisien, ont révélé deux choses : les élèves ont besoin de parler d’addiction, et les enseignants ne disposent pas toujours des clés pour les aider

Dans la salle polyvalente du collège/lycée François d’Assise-Nicolas Barré, ce mercredi matin, les élèves ont rendez-vous pour écouter la conférence du Dr Cuisigniez, spécialiste en addictologie. Au terme de deux heures de conférence où les élèves ont appris, entre autres, les différentes addictions notamment aux stupéfiants, au tabac et à l’alcool, mais aussi les attitudes à adopter et les risques pour la santé d’une consommation excessive des substances évoquées, nombreux sont restés pour questionner le Dr Cuisigniez au cas par cas, une fois la conférence achevée.

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"Il a l’expérience [...] que nos parents n’ont pas"

Une preuve de la nécessité d’une telle conférence, comme l’explique Franck Fantino, directeur pédagogique du collège : "Les élèves ont pu prendre conscience des risques et surtout du fait qu’il faille être vigilant à la situation difficile dans laquelle peut se trouver un camarade. Ils sont les premiers médecins."

Une fois les dernières questions posées, nous avons interrogé trois élèves de 4e pour voir ce qu’ils avaient retenu.

Alexandre raconte alors qu’il a : "compris que beaucoup de personnes étaient touchées par l’addiction aux stupéfiants mais aussi à la nourriture ou au sucre. On a appris quels effets avaient les stupéfiants sur le corps. Il fait rétrécir le cerveau ! 10 ans de consommation de cannabis font perdre 10 points de Q.I." Des chiffres marquants pour les élèves.

Célia, elle, addict à la nourriture, a conscience des efforts qu’il va lui falloir faire pour aller de l’avant : "En vrai, quand on a une addiction, c’est très compliqué de passer à autre chose. Je ne compense pas mon addiction à la nourriture par une activité physique suffisante. Il va falloir que je m’y mette."

Andrea quant à lui, estime que : "l’avantage de parler avec le docteur Cuisigniez, c’est qu’il a de l’expérience pour parler de ce genre de choses que nos parents n’ont pas. Il peut nous donner des conseils et c’est toujours plus facile de parler avec quelqu’un d’extérieur à notre collège ou notre famille."

"Vous avez un rôle de sentinelle"

L’après-midi venue, c’est au tour des personnels de l’établissement et des professeurs d’écouter l’addictologue. La conférence est un peu du même acabit que celle du matin, à quelques exceptions près : "Je vous montre la liste des drogues car vous êtes adultes. Ce matin je ne l’ai pas fait car les enfants auraient été tentés d’aller voir ce que c’était et de vouloir tester", explique en riant l’addictologue basé à Saint-Germain-en-Laye.


L’objectif de cette conférence est donc d’expliquer aux professeurs qu’un élève addict est avant tout quelqu’un de malade. "Vous devez le considérer comme lorsque vous avez un élève atteint d’un cancer ou une autre maladie. L’addiction est la seule maladie mentale chronique dont le nombre de patients croît chaque année. Vous avez un rôle de sentinelle", martèle-t-il.

"Un ado
qui est isolé,
ce n'est pas normal"

Les murmures des enseignants en réaction à ces propos en disent long sur le chemin qu’il reste à parcourir avant une réelle prise de conscience. Le Dr Cuisigniez explique ensuite aux professeurs que leurs attitudes doivent changer au regard, par exemple, d’un élève qui parle beaucoup ou qui fait des blagues en classe. Il explique qu’il cherche à attirer l’attention parce qu’au fond, il se sent terriblement seul.

Des clés comme celles-ci, les enseignants en ont récolté plusieurs durant la conférence. "Un ado qui est isolé en permanence, ce n’est pas normal. Un ado a besoin du groupe, s’il le rejette, posez-vous les bonnes questions."


Il a aussi rappelé les dangers du cannabis, qui n’est pas le premier facteur de décès, mais celui "qui va briser leur vie".


Enfin, il a précisé qu’une addiction peut en appeler une autre. Un joueur addictif aux jeux vidéo sera stressé, et augmente ses risques d’aller chercher du réconfort au travers de la drogue. Un moment qui servira sans nul doute au plus grand nombre, et qui va permettre aux enseignants de mieux lutter contre les addictions.

À leurs tours, les enseignants ont attentivement écouté les dires du Dr Cuisignez.
À leurs tours, les enseignants ont attentivement écouté les dires du Dr Cuisignez. Cyril Dodergny

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