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Chloroquine: "Tout sera bon à prendre pour lutter" selon le docteur Laurent Saccomano

Mis à jour le 23/03/2020 à 12:01 Publié le 23/03/2020 à 11:57
Laurent Saccomano est président de l’Union régionale des professionnels de santé et médecins libéraux.

Laurent Saccomano est président de l’Union régionale des professionnels de santé et médecins libéraux. Photo F. V

Chloroquine: "Tout sera bon à prendre pour lutter" selon le docteur Laurent Saccomano

Pour le président de l’Union régionale des professionnels de santé et médecins libéraux, l’autorisation aux services du CHU de proposer le protocole du professeur Raoult aux patients touchés par le Covid-19 est une "bonne nouvelle". Mais il met également en garde: il n’est aujourd’hui question que d’affiner l’étude sur l’efficacité du traitement, à laquelle il aimerait que la médecine générale soit associée.

>> RELIRE. Essais, traitement, risques, interdiction: ce que l'on sait sur la chloroquine, ce médicament qui pourrait soigner le Covid-19

Que vous inspire cette annonce ?

Ça m’inspire de l’optimisme. L’épidémie galope, on avait peu de traitements. Si ça peut ralentir la maladie… Mais cela éveille aussi de l’inquiétude : on a vu les personnes se précipiter sur des masques. On ne voudrait pas que la promotion de ce protocole pénalise des patients. Et il faut garder de la prudence : il a été testé sur un petit nombre de patients, en tout cas pas suffisamment conséquent pour être certain que ce soit LA solution.

Est-il déjà utilisé aujourd’hui ?

Il y a des patients traités pour des infections de longue durée, notamment touchés par le lupus. C’est le traitement de référence. Mais attention, le Plaquenil peut avoir des effets secondaires importants. N’importe qui ne peut pas l’utiliser. Il ne faut pas pratiquer l’automédication, et certainement pas en prévention, ce qui pourrait priver des patients qui en ont besoin. Pas de ruée, donc, chez les pharmaciens. Mais si l’idée est que ce soit bien encadré, par les médecins qui ont bien fait le diagnostic, cela nous permettrait d’affiner et de savoir quel est le moment le plus opportun pour le délivrer et à quel patient.

Mais il faut bien une prescription pour l’obtenir ?

Oui, mais on craint que certaines pharmacies, ou le personnel soignant, finissent par céder sous la pression. C’est quelque chose qu’il faut encadrer, pour éviter une pénurie. On attend des précisions sur le protocole.

Pourquoi n’est-il pas utilisé généralement aujourd’hui contre le Covid-19 ?

Chaque médicament bénéficie d’une mise sur le marché avec des recommandations de prescriptions contre des pathologies dans lequel il est efficace. Pour le moment, il ne l’est pas contre le Covid-19, on est encore dans le cadre de l’étude. Si des médecins le prescrivent, c’est encore au risque de leur propre responsabilité. Pour l’instant, il est autorisé uniquement sous prescription hospitalière, dans le cadre de l’étude, avec des patients volontaires.

Des médecins niçois le prescrivent-ils ?

On a eu l’info que certains patients niçois en avaient bénéficié sans être enrôlés dans l’étude. J’insiste : il convient d’être prudent. C’est une bonne lueur d’espoir, mais ne nous emballons pas.

Quels sont les stocks à l’heure actuelle ?

On n’en a aucune idée, justement. Il y aura sans doute un scandale des masques, avec des comptes à rendre sur la raison pour laquelle on a laissé les professionnels de santé sans équipement absolument nécessaire pour prendre en charge les patients. C’est la raison pour laquelle le Grand-Est se retrouve dans la panade. Il ne faut pas reproduire les mêmes effets et distribuer ces produits à ceux pour qui ce n’est pas nécessaire, avec une industrie pharmaceutique qui ne sera pas en mesure de produire. Parce que pour le moment nous parlons localement, mais si le traitement s’avère efficace, l’Italie, mais aussi l’Espagne en auront grandement besoin. L’industrie sera-t-elle capable de produire ? Je ne suis pas chercheur et je n’ai pas ce genre d’information, mais il est indiscutablement nécessaire d’être efficace et ordonné. Pour le moment, les autres antiviraux ne montrent pas l’efficacité de la chloroquine et du zithromax. Laissons les personnes dont c’est le boulot tester le produit.

Quelle est la place pour la médecine de ville ?

Elle doit être associée. On voit arriver des patients peu symptomatiques. Il pourrait être intéressant qu’on puisse le prescrire, pour que les patients en restent là, sans se dégrader, sans finir en réanimation.

Comment expliquer la réserve du ministre de la Santé ?

C’est la réserve que tout médecin doit avoir. Aujourd’hui, nous n’avons aucune recommandation officielle et aucune donnée scientifiquement validée. Quelle est la posologie optimale pour traiter le Covid-19 ? L’expérience du professeur Raoult est une lueur d’espoir pour lutter à armes égales. Mais on ne sait pas encore quelles sont les indications optimales. Il faut tester dans différentes situations. Les résultats à Marseille sont encourageants, il faut multiplier le nombre de cas pour qu’on ait encore plus d’informations. Mais tant qu’on n’a pas l’exhaustivité des retours, il faut être prudent. Il pourrait y avoir des contre-indications, avec certaines pathologies, ou parce qu’on n’a pas assez de stock. Le ministre joue la carte de la responsabilité scientifique : on teste à plus grande échelle et on précise ce que l’on fait. Encore une fois, il n’y a rien d’officiel. Ni de preuve de son efficacité à titre préventif. Mais tout ce qui va nous permettre de lutter contre cette cochonnerie sera bon à prendre.


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