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Cette entreprise monégasque assemble des visières de protection conçues à l'imprimante 3D

L’entreprise Atoms, basée à Monaco, s’est temporairement reconvertie dans l’assemblage de visières qu’elle offre aux professionnels. Des protections imprimées en 3D par un bataillon de volontaires.

Ludovic Mercier Publié le 27/04/2020 à 20:46, mis à jour le 27/04/2020 à 20:47
Les visières (au premier plan) sont assemblées par la société Atoms, en utilisant des pièces fabriquées par des « makers » avec leurs imprimantes 3D. Photo Jean-François Ottonello

Pour se protéger, il y a les masques. Et puis il y a les visières.

Apparues peu de temps après les masques, elles ont l’avantage de ne pas gêner la respiration, et de créer une véritable barrière devant tout le visage. Comme un casque.

À Monaco, la société Atoms, spécialisée dans les équipements pour l’aéronautique, la défense et le ferroviaire, a un peu réorienté une partie de sa production.

"Depuis la fin du mois de mars, nous produisons des visières de protection destinées en priorité au corps médical de la Principauté de Monaco et de sa région", explique Vincent Bovis, son directeur général.

 

Du TER à la visière

On est bien loin des joysticks ou pupitres de commandes habituellement produits pour les TER, par exemple. Pour produire ses visières, il faut un support. Une sorte de serre-tête, sur lequel la visière vient se fixer.

Mais Atoms ne fabrique pas de plastique. Les produits qu’ils vendent habituellement, ils les conçoivent et les assemblent.

C’est donc grâce aux imprimantes 3D de nouveaux partenaires que le fameux support en plastique peut aujourd’hui être fabriqué en nombre.

"Puisque notre capacité d’impression 3D interne est très limitée, de nombreux particuliers et professionnels de la région nous apportent leur aide précieuse, soit en nous prêtant leur machine, soit en les imprimant eux-mêmes à leur frais", précise le directeur général.

 

Pour fabriquer ces objets et pour qu’ils soient vraiment utiles, Atoms n’a pas pioché ses plans n’importe où. "Ce sont des plans validés par le CHU de Brest. Et comme c’est un modèle open source [utilisable par tous, ndlr], nous l’avons adapté pour avoir le meilleur rapport vitesse de production, utilisation de matière, robustesse", précise Fabien Flotte, responsable industriel et méthodes.

"Certains ont pris sur leurs économies"

Ceux qui les fabriquent sont baptisés les “makers”. Ils sont maîtres de conférences à Nice, ou étudiants, et utilisent les imprimantes de l’université. Ou encore simples particuliers et entreprises.

Une formidable solidarité se met en place, dans laquelle chacun apporte l’aide qu’il peut. "Les gens ont parfois pris sur leurs économies pour acheter les matériaux. Certains se lèvent la nuit pour relancer les imprimantes", confie Fabien Flotte.

Une aide qui s’est organisée par le biais d’un groupe Facebook baptisé "Visières solidaires - MC / Est 06 (Monaco & Nice à Menton)", où les professionnels peuvent faire part de leurs besoins, et les particuliers peuvent se porter volontaires.

La difficulté réside souvent dans l’approvisionnement des matières premières. "Grâce à des donateurs comme le Lion’s club ou le Kiwanis club de Monaco, nous avons pu sécuriser un peu d’approvisionnement, mais il y a maintenant des pénuries", confie Fabien Flotte.

 

Ils sont donc bien évidemment ouverts aux dons de bobines en PLA (matière plastique issue de l’amidon de maïs) ou en PETG, mais aussi en films transparents A4 200 microns, les mêmes que ceux utilisés pour les couvertures de rapports reliés, par exemple, ou pour les vieux rétroprojecteurs.

"Juste pour aider"

S’ils cherchent des dons de matériaux, c’est que, bien sûr, les visières sont données gratuitement aux professionnels qui en ont besoin (pas aux particuliers).

Elles équipent des infirmières libérales, des techniciens ascensoristes, des hôtesses d’accueil, des médecins du CHU de Nice ou de l’hôpital La Palmosa de Menton.

Sans aucune contrepartie (ils n’ont même pas cherché à communiquer, c’est nous qui les avons contactés).

"Ce n’est pas notre métier, on n’a jamais eu l’intention de faire de l’argent avec cette activité. C’est juste pour aider, et on arrêtera dès que possible."

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