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"Venez au stade ce week-end". Gareth Wittstock veut faire de la Principauté une terre de rugby

Le président de la Fédération monégasque de rugby incite le public à participer au Louis-II au tournoi de rugby à 7 qui permettra à trois pays de se qualifier pour les Jeux Olympiques.

CEDRIC VERANY Publié le 15/06/2021 à 12:06, mis à jour le 15/06/2021 à 12:09
Gareth Wittstock, président de la fédération monégasque de rugby et Nicolas Bonnet, directeur technique national de la fédération. Photo Jean-François Ottonello

Il montre sur son téléphone la photo de la mascotte officielle du tournoi. Un gabian en marinière. "J’ai du mal à dire son nom, c’est Barbagiuan, c’est comme ça, je prononce bien?", questionne-t-il.

S’il ne maîtrise pas complètement la langue de Molière, Gareth Wittstock a bien intégré les codes et les pratiques de la vie monégasque. Le frère cadet de la princesse Charlène préside la fédération monégasque de rugby depuis septembre 2020. Logique pour celui dont le rugby coule dans les veines sud-africaines.

"Gareth travaille beaucoup pour faire grandir l’image du rugby à Monaco et à l’étranger. On est peut-être la plus petite fédération au monde mais on essaye de se faire un nom dans le monde du rugby", confie Nicolas Bonnet, directeur technique national de la fédération.

 

Les deux font la paire à la tête de l’organisation du tournoi World Rugby Sevens Repechage attendu samedi et dimanche sur la pelouse du stade Louis-II. Ultime porte d’entrée aux Jeux Olympiques de Tokyo pour 22 équipes de rugby à 7.

La variante de ce sport, qui dynamise la discipline et attire de nouveaux spectateurs, est en plein élan de popularité. Et la Principauté a choisi de miser dessus.

Pas facile de monter un tournoi international à l’heure  de la Covid ?
C’est une période difficile, en effet. Mais nous avons derrière nous une équipe superbe pour faire de cet événement une réalité. Je suis sûr que ce sera une réussite. Au départ, le tournoi devait se tenir en 2020, et nous n’étions pas candidats car il y avait des travaux dans le stade Louis-II. Puis quand les Jeux Olympiques ont été décalés, avec Nicolas nous avons discuté de l’idée de finalement candidater. Le souverain, ma sœur la princesse Charlène et le gouvernement ont été d’un soutien majeur à nos côtés. La compétition était prévue au Chili, puis en décembre dernier, les organisateurs ont choisi Monaco. Ils savaient que nous avions l’expérience et les bons réflexes acquis avec le tournoi de repêchage organisé déjà 2016.

La situation sanitaire n’étant toujours pas totalement apaisée, avez-vous envisagé ces derniers mois, l’annulation ?
Pas vraiment. Même si nous n’avions pas pu accueillir de public, le tournoi aurait eu lieu quand même et on l’aurait regardé à la télévision. Il y a quelques jours, le gouvernement nous a donné l’autorisation d’avoir 5.000 spectateurs, c’est un bon résultat. En 2016, nous avions eu seulement 3.000 spectateurs. L’Euro de football se tenait en même temps en France, ça compliquait les choses. Cette fois, nous avons la chance d’accueillir les épreuves masculines et féminines. Et en plus, les équipes françaises de rugby à 7, qui je suis certain, vont nous amener du monde en tribune.

 

Quel est le message pour inciter celles et ceux qui ne connaissent pas la discipline, à venir ce week-end ?
Je leur dis : venez au stade, en famille, entre amis. La Covid nous a enlevés beaucoup de moments de convivialité et le rugby à 7 est un sport spectaculaire. IIs pourront voir 35 matches en une journée [un match est composé de deux mi-temps de 7 minutes, N.D.L.R]. Nous avons également pensé des prix de tickets bas (de 10 à 20 euros). En revanche, je conseille à tous de prendre une casquette et de la crème solaire, parce qu’il va faire chaud !

En tant que président de la fédération monégasque de rugby, pensez-vous que le regard a changé sur la discipline en Principauté ?
Ça avance progressivement. Nous avons le soutien du public, petit à petit les choses vont évoluer. Le rugby à 7 nous aide. C’est un sport devenu très populaire. Les spectateurs sont intéressés, notamment avec cette finalité olympique. Et pouvoir faire participer une équipe monégasque au tournoi Dubai Rugby Sevens, c’est formidable. Cette année d’ailleurs nous aurons notre fidèle équipe masculine des Impis [qui signifie guerrier en langue zoulou, N.D.L.R.] et pour la première fois une équipe féminine, baptisée Umusa, ce qui signifie gentillesse.

Quel est votre objectif  pour la fédération ?
Notre rêve est d’accueillir à Monaco une étape du HSBC Circuit [dix étapes mondiales chaque année d’une compétition internationale de rugby à 7, N.D.L.R.]. Nous avons eu des échanges positifs avec World Rugby à ce sujet, nous avons les infrastructures à proximité des terrains, ce qui est rare. Et nous avons prouvé en 2016 que nous avons l’expertise en Principauté. Nous le prouverons aussi ce week-end.

Le rugby est aussi dans l’ADN  de la Fondation Princesse Charlène dont vous êtes le secrétaire général ?
En effet, il fait partie de notre programme sur le sport et l’éducation qui touche 50.000 enfants. Et c’est une discipline qui signifie beaucoup pour ma sœur et pour moi. Nous sommes une famille fervente supportrice de rugby. J’ai moi-même joué à l’époque du lycée, je me suis blessé et ça a été fini. Mais occasionnellement, ça m’arrive encore d’échanger quelques ballons avec les équipes. J’aime surtout l’interaction de ce sport.

La Fondation Princesse Charlène vient de tenir ses Water Safety Days en Corse. Y aura-t-il cet été, un nouveau challenge en waterbike ?
Non pas cette année, nous voulons garder le rythme des épreuves de waterbike une année sur deux. Mais nous ferons, en septembre, un tournoi de golf avec des célébrités. Et nous serons aussi présents au Pavillon de Monaco pour l’exposition universelle de Dubai.

22 équipes internationales en compétition

L’équation du week-end : 22 équipes, trois tickets pour Tokyo. Elles et ils vont tout donner sur la pelouse du Louis-II pour décrocher leur pass olympique.

Le tournoi de repêchage de rugby à 7 n’offre que deux places pour les douze équipes féminines en compétition. Et une place pour la dizaine de team masculines.

Chez les femmes comme chez les hommes, la France compte parmi les favoris. Le tournoi sera d’ailleurs diffusé sur France Télévisions.

Si les organisateurs savent que l’affiche sportive est belle, c’est l’aspect technique qui complique les préparatifs. "Tous les problèmes que nous rencontrons sont liés à la Covid, souffle Nicolas Bonnet. Ça a été difficile d’avoir des visas pour les pays de la liste rouge comme l’Amérique du Sud ou le Zimbabwe. Ensuite, il faut gérer tout le planning d’entraînement de la semaine, chaque équipe est dans une bulle sanitaire et ne peut pas se croiser."

Si le public peut assister à l’événement, impossible de réitérer la grande fête autour du tournoi comme ce fut le cas en 2016. "On ne peut pas faire tout ce qu’on avait prévu. Il faut assurer le côté sportif, mais on a réduit la voilure sur tout l’aspect festif relationnel, tout comme le programme d’échanges avec les écoles que nous avons dû annuler."

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