Sacrés champions de France, les joueurs du MR7’s vous donnent bientôt rendez-vous avec leur trophée

Sacrés champions de France samedi à Paris, les joueurs de Monaco Rugby Sevens se sont donné rendez-vous en Principauté pour communier avec leurs supporters. Ils rêvent désormais d’Europe.

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Thomas MICHEL Publié le 21/11/2022 à 09:00, mis à jour le 21/11/2022 à 14:03
La photo officielle de l’équipe de Monaco Rugby Sevens avec le prince Albert II, prise dans la Cour d’honneur du Palais princier la semaine dernière. Photo Axel Bastello/Palais princier

La nuit de samedi à dimanche a été courte pour la "famille MR7" qui, dans la plus pure tradition du rugby, a joué la troisième mi-temps jusqu’au petit matin à Paris, pour célébrer le premier titre de champion de France de rugby à 7 de Monaco.

"On avait privatisé un petit bar à la sortie de l’U Arena et on a terminé à l’hôtel vers 4-5 heures du matin. Les proches des joueurs français et belges étaient là et c’était vraiment sympa et très important pour les joueurs de partager cette victoire avec leur famille", confiait ce dimanche à la descente de l’avion Jérémy Aicardi.

La voix un brin éreintée le coach de MR7’s se réjouissait déjà de retrouver tout ce beau monde en Principauté dès que possible. "Le président Falco avait dit que si l’on gagnait il nous inviterait tous à Monaco. [rires] Ce serait vraiment cool de se revoir sur deux jours, faire une belle fiesta et prendre le temps de repartager nos souvenirs, car là tout a été très vite."

Un trophée de 25 kg dans sa mallette

Après avoir vécu douze jours ensemble pour préparer la finale, les joueurs ont en effet pris des chemins différents dimanche matin pour retrouver leurs clubs d’origine. Et laissé derrière eux l’imposant trophée soulevé samedi soir sur la pelouse de La Défense Arena.

"Un transporteur privé doit le ramener à Monaco dans sa mallette. Il pèse 25 kilos!", confie Jérémy Aicardi, qui espère bien partager le lot avec les jeunes de l’école de rugby et les fans avant les fêtes de fin d’année.

 

D’autant que ce trophée n’est pas destiné à prendre la poussière dans une vitrine rappelle le président de Monaco Rugby Sevens, Emmanuel Falco.

"Il reste une année dans le club avant d’être remis en jeu, comme le Bouclier de Brennus en rugby à XV. On a hâte de le ramener au souverain, qui nous a félicités, et de le présenter au public bien sûr!"

Une coupe déjà devenue totem tant elle marque un point de bascule pour ce projet mûri il y a un peu plus de deux, au fond d’un garage, par la charnière Falco-Michalak. "On essaye d’être raisonnable et de passer les étapes au fur et à mesure, et une dynamique est en marche avec sept finales disputées [sur 8 tournois, ndlr] en deux saisons, grâce à un état d’esprit hors du commun dans toutes les strates du club."

La vitrine d’un projet sportif et social

Vitrine du projet MR7’s, la réussite sportive a en effet vocation à être la locomotive d’un projet aussi sportif que social au long cours. L’étroit partenariat avec le rugby à XV et l’AS Monaco de Thomas Riqué a déjà permis de développer les écoles de XV et de VII chez les minots, tout comme de multiplier les interventions auprès des écoles.

 

Sans parler des liens étroits tissés avec le Burkina Faso par l’intermédiaire du légendaire préparateur physique du Stade Toulousain et de MR7’s, Zéba Traoré.

Sous la houlette de Jérémy Aicardi, le projet Monaco Sevens Development a aussi été mis en orbite, permettant d’identifier de jeunes potentiels dans la région et de leur permettre de participer à de premiers tournois comme à Clermont-Ferrand récemment.

Quant à l’équipe fanion, désormais référence en France, elle vise plus haut. "On va savourer l’instant présent parce qu’il le faut et après on va très vite switcher pour préparer la saison prochaine. Et pourquoi pas jouer un jour un championnat d’Europe?", conclut le président Emmanuel Falco, décidément jamais à court de surprises.

La recrue kenyane Alvin Otieno a été décisive sur les ailes samedi. Photo Supersevens - Pressesports & Antoine Saillant.

Jérémy Aicardi: "Un championnat d’Europe des clubs serait en cours de création"

À peine posé le pied sur le tarmac de l’aéroport de Nice, ce dimanche en début d’après-midi, le président Emmanuel Falco avait déjà une idée en tête : engager Monaco en Coupe d’Europe. Une ambition née d’une indiscrétion captée par l’entraîneur, Jérémy Aicardi.

"Un championnat d’Europe des clubs serait en cours de création. D’après mes informations il y aurait une première étape en mai, en Suisse. Puis une deuxième étape en juin, avant une finale qui pourrait être en décembre à Jérusalem."

Un nouveau challenge qui permettrait au Monaco Rugby Sevens de densifier sa saison, pour l’heure scindée en trois tournois estivaux et une finale nationale en novembre. Si plus de rotations venaient à s’imposer dans l’effectif, un noyau dur pourrait aussi émerger pour installer le club dans la durée.

La force de MR7’s ? Souder les talents en un temps record. Photo Axel Bastello/Palais princier.

Une histoire d’hommes

Samedi à Paris, MR7’s a remporté un tournoi de haut niveau en faisant parfois la différence au mental, au sang-froid, sur des détails. Une force identifiée de longue date par les adversaires de Monaco, très respectueux de la manière dont le club a su créer une cohésion, une "famille", en s’attachant les services de joueurs venus de tous les continents. Samedi, onze nationalités ont ainsi soulevé le premier trophée du rugby à 7 monégasque.

"C’est vraiment le plus dur à gérer mais on n’a pas vraiment de secret", témoigne modestement le coach Jérémy Aicardi, qui doit pourtant avant chaque tournoi mettre au diapason une bande « d’inconnus » en quelques jours.

"J’aime à dire que le rugby ne représente que 20 % de notre temps. On essaye d’instaurer de la joie, de la bonne humeur, de partager des plages, des cafés, des repas…"

Au fond, de souder un collectif après avoir judicieusement choisi des individualités pour leurs palettes techniques ou physiques.

"Ce week-end on a pu compter sur Tom Mitchell par exemple, que je connaissais sportivement en tant que capitaine de l’Angleterre. Mais en plus d’avoir des qualités sur le terrain il est surtout très simple et très honnête. Il y a d’autres très grands joueurs que je n’aimerais pas avoir parce que je sais qu’ils ne correspondent pas à notre état d’esprit, à l’identité de notre projet", résume Jérémy Aicardi. Et sans surprise, Tom Mitchell a été l’un des hommes clé du succès samedi.

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