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Monaco découvre le rugby à sept en... fauteuil roulant

Ce samedi en Principauté, la Fédération monégasque de rugby faisait découvrir cette discipline mixte où valides et personnes handicapées peuvent évoluer ensemble sur le terrain. L'inclusion à son paroxysme.

Thibaut Parat Publié le 10/10/2021 à 19:15, mis à jour le 11/10/2021 à 14:30
Dans ce sport, on retrouve tous les fondamentaux du rugby : mêlées, passes vers l'arrière, touches, essais, maul et même drops. Photo Cyril Dodergny

Vu d’en haut, au premier abord, la discipline s’apparenterait presque aux autos-tamponneuses qui sévissent au cœur des fêtes foraines. Les carcasses des fauteuils roulants s’entrechoquent rudement entre elles.

Installés dedans, les quatorze joueurs ne se font guère de cadeaux sur le terrain du lycée technique et hôtelier de Monaco, n’hésitant pas à jouer des coudes (et des roues !) pour se frayer un chemin vers l’en-but. Avant de plaquer le ballon ovale à terre.

Ce samedi, la Fédération monégasque de rugby, en partenariat avec la Fondation princesse Charlène, organisait la découverte d’un sport méconnu : le rugby à 7 en fauteuil, lequel fédère 25 pays membres à travers le monde.

"On retrouve tous les fondamentaux du rugby"

À ne surtout pas confondre avec le rugby-fauteuil [murderball, de son nom initial, ndlr] aperçu aux Jeux paralympiques de Tokyo.

 

"Eux jouent avec un ballon de volley et avec des passes en avant pour marquer. Ce qu’on fait découvrir ici, à Monaco, c’est radicalement différent, tient à préciser Wally Salvan, président de la Fédération internationale de rugby à 7 en fauteuil. On retrouve toutes les règles et les fondamentaux du rugby: des mêlées, des passes vers l’arrière, des touches, des essais, le maul. Et des drops, même si vous êtes amputés des deux jambes."

Sur le terrain évoluent des profils hétéroclites: des valides, des personnes handicapées, des femmes, des hommes, des enfants. Au cœur de la confrontation musclée, on aperçoit même Gareth Wittstock, le frère de la princesse Charlène, jamais le dernier pour aller au contact de l’adversaire. Et même Ioan Tolosano et Bastien Nardi, deux vice-champions d’Europe avec l’équipe monégasque de rugby à 7.

"Dans ce sport, on ne regarde pas qui s’assoit dans le fauteuil. Une maman handicapée peut jouer avec son enfant valide, un frère amputé avec son frère valide. C’est la référence mondiale de la co-inclusion par le biais du sport. Il n’y a pas de sectorisation, pas de classification, pas de quota", argumente Wally Salvan.

"Se retrouver dans cette position ouvre l’esprit des enfants"

Des valeurs qui ont séduit la Fédération monégasque de rugby, désireuse de développer la discipline sous toutes ses formes.

"Plusieurs personnes intéressées nous ont fait la demande, alors pourquoi pas, espère Thierry Danthez, vice-président. Au début, c’est très particulier. Il faut apprendre à manipuler le fauteuil, à reculer, tout en gérant le ballon et le positionnement des partenaires. Les enfants ont aussi participé à cette activité. Le fait de se retrouver dans la position d’une personne handicapée, ça peut leur ouvrir l’esprit. Notre mission est de les faire grandir."

 

Venu en voisin, en tant que bénévole pour le Handisport 06 à Nice, Arnaud Cerruto ne peut qu’approuver l’initiative de promotion.

"Le monde, de façon générale, n’est pas adapté au handicap. Quand on n’est pas concerné par la chose, il y a très peu de moyens mis en place, regrette cet homme, paraplégique après un accident de la route. Tout juste 10 % des personnes handicapées sortent de chez eux et font des activités sportives. Pourtant, le sport devrait être primordial car il permet de sociabiliser, de voir autre chose que l’aspect médical. Alors oui, faire cohabiter les valides et non-valides est une bonne initiative."

Gareth Wittstock, le frère de la princesse Charlène et président de la Fédération monégasque de rugby, a lui aussi essayé cette discipline physique. Photo Cyril Dodergny.

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