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Gérard Barba vraiment prêt à reprendre le flambeau du RCT

Mis à jour le 24/10/2016 à 08:45 Publié le 24/10/2016 à 11:00
Gérard Barba a rétabli quelques vérités, samedi après-midi à Paris. Le potentiel repreneur du RCT a surtout fait le point sur la situation et l’avancée des négociations.

Gérard Barba a rétabli quelques vérités, samedi après-midi à Paris. Le potentiel repreneur du RCT a surtout fait le point sur la situation et l’avancée des négociations. Photo Philippe Dobrowolska

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Gérard Barba vraiment prêt à reprendre le flambeau du RCT

Désormais en négociations exclusives avec Mourad Boudjellal, le potentiel repreneur du RCT qu’on a présenté comme un producteur de cinéma est sorti de sa réserve.

Rattrapé par les fantasmes populaires et les doutes croissants quant à sa véritable surface financière, Gérard Barba est sorti ce week-end de sa réserve. Accompagné de son ami Lucien Simon et de son conseil Benoist Lombart, le possible futur propriétaire du RCT nous a donné rendez-vous dans les salons chics de l’hôtel Le Meurice, rue de Rivoli à Paris.

Gérard Barba, 51 ans, a fait ses premiers pas dans le transport et la logistique en France, son vrai métier. Mais c’est aux États-Unis, où il est parti s’installer voilà déjà une vingtaine d’années, qu’il a fait fortune, non pas dans le cinéma, mais dans le transport et la logistique de produits pharmaceutiques(1). Il a toujours eu le goût de l’aventure et des voyages. Et c’est ce mot «aventure», assorti du qualificatif «humaine», qui continue de guider ses pas aujourd’hui. Dans le cinéma depuis peu, et peut-être bientôt dans le rugby… Pas question, pour l’instant, de tout dévoiler de ses projets, bien sûr. Ni même d’aller plus vite que la musique, même si la tendance est plutôt bonne à ce jour.


1. La vente de sa société (Marken) en 2009 aurait été réalisée au-delà du milliard d’euros.

Pourquoi tant de mystère, Monsieur Barba?
Je n’ai jamais voulu être dans la lumière, ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Je suis un homme d’affaires, j’aime bien faire du business, j’aime les aventures humaines, l’aventure tout court, le challenge. Communiquer sur moi, ce n’est pas intéressant, surtout dans le cadre des affaires où il faut toujours attendre que les choses soient signées avant de parler.

Vous vouliez d’ailleurs attendre que le projet avance avant de communiquer. C’est le cas?
Je lis des choses qui me gênent: le mec qui fait deux films et qui débarque pour acheter Toulon, cela ne fait pas très sérieux. Des informations erronées circulent. On n’a pas finalisé l’opération, mais sur la communication, il y a des erreurs. Je suis effectivement producteur de films, mais ce n’est pas l’origine de ma fortune, et je comprends que «producteur de cinéma» ça puisse faire fantasmer…

Parlez-nous de vos origines?
Mes parents sont andalous, donc je suis latin, mais je suis né à Paris.

Que représentent Toulon et le Var pour vous?
Ce n’est pas ma région mais c’est le Sud. Je ne suis pas Danois. J’adore passer du temps en Espagne et j’aime aussi le sud de la France…
Pour moi, c’est simple. Quand j’ai pensé à relever un challenge dans le sport et dans le rugby en particulier, Toulon s’est imposé comme une évidence. La région, les gens, la ville… J’ai été au stade (voir RCT - Clermont à Mayol et RCT - Montpellier au Vélodrome, Ndlr): il y a un vrai engouement et un vrai public. J’ai passé un peu de temps à Toulon, j’ai visité la ville et j’y ai rencontré Mourad. Moi, je vis aux États-Unis. Je ne suis pas quelqu’un qui allait au stade avant. J’aimais bien le foot, mais je n’allais pas voir le PSG à Paris. Ces dernières années, j’ai découvert le sport US. Les Américains ont tout compris en terme de spectacle. Quand je suis arrivé à Toulon, j’ai été surpris de découvrir que Mourad faisait aussi de bien belles choses. Bien sûr, je savais déjà ce qu’était le RC Toulon mais ma première au stade m’a laissé une forte impression.

Comment se sont déroulés les premiers contacts, et quel rôle a joué Lucien Simon?
Avec Lucien, on avait déjà parlé d’un éventuel projet dans le rugby il y a quatre ans, quand on s’était rencontré dans une soirée chez un ami commun. Il m’avait parlé rugby avec passion et il m’a communiqué sa fibre. Mais en fait, j’étais déjà sensibilisé parce que j’ai travaillé avec Bruce Craig, le président de Bath pendant quinze ans… À un moment, dans la soirée, j’ai demandé à Lucien s’il n’y avait pas un truc à faire dans le rugby en France. Là, il me dit: «Peut-être, faut voir…» Depuis, on s’est appelé régulièrement, on parlait un peu de rugby, on se racontait nos aventures. Et quand il m’a appelé voilà quelques mois pour me dire qu’il y avait quelque chose à faire au RCT, le lendemain j’ai pris l’avion…

Où en êtes-vous après plusieurs semaines de tractations?
C’est en cours. On est en négociations exclusives et on est dans les phases techniques, d’analyse. Nous sommes toujours dans la phase où l’on recueille la documentation juridique et financière des entités qui composent le RCT. Il faut que l’on comprenne bien ce système que Mourad connaît par cœur. Ce n’est pas achevé. C’est pour ça qu’on ne voulait pas communiquer jusque-là. Il nous reste quelques semaines avant d’en finir avec ces travaux.

L’offre porte bien sur l’intégralité des parts de Mourad Boudjellal, soit 51%?
Oui.

Avez-vous donné une «deadline» à Mourad Boudjellal le 15 novembre, comme cela a pu être évoqué récemment dans la presse?
Comme dans tout business, on a une exclusivité pour un temps donné, et il y a une «deadline». Mais ce n’est pas le 15 novembre…

Que pensez-vous de la gestion actuelle du RCT?
Le RCT est un grand club qui a existé avant moi et qui existera après. Ce n’est qu’une aventure humaine pour moi. Ce qu’a fait Mourad est tout simplement extraordinaire. On ne peut rien dire d’autre. Quel président de club peut se vanter d’avoir gagné autant de trophées en si peu de temps? Je veux reprendre le flambeau pour essayer d’entretenir la flamme. Le RCT est là aujourd’hui, et on ira encore plus haut, si l’on peut… Maintenant, c’est à nous de convaincre le plus grand nombre que notre projet sera le meilleur pour le RCT.

Vous avez déjà défini clairement vos objectifs?
On travaille là-dessus. Ce n’est pas encore tout à fait défini. Il faudra mettre les moyens nécessaires pour maintenir le club au top. C’est ça le premier objectif, sinon le challenge n’aurait aucun intérêt. On fera ce qui est nécessaire pour que le RCT soit toujours un des plus grands clubs au monde.

Vous le ferez seul financièrement?
Oui. Mais dans le business, on ne fait pas les choses seul, il faut savoir s’entourer…

Quel était jusque-là votre rapport au rugby?
J’ai évidemment des souvenirs d’enfant. J’ai vécu le rugby à travers l’équipe de France, dans les années 1970, 80. Ce sont des souvenirs forts. C’est Jean-Pierre Rives, Fouroux... : tous ces gens ont marqué mon enfance et mon adolescence. Après, il y a le rugby en général, même si ce n’est pas vraiment dans la culture espagnole. J’ai quelques regrets de ne jamais y avoir joué parce que petit, je n’étais pas mauvais au foot et je pense que j’aurais pu être pas mal aussi au rugby. À la mêlée, bien sûr!

Vous y avez retrouvé des valeurs communes à l’entreprise?
Oui. Il y a beaucoup de parallèles. Mais le rugby, c’est Mourad qui me l’a dit, c’est d’abord «entertainment». Il faut du spectacle. Je pense qu’à Toulon, il y a une vraie identité. C’est un club fort et il va falloir respecter tout ça, avec les associations de supporters, aussi. Il faut que les gens continuent de venir et de vibrer au stade.

Concrètement quel est le calendrier de ce projet?
On est toujours en négociations, mais je pense que Mourad veut finir la saison, c’est tout à son honneur, même si tout est envisageable…

En tant qu’entrepreneur, que pensez-vous des règles très contraignantes du rugby, comme le salary cap par exemple?
Pour moi, le salary cap est quelque chose d’important. On joue à un jeu et on joue le jeu.

Et si tout le monde ne le joue pas?
On fera en sorte qu’ils le jouent… Soit on change les règles, soit on les respecte. Je ne vois pas les choses autrement.

Que pourriez-vous dire pour rassurer les supporters du RCT aujourd’hui, notamment en terme de recrutement? Resterez-vous dans la lignée de Boudjellal si l’opération aboutit?
On fera toujours en sorte de ramener les meilleurs joueurs qu’on peut. C’est sûr. On fera des coups avec ceux qui sont les meilleurs et qui correspondent à l’identité du club. Mais pour moi, la formation est aussi fondamentale. Il faut que Toulon soit capable de sortir des joueurs issus du club et de la région. C’est vital.

Mourad Boudjellal étant en train de prendre le virage, vous comptez vous inscrire dans la continuité?
Absolument.

Mourad prépare encore le recrutement à venir. Cela se fait-il en concertation avec vous?
Ça, c’est la partie de Lucien Simon, et je sais qu’ils échangent régulièrement. Ce qui est une bonne chose, car le plus important est d’assurer la continuité sans temps mort.

On évoque d’autres projets de reprises, venant également des États-Unis mais aussi d’Iran. Cela vous gêne-t-il?
Quand on vient du monde du business, ça fait partie des règles du jeu. Ce sont des codes. On n’en a pas parlé directement avec Mourad mais, sur ce sujet, je suis vraiment imperturbable.

On a évoqué des sommes de 7 à 10 millions d’euros pour la reprise des parts de Mourad Boudjellal. Le niveau de la transaction est-il toujours confidentiel?
Oui.

Quel est votre sentiment aujourd’hui sur l’issue des négociations?
S’il était négatif, on n’en serait pas là. Maintenant, c’est lancé, on va essayer d’aller au bout. Pour communiquer avec la presse, il faut avoir des choses à dire. Aujourd’hui, il fallait parler pour clarifier des choses et parce qu’on se rapproche du but. Il faut préparer tout ça. Le RCT n’est pas n’importe quelle équipe, Mourad n’est pas n’importe quel homme...

Vous semblez quelqu’un de très discret. Vous forcez votre nature aujourd’hui?
J’ai l’air? Non, j’aime bien parler si j’ai quelque chose à dire. Sinon, cela n’a aucun intérêt. Moi, ce qui me plaît, plus que tout au monde, c’est l’aventure humaine. J’aime les challenges. Par exemple, je pilote un avion de temps en temps. Comme tous les enfants qui ont été un peu frustrés, je me rattrape quand j’en ai l’occasion.

Avec de gros jouets?
Non, je n’aime pas les grosses voitures. J’aime les voitures anciennes, il faut que les choses soient patinées. Il faut qu’elles aient une âme.

Contrairement à Mourad Boudjellal, vous comptez rester au second plan si vous devenez le patron?
Je ne serais jamais venu s’il n’y avait pas eu Lucien. Je ne vois pas ce que je viendrais faire seul là-dedans. Moi, je vois très bien comment ça peut fonctionner et encore une fois, je me répète, je ne suis pas quelqu’un qui a besoin d’être devant. C’est à Lucien de parler rugby. Moi, je ne suis pas Mourad.

Comptez-vous développer la marque RCT aux États-Unis comme le souhaite aujourd’hui Boudjellal?
J’en ai parlé avec lui. C’est un peu tôt pour le dire, mais effectivement, j’ai pu constater qu’il y avait du rugby à l’université, et souvent ce sont les mêmes jeunes qui jouent au football américain. Quand vous voyez le nombre de joueurs qui percent en tant que professionnels au foot US, il doit y avoir un bon nombre d’athlètes disponibles pour jouer au rugby. Mourad a raison, il y a la place de créer une nouvelle compétition aux États-Unis.

Avez-vous déjà pensé à un éventuel organigramme?
On n’y est pas tout à fait, mais on y pense… Aujourd’hui, je peux seulement dire que Lucien va diriger. C’est son projet, c’est l’homme de la région…

On ne vous verra donc pas beaucoup au stade?
Je serai beaucoup plus aux États-Unis ou ailleurs qu’en France pour développer mes affaires, mais aussi vivre mes passions… Mais pour tout vous dire, j’ai déjà commencé à chercher un logement à Toulon. La région est magnifique, et pour moi, la mer reste vraiment le top. J’ai habité Miami quatorze ans et je verrai aussi la mer à Los Angeles. Depuis toujours, pour moi, Toulon c’est le rugby et la rade.

Comptez-vous vous inscrire dans le temps avec le RCT?
Je n’ai que 51 ans. Je ne devrais pas mourir demain. Je vais essayer de faire les choses dans le temps. À faire un coup, il y a beaucoup mieux à faire. Je ne suis pas là pour l’argent. Ce qui m’intéresse, c’est l’aventure humaine. Faire partie de quelque chose et avoir un projet en commun. Mais il est évident qu’un jour, il faudra passer la main. Je serai là autant de temps que j’aurai du plaisir à y être, que Lucien sera avec moi, et que les gens seront contents de nous voir. Et si ça ne se passe pas très bien, on se battra. C’est la vie, c’est comme ça…

Gérard Barba (au centre), ici entouré de son conseil Benoist Lombart (à gauche) et de Lucien Simon, l’ancien président du Pays d’Aix rugby à l’initiative du projet, a rétabli quelques vérités, samedi après-midi à Paris. Le potentiel repreneur du RCT a surtout fait le point sur la situation et l’avancée des négociations.
Gérard Barba (au centre), ici entouré de son conseil Benoist Lombart (à gauche) et de Lucien Simon, l’ancien président du Pays d’Aix rugby à l’initiative du projet, a rétabli quelques vérités, samedi après-midi à Paris. Le potentiel repreneur du RCT a surtout fait le point sur la situation et l’avancée des négociations. Photo DR

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