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Plus de 300.000 victimes de pédocriminalité au sein de l'Eglise catholique depuis 1950, estime le très attendu rapport Sauvé

L’Église catholique a manifesté "jusqu'au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l'égard des victimes", a affirmé Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission qui a enquêté sur l'ampleur des crimes commis en son sein.

AFP Publié le 05/10/2021 à 10:15, mis à jour le 05/10/2021 à 10:52
De 1950 aux années 2000, "les victimes ne sont pas crues, entendues, on considère qu’elles ont peu ou prou contribué à ce qui leur est arrivé". Photo AFP

Le rapport Sauvé, dévoilé mardi 5 septembre, estime à 216.000 le nombre de personnes de plus de 18 ans ayant fait l'objet de violences ou d'agressions sexuelles pendant leur minorité de la part de clercs ou de religieux catholiques en France de 1950 à 2020, selon ses conclusions.

Le nombre de victimes grimpe à "330.000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l'Eglise catholique" (aumôneries, enseignants dans les écoles catholiques, mouvements de jeunesse), a ajouté Jean-Marc Sauvé, en rendant publiques devant la presse les conclusions de la commission qu'il préside.

"Ces nombres sont bien plus que préoccupants, ils sont accablants et ne peuvent en aucun cas rester sans suite", a commenté Jean-Marc Sauvé. C'est un phénomène au "caractère systémique", a précisé la commission.

"Indifférence profonde"

Les chiffres cités résultent d'une estimation statistique comprenant une marge de plus ou moins 50.000 personnes, a encore indiqué le président de la Commission indépendante sur les abus de l'Eglise (Ciase). 

L’Église catholique a manifesté "jusqu'au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l'égard des victimes" de pédocriminalité, a-t-il ajouté.

 

De 1950 aux années 2000, "les victimes ne sont pas crues, entendues, on considère qu’elles ont peu ou prou contribué à ce qui leur est arrivé", a-t-il précisé, en rendant publiques les conclusions de ses travaux devant l'épiscopat, les ordres religieux et des responsables d'associations de victimes.

Responsabilité et "réparation"

La commission propose de "reconnaître la responsabilité de l'Eglise", selon ses conclusions rendues publiques mardi. "Le premier (principe directeur recommandé par la commission) consiste à reconnaître la responsabilité de l’Eglise dans ce qui s'est passé depuis les origines", a déclaré son président. 

La commission Sauvé recommande une "réparation" financière pour les victimes.

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