"Mgr Barsi a marqué la vie de Monaco et de ma famille": la réaction du Prince Albert II au décès de l'archevêque émérite

En vacances avec son épouse et ses enfants, le prince Albert II a appris "avec une profonde tristesse" le décès de l’archevêque émérite, dont les obsèques auront lieu le mercredi 4 janvier.

Thomas Michel Publié le 30/12/2022 à 09:20, mis à jour le 30/12/2022 à 06:51
Mgr Barsi accompagnant un déplacement en Corse du prince Rainier III et de son fils, le prince Albert II. Photo archives NM

En vacances avec leurs enfants durant ces fêtes de fin d’année, le prince Albert II et la princesse Charlène ont appris "avec une profonde tristesse et une grande émotion", la disparition "brutale" de Mgr Bernard Barsi. "La Principauté garde le souvenir d’un homme de foi passionné, attaché à la prêtrise et aux valeurs de l’Evangile, qui avait, grâce à sa bienveillance et à son écoute, su se faire apprécier de tous dans le Diocèse", a communiqué ce jeudi le Palais princier.

Quelques heures auparavant, le prince Albert II s’était confié par téléphone à Monaco-Matin, évoquant son affection pour celui qui aura accompagné la vie du pays et de la famille princière pendant plus de deux décennies.

Quel souvenir garderez-vous de Mgr Barsi?

Mgr Barsi a été vingt ans à la tête du Diocèse de la Principauté et ma famille a noué des liens d'amitié et de proximité avec lui. Il a marqué la vie de la Principauté et celle de ma famille, qu'il a accompagnée dans les moments joyeux, comme mon mariage et le baptême de nos enfants, et plus tristes, comme le décès de mon père. C’était un homme toujours prêt à rendre service, au service de la Principauté. Il était humble, profondément humain. Sous des abords d'autorité, il avait une empathie, une jovialité naturelle toute méditerranéenne. C'était un enfant de Nice et des Alpes-Maritimes donc il connaissait bien le caractère et le tempérament des personnes de Monaco et de sa région, il s'est intégré rapidement en Principauté.

C’était aussi un bon vivant avec une certaine bonhomie, un pont entre les générations…

Il avait un caractère très rond, il voulait toujours arranger les choses le mieux possible. Et oui, c’était un bon vivant. Les gens se sentaient naturellement et rapidement en confiance avec lui.

C’est un personnage majeur de l'histoire contemporaine de Monaco…

Oui. Il connaissait les résidents et personnalités de la Principauté avec qui il entretenait d’excellentes relations et il était œcuménique. Il allait à la rencontre des autres dénominations religieuses et chrétiennes. Il aura marqué la Principauté et la région voisine. Le fait que sa dernière messe ait été celle pour les prisonniers à Nice rappelle qu’il avait à cœur de donner de l'importance à des manifestations même plus modestes, d'aider les plus démunis et les gens en difficulté.

Il suivait le travail législatif comme il recevait les syndicats, était-il aussi un conseil politiquement?

Il n’a pas hésité à s’exprimer sur différents sujets de société. Avec la mesure et la retenue qu’il faut, mais il marquait son opinion. Mgr Barsi a fait avancer les choses et accompagné le Diocèse de la Principauté dans toute son évolution. Son autre grande réalisation, c’est la Maison diocésaine. Qu’il a longtemps appelé de ses vœux et qui s’est réalisée. Un endroit de rencontres et de partages sur différentes questions liées à la religion mais également à des thématiques sociétales.

Il était de ses personnes devant laquelle vous redeveniez aussi homme, avant d’être Prince et chef d’État. Un lien de confiance vous unissait?

Il avait ce rôle de confident comme d’autres prêtres peuvent l’avoir dans différentes religions. À un moment, on a d’autres rapports qui ne sont pas toujours tenus par un protocole. Des discussions privées lors desquelles on peut s’exprimer librement. Cela vient au bout de quelques temps mais on arrive à avoir un dialogue ouvert.

Durant des phases plus sombres de votre vie privée ou professionnelle, a-t-il été un guide vers la lumière? Vous a-t-il permis de prendre du recul?

Les personnalités se révèlent dans ces instants, mais j’ai toujours su qu’il savait parfaitement accompagner dans les moments difficiles. Comme apporter sa touche particulière dans les moments joyeux et familiaux. Il avait cette capacité à accompagner.

Il a été aussi diplomate. Quelle a été son importance dans les relations avec le Vatican?

Mgr Barsi avait une parfaite connaissance des personnalités qui font le Vatican, ses entrées comme on dit. Il a pu faire avancer beaucoup de dossiers, sauf malheureusement – et ce n’est pas de sa faute – celui d’une visite du Saint-Père à Monaco. Mais nous ne désespérons pas que cela puisse se faire ces prochaines années. Après moi, il était l’interlocuteur de choix pour le Nonce apostolique et il a contribué à nos bonnes relations diplomatiques.

Le temps est à l’hommage, quelle forme doit-il prendre? C’est un deuil national…

Oui. Je ne peux pas encore vous donner les détails. J’ai pu échanger avec Mgr David et les obsèques auront lieu le 4 janvier en la cathédrale. Nous avons déjà vécu des obsèques d’archevêques mais ils avaient pris leur retraite depuis un certain temps et n’étaient plus dans la région, donc cela ne s’était pas fait en Principauté. Il y aura bien sûr des obsèques solennelles pour Mgr Barsi.

Comment étiez-vous restés en contact depuis sa retraite?

Je le voyais assez régulièrement. Il revenait souvent en Principauté et Mgr David l’invitait quelques fois à cocélébrer des offices. Je l’ai eu au téléphone à plusieurs reprises et il était venu me voir aussi pour une question qui n’était pas directement liée au Diocèse de Monaco. Nous prenions le temps d’échanger de temps en temps.

Les obsèques célébrées ce 4 janvier

Les obsèques de Monseigneur Bernard Barsi auront lieu le 4 janvier, à 10 heures, en la cathédrale de Monaco. La messe des funérailles sera présidée par Mgr Dominique-Marie David et l’accès à l’édifice religieux sera libre.

La messe sera diffusée en direct sur les réseaux sociaux du diocèse de Monaco.

Une Chapelle ardente dressée dès lundi

Comme quelques-uns de ses prédécesseurs dont Mgr Sardou, Mgr Barsi sera inhumé dans le caveau des évêques sous la chapelle du saint Sacrement, comme le veut la règle. Cette inhumation sera dans l’intimité familiale et princière.

Une Chapelle ardente sera dressée et le cercueil sera exposé à la Chapelle de la Miséricorde, en face à la mairie de Monaco, à partir de ce lundi 2 janvier, de 14 à 19 heures, et le mardi 3 janvier, de 9 et 19 heures.

Un registre des condoléances sera mis à disposition durant ces deux jours.

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