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"Tout le monde reprend le travail", fin de la grève entamée il y a 5 jours à Europe 1

Les salariés grévistes d'Europe 1 ont mis fin mercredi à leur mouvement, entamé il y a cinq jours, la direction s'étant engagée à faciliter les départs de ceux qui ne se reconnaîtraient pas dans les rapprochements amorcés avec CNews.

AFP Publié le 23/06/2021 à 19:12, mis à jour le 23/06/2021 à 19:15
Illustration. Photo AFP

"La grève s'arrête mais la mobilisation n'est pas terminée", a affirmé Olivier Samain, délégué syndical SNJ. "On a su alerter à l'extérieur sur ce qui se passait dans l'entreprise en termes de management autoritaire et de craintes de "bollorisation de l'antenne", a-t-il souligné.

"Tout le monde reprend le travail", a indiqué à l'AFP Jean-Gabriel Bourgeois, le président de la SDR d'Europe 1, après "un échange constructif, apaisé" avec Constance Benqué, la présidente de Lagardère News, qui détient la radio.

Inédit par son ampleur, ce mouvement de grève avait été lancé vendredi pour contester la mise à pied d'un journaliste, sur fond d'inquiétudes grandissantes concernant l'avenir de la station.

Ses salariés redoutent de la voir devenir un "média d'opinion" au gré des "ponts" annoncés mi-mai avec CNews, avec qui elle partage le même actionnaire principal, le milliardaire Vincent Bolloré, qui contrôle Vivendi et sa filiale Canal+.

 

Pour ne pas se retrouver sous l'emprise d'une chaîne très à droite, "voire parfois à l'extrême droite", selon les mots de l'intersyndicale et de la SDR, les grévistes réclamaient l'instauration d'une clause de conscience.

Mais ce dispositif, qui permet aux journalistes en désaccord avec un changement de ligne éditoriale de quitter leur média avec des indemnités, n'est juridiquement pas compatible avec le statut d'agence de presse dont bénéficie Europe 1.

La direction s'est toutefois engagée à "ouvrir des discussions" sur un plan de départs aux principes similaires, selon Jean-Gabriel Bourgeois, saluant une "avancée majeure". Cet engagement "n'était absolument pas envisageable il y a encore une semaine", a abondé Olivier Samain, évoquant de possibles négociations "plus approfondies à la rentrée".

Parmi les motifs de déception, la poursuite de la procédure de sanction disciplinaire visant Victor Dhollande, à l'origine de la grève, même si "on a senti une volonté de ne pas l'assommer", selon Jean-Gabriel Bourgeois. Mais aussi le maintien du directeur de l'information, Donat Vidal Revel, objet d'une motion de défiance.

 

Au sein de la rédaction, les prétendants au départ pourraient s'avérer nombreux, estime un journaliste qui a souhaité rester anonyme, rappelant que le plan déjà lancé au printemps attire trop de volontaires pour une quarantaine de postes supprimés.

Bolloré tisse "sa toile"

Car la direction ne s'en est pas cachée, "Bolloré va tisser sa toile", a-t-il ajouté.

Nouvelle émission commune présentée par Laurence Ferrari, "grand-rendez" politique confié à Sonia Mabrouk, arrivée de Dimitri Pavlenko, co-équipier d'Eric Zemmour dans "Face à l'info", à la matinale... Les "synergies" avec CNews ont été officialisées dans la presse lundi par Arnaud Lagardère.

Le patron du groupe éponyme, dont il perdra fin juin le contrôle absolu, à la faveur d'une transformation juridique, l'assure: "Vincent Bolloré est un atout, pas une menace". Et le dirigeant d'invoquer les pertes financières d'Europe 1 (26 millions d'euros en 2019 et 2020), en panne d'auditeurs.

 

Malgré une flopée de soutiens et une forte mobilisation, le mouvement ne s'est ressenti que par à-coups à l'antenne.

Passé sous silence par certains des journalistes remplaçant les grévistes, il a été mis en avant par les humoristes Nicolas Canteloup et Anne Roumanoff, appelant à ne "pas transiger sur la liberté d'expression".

Une liberté aujourd'hui mise à mal, selon l'humoriste Christine Berrou, qui a annoncé sa démission de la station vendredi après la censure d'une blague sur Eric Zemmour.

Chez CNews aussi, on revendique le droit à la "parole libre", à l'instar de Pascal Praud, qui a vivement critiqué ce matin la Une de Libération, consacrée aux inquiétudes des salariés d'Europe 1 sous le titre "le spectre de la bande FN".

"Nous sommes une rédaction qui ne mérite ni insultes, ni amalgames de bas étage", a de son côté tweeté Laurence Ferrari.

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