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Émissions supprimées, démissions, restructuration... Début d'année très mouvementé sur Agora FM

La radio azuréenne fait face à de nombreux changements depuis quelques mois : départ à la retraite de sa directrice d’antenne, restructuration technique et départs de plusieurs bénévoles

claire camarasa Publié le 08/02/2021 à 15:45, mis à jour le 08/02/2021 à 15:46
La dernière rentrée organisée avec tous les bénévoles de la radio associative était en septembre2019, avant la crise sanitaire. (Photo archives Cl. C.)

Ce début d’année 2021 semble mouvementé pour la radio associative de la rue Tracastel.

Si elle n’a pas été épargnée par la crise sanitaire, elle ne semble pas l’être non plus par les différents changements opérés ces derniers mois.

Après 38 années à l’antenne d’Agora Côte d’Azur, Vicky Berardi a pris sa retraite, en septembre dernier, laissant, avant de partir, une grille qui a redémarré, comme chaque année, le 1er octobre. "C’est un départ douloureux et regretté, indique Gilbert Andruccioli, vice-président de la radio. Mais c’est aussi le signal d’une restructuration d’Agora."

Et c’est donc Xavier Fulbert qui a repris la direction de l’antenne, dès le mois d’octobre.

 

Incompréhension chez les animateurs

Après une restructuration technique qui permet, aujourd’hui, de diffuser sur les ondes avec une meilleure qualité, c’est au tour de la grille de programmes de subir quelques modifications. Et cela n’est pas du goût de tout le monde.

"J’ai été réveillé par un appel pour me dire que tout s’arrêtait. Je me suis demandé pourquoi, raconte Basile qui animait l’émission EBNE show. Nous sommes dans une dynamique de changement depuis quelques mois. Pourquoi pas. Le changement n’est pas un problème. Ce qui me dérange, c’est la façon de faire. Mais on est en train de tuer l’esprit radio libre de 1982 et l’esprit d’Agora qui ne sera plus jamais la même."

Basile est arrivé en 1999 sur l’antenne de la radio grassoise. Il y présentait une émission "culturelle alternative ouverte sur la rencontre", comme il aime la décrire.

Même incompréhension pour Géraldine qui présentait Jazz Act et Détours depuis une vingtaine d’années.

"Le changement de ligne éditoriale est radical et brutal, constate-t-elle. J’ai reçu un appel téléphonique m’informant qu’une de mes émissions était supprimée. J’ai alors posté un message sur Facebook pour exprimer mon incompréhension. Et j’ai reçu un autre appel pour me dire que mes deux émissions étaient finalement supprimées. Mon message était surtout de dire que j’étais effondrée qu’Agora perde son âme. Je comprends que l’on veuille insuffler une nouvelle dynamique, mais pas comme ça."

Cette dernière ne comprend pas ce qu’elle considère être comme une sanction. "Agora offrait un espace citoyen où tout le monde avait la parole et une ouverture sur la diversité culturelle, poursuit-elle. Elle était les voix de la différence."

 

Des émissions supprimées et des démissions

Du côté des bénévoles, on annonce une vingtaine d’émissions en moins en ce début d’année. Il en est tout autre du côté de la radio.

"Deux émissions ont été supprimées de notre initiative et quatre autres ont choisi de démissionner alors que leurs émissions étaient conservées, précise Gilbert Andruccioli. La grille lancée en octobre a été modifiée car il y avait des changements qui s’imposaient. Une remise en ordre était nécessaire sur une grille qui avait plus de 25 ans. Nous avons estimé qu’il était bon de rajeunir le format."

À l’annonce du remaniement de la grille, certains ont donc pris les devants et ont choisi de partir. Comme Stéphane, à la tête de l’émission Made in Africa.

"Au moment des fêtes, on nous a annoncé une maintenance technique et une interruption des programmes, explique-t-il. Et puis finalement, certains n’ont donc jamais repris et n’ont même pas pu dire au revoir à leurs auditeurs. C’est un appel sans motif, ni préavis qui les a informés de l’arrêt de leur émission. Ils auraient pu attendre l’an prochain pour changer la grille au lieu de le faire en milieu de saison. J’ai choisi de partir, en soutien aux autres animateurs."

Pour le vice-président, le choix est celui d’une programmation musicale "cohérente et choisie".

"Nous n’acceptons plus les émissions importées, ni celles où il n’y a que de la musique, cela n’a aucun intérêt. Quant aux auditeurs, nous n’avons interdit à personne de leur dire au revoir", conclut-il.

 

Magali Conesa Mozin a pris la présidence d’Agora Côte d’Azur en 2019, succédant à Gilbert Andrucciolli qui occupe actuellement la vice-présidence.

"Agora a vécu de plein fouet le départ de Vicky Berardi qui était un pilier très important et qui avait tissé des relations très proches avec les bénévoles. Il a donc fallu continuer après elle, explique la présidente. Il est vrai que le confinement nous a éloignés les uns des autres. Il nous a éloignés physiquement avec les bénévoles puisqu’il n’y avait plus d’émission à la radio, mais aussi avec les auditeurs. Avec l’arrivée de Xavier Fulbert, il y a eu une restructuration technique où nous avons travaillé sur notre qualité de diffusion et d’écoute. Cela nous a beaucoup mobilisés. Dans le lot, il y a forcément des personnes insatisfaites du changement. Mais on ne peut pas faire du Vicky sans Vicky. Nous avons notre part d’erreur car nous n’avons peut-être pas été assez proches et nous n’avons pas eu le temps d’expliquer les choses. Le plus important est de garder un respect mutuel."

Des formats plus courts

Désormais, trois animateurs rythment la journée, un le matin, un le midi et un le soir. "Nous sommes partis sur des formats plus courts et un technicien est toujours présent dans le studio, poursuit-elle. Nous avons revu la grille avec des plages aménagées en fonction des animateurs avec de petites chroniques. Nous ne voulons plus d’émissions de playlist et de musique sans acteurs locaux. «

Magali Conesa Mozin a pris la présidence d’Agora Côte d’Azur en 2019. (Photo P.L.).

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