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Les élèves unis contre la haine au lycée Curie

Mis à jour le 20/03/2019 à 10:13 Publié le 20/03/2019 à 10:13
Classe de 1e L, micro lycée, membres du groupe « Jardin de la Paix », l’ensemble des élèves ayant visité le camp des Milles en décembre dernier était présent, hier, pour l’inauguration de l’exposition au CDI du lycée Pierre et Marie Curie.

Classe de 1e L, micro lycée, membres du groupe « Jardin de la Paix », l’ensemble des élèves ayant visité le camp des Milles en décembre dernier était présent, hier, pour l’inauguration de l’exposition au CDI du lycée Pierre et Marie Curie. ... A.R.

Les élèves unis contre la haine au lycée Curie

Dans le cadre de la Semaine contre le racisme et l’antisémitisme, le CDI de l’établissement accueille une petite expo réalisée par des lycéens après leur visite du Camp des Milles, en décembre

Après leur visite du Camp des Milles en décembre dernier (un camp d’internement et de déportation français, ouvert en septembre 1939 dans une usine désaffectée), des élèves de 1e L, du micro lycée et du groupe « Jardin de la Paix » au lycée Pierre et Marie Curie ont été sollicités pour parler de leur expérience, leur ressenti. En vue de l’afficher aux yeux de tous dans le CDI de l’établissement - lors de la Semaine contre le racisme et l’antisémitisme - avec des photos comme support.

Tenue de déporté, cœur percé englobant la mention « la liberté, la vie, la paix », wagon conduisant les Hommes vers leur (triste) destinée, cheminée, cabaret de fortune, couloir sordide…

Des images illustrant tantôt l’horreur vécue par les déportés, tantôt le témoignage de leur pulsion de vie.

Des images et souvenirs que les adolescents décrivent avec leurs mots.

« L’air était dur à respirer »

« Il est horrible de savoir ce que les gens peuvent faire à d’autres personnes sans aucune raison valable et, malheureusement, c’est encore actuel de nos jours, même si c’est présent dans d’autres circonstances », résume-t-on ainsi sur l’une des affiches. « On peut imaginer à quel point il était horrible de vivre là, en attendant d’avoir une vie normale de nouveau, en entendant les gens pleurer », commente-t-on quelques centimètres plus loin. Tandis que le texte d’une élève axe davantage sur son propre affect. « Je me suis sentie bizarre quand j’étais là-bas. L’air était dur à respirer, il était lourd. Je n’arrivais pas à m’imaginer en train de dormir et de vivre ici pendant longtemps. Je n’avais jamais vraiment réalisé que cela s’était vraiment passé (...) vous ne comprendrez jamais avant de vraiment le voir de vos propres yeux. »

Les futurs adultes se montrent également admiratifs, fascinés par la foi qui habitait ces hommes et femmes. « Malgré toutes les choses terribles auxquelles les déportés devaient faire face, malgré cette fatalité dont ils étaient les victimes, ils ne perdaient pas espoir. Ils espéraient pouvoir un jour être libres », peut-on ainsi lire. Non loin d’un commentaire du même acabit : « Nous avons compris qu’en dépit des difficultés de la vie, nous devons nous relever. Nous devons ouvrir nos cœurs pour que la lumière s’y introduise, rester fidèles à nos convictions. »

L’originalité de cette démarche, c’est que les commentaires se présentent dans diverses langues. Le français, bien sûr, mais aussi l’anglais, l’espagnol, l’italien, le portugais, le russe, le bulgare, le néerlandais, le serbe ou le slovaque. « L’exposition se devait d’être internationale ; la haine aussi est globale », souligne Florence Lagache, la professeur à l’initiative de ce projet. Précisant que l’exposition se décline en fait en trois parties : le vécu des élèves après cette expérience marquante, la présentation du groupe Jardin de la Paix (qu’elle dirige), ainsi que des explications sur qui était Ilan Halimi - les élèves du groupe en question ayant récemment reçu un prix national portant son nom.

« On sait comment devenir ambassadeur en politique, mais comment devenir ambassadeur de la paix ? Il n’y a pas vraiment de recette, enchaîne l’enseignante. Il faut trouver un chemin pour combattre les préjugés, le racisme, la haine face à la différence de l’autre. »

Sa propre solution s’est matérialisée par l’inauguration du Jardin de la Paix, au milieu des oliviers du Pian. « C’était un aboutissement, mais aussi un commencement. Car il s’agit là d’un combat de tous les jours », conclut-elle. Félicitée par le proviseur du lycée, Dominique Ramo, qui indique de son côté que l’exposition sera « travaillée et partagée » auprès des autres élèves de l’établissement. Dans le but de « défendre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ».

Apostrophant tous les adolescents ayant contribué à l’exposition, le maire, Jean-Claude Guibal, assure pour sa part que « c’est par l’Histoire que vous parviendrez à comprendre ce qui détermine nos pensées, nos comportements, nos actes. La haine surgit quand une société est déséquilibrée. Merci infiniment à vous, continuez à vous renseigner et à avoir de l’empathie… même si l’être humain est parfois insupportable ! ».

Un impératif catégorique que deux membres du groupe « Jardin de la Paix » ont déjà bien compris. « Le Camp des Milles doit être visité par toutes les jeunes générations. Pour prendre conscience des faits établis, réfléchir sur les questions actuelles, construire notre futur, éradiquer tout type de haine. »

Et cette quête permanente d’un quotidien pacifique, elles l’ont toutes deux expérimenté au sein du groupe.

« On a su s’entraider, se mélanger, malgré nos religions et nos origines différentes. Preuve que la paix peut exister. Elle est réelle… »

L’exposition se décline en trois parties.
L’exposition se décline en trois parties. Jean-François Ottonello

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