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Séropositive, cette Varoise a été discriminée par un médecin, la Justice vient de lui donner raison

Mis à jour le 21/04/2021 à 18:54 Publié le 21/04/2021 à 18:50
Martine Fyferling vient de faire reconnaître la discrimination dont elle a été victime.

Martine Fyferling vient de faire reconnaître la discrimination dont elle a été victime. Photo Philippe Arnassan

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Séropositive, cette Varoise a été discriminée par un médecin, la Justice vient de lui donner raison

Estimant avoir été mis au ban par un docteur par le simple fait de sa maladie, Martine Fyferling, habitant Fréjus mais résidant à Cavalaire à l’époque, a décidé de porter l’affaire devant l’Ordre des médecins... et a eu gain de cause.

On a tous en tête les discriminations subies par l’avocat Andrew Beckett, joué avec brio par Tom Hanks dans Philadelphia, sorti en 1993.

Un film tellement vu et revu dans nos petites lucarnes qu’on pourrait facilement reléguer le phénomène à l’histoire ancienne. Mais il n’en est rien. Et Martine Fyferling, Fréjusienne de 67 ans, séropositive, tient à le faire savoir.

En mai 2018, alors Cavalairoise, elle "cherche un médecin traitant spécialisé dans l’homéopathie". Elle frappe ainsi à la porte du docteur L., officiant à La Croix-Valmer, qui la reçoit à son cabinet.

"Avant même de m’asseoir, je lui ai précisé que j’étais cancéreuse depuis 1992 et atteinte du VIH depuis 2000", souligne-t-elle.

Pourquoi? "Par respect, mais aussi pour m’éviter d’éventuelles discriminations en cours de traitement. Ça m’est déjà arrivé de le dire alors que j’étais sur la table du dentiste... celui-ci m’a alors prié de sortir de son cabinet séance tenante."

"Les discriminations, je les croyais terminées"

Néanmoins, Martine pensait que ce genre de réactions appartenait au passé.

Ce pourquoi elle fut bouleversée lorsque, sans crier gare, le docteur L. a refusé de lui accorder un second rendez-vous. "Elle m’a dit: “Vous comprenez, ceci est mon habitation personnelle, je ne peux donc vous recevoir". Pourtant, le sida ne se transmet pas d’un simple regard, ni même d’une poignée de main."

Les médecins sont bien placés pour le savoir... mais rien à faire. "Je croyais les discriminations terminées, cette fois a été celle de trop. Qui plus est par un docteur. J’ai appelé Sida info service qui m’a conseillé de saisir le Défenseur des droits. Au début, ça me faisait peur. Aller en justice me faisait peur. Je ne suis pas habituée... mais l’association Aides m’a soutenue. J’ai compris que je ne pouvais plus passer ces comportements sous silence."

Martine reprend son dossier et poursuit: "En juillet, le Défenseur des droits sollicite Madame L. pour avoir sa version des faits, mais n’a pas eu de réponse. En septembre, l’Ordre des médecins n’a également pas eu de réponse à son courrier".

Puis, une lettre de Madame L. finit par lui être transmise via l’Ordre. "Elle arguait qu’il lui restait quelque appréhension autour du VIH datant des premières années de recherche où elle avait lu dans une revue médicale que certaines personnes avaient été contaminées sans aucun facteur de risque", fulmine la sexagénaire.

"Que les autres victimes ne restent pas muettes"

Martine finit par obtenir une audience devant le conseil de l’Ordre en février 2019. "Ni la docteur ni son avocat n’étaient présents", se souvient-elle. Le conseil renvoie donc son dossier à la chambre disciplinaire.

"Vivant sous le seuil de pauvreté, j’ai pensé à un moment que je ne pourrais continuer." Et puis avec l’aide juridictionnelle et le soutien d’Aides, elle rencontre une avocate qui accepte de la défendre en renonçant à une partie de ses honoraires.

L’audience a lieu le 18 décembre dernier. "On ne m’a demandé si je pensais qu’on pouvait me guérir du sida avec de l’homéopathie. Ce n’est bien évidemment que pour de petits rhumes que j’ai voulu faire appel à une homéopathe, et non pour traiter le sida", rit, jaune, Martine. "Le pire a été quand l’avocat du docteur L. a souligné que ma séropositivité m’avait rendu émotionnelle et que j’avais surréagi aux événements. J’ai dû serrer les poings pour me tenir tranquille."

Le verdict tombe le 10 janvier dernier: la chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins note "que le médecin mis en cause a déclaré à la plaignante qu’elle craignait le virus HIV". Le docteur L. écope d’un avertissement.

"Ca n’a l’air de rien et je n’ai pas obtenu quelque somme d’argent que ce soit, mais j’ai ressenti un grand soulagement. Cette décision est gravée dans le marbre et j’espère qu’elle incitera tous ceux qui victimes de discrimination à ne plus passer ces actes sous silence."

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