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Vote par procuration : le sursaut citoyen

Mis à jour le 11/12/2015 à 05:14 Publié le 11/12/2015 à 05:14
Au commissariat Foch, à Nice, on s'est bousculé depuis lundi, pour pouvoir voter par procuration.

Au commissariat Foch, à Nice, on s'est bousculé depuis lundi, pour pouvoir voter par procuration. Franck Fernandes

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Vote par procuration : le sursaut citoyen

L'entre-deux-tours des élections régionales anime sensiblement les bureaux de police et de gendarmerie où l'on peut encore désigner un mandataire pour le vote de dimanche

Si la participation s'est améliorée de presque 10 points par rapport aux régionales de 2010, près d'un électeur sur deux ne s'est pas déplacé le week-end dernier. Ou n'a pas fait le nécessaire pour désigner un proche s'il avait un empêchement. Les scores du Front national, dans le département et au niveau national, ont provoqué une onde de choc. Une prise de conscience qui se traduit depuis lundi par un rush des demandes de procuration auprès des commissariats de police, gendarmeries et tribunaux du département.

« Lundi, mardi et mercredi, ça a été incroyable » commente le brigadier-chef Céline Dumoitier. Au commissariat Foch de Nice, c'est son service qui a fait face à un afflux « sensible » de votants qui ne pourront se rendre aux urnes ce dimanche. Empêchement professionnel, malades ou en déplacement. Ou encore, comme Guillaume (lire ci-contre) qui fait ses études à Nice mais qui est demeuré enregistré sur les listes électorales… En Vendée.

800 demandes en trois jours

Le fameux sursaut citoyen donc. Il se traduit en chiffre dans le centre de Nice : « 800 demandes de procurations en trois jours. Et on peut se manifester jusqu'à samedi 18 heures pour les votes à Nice. Après, pour l'extérieur, tout dépend des délais de la Poste », poursuit le brigadier-chef Dumoitier. « Sur les 800 demandes, 250 concernent des Niçois qui ne pourront pas voter ce dimanche. Les autres, ont désigné des mandataires extérieurs ».

Au service des élections de la ville de Nice, on a déjà recensé 500 procurations (dont les 250 du commissariat Foch, N.D.L.R.) dans le même laps de temps. « Au premier tour, on a atteint 1 880 procurations » précise-t-on encore du côté de la rue Ribotti. « C'est plus que lors des dernières élections départementales en février dernier. Mais c'est un peu moins que pour une municipale ou une présidentielle. »

À Antibes aussi on s'est pas mal activé ces derniers jours. Le service des élections de la cité Vauban a enregistré 353 procurations au premier tour. « Ce qui est assez habituel chez nous. Ce qui l'est moins, ce sont les 137 depuis lundi. En général nous avons très peu de modification entre les deux tours ».

Un effet barrage au Front national ? Si aucun des services contactés ne se lance évidemment dans l'analyse, ce n'est pas le cas des gens croisés en sortie de bureau.

Comme à Grasse où, sur les 301 procurations délivrées pour le premier tour, compte celle de cet infirmier qui savait ne pas pouvoir voter lors des deux tours. Et qui a donc passé consigne auprès de son fils pour voter « utile ».

Des procurations grassoises qui grimpent de 398 unités depuis lundi. « C'est tout de même très bas », indique-t-on en mairie. « En 2012, pour les deux tours de la présidentielle, nous avions enregistré 2 000 procurations ».

Au Cannet aussi la mobilisation bat son plein. Pour le second tour, 266 procurations ont été reçues en mairie. Plus qu'au premier tour, avec 210.

À ce rythme-là, la participation devrait donc continuer à grimper. Intéressant lorsque l'on sait (lire par ailleurs) que l'élection se jouera dans un mouchoir de poche. Les voix obtenues par procuration pourraient donc peser lourd.

Eric Ciotti : « Dimanche, nous avons rendez-vous avec notre histoire » 

F. V.

On aura assez peu entendu Eric Ciotti durant cette campagne régionale. Et pour cause. Le président du Département, un temps pressenti pour conduire la liste des Républicains avant que Christian Estrosi ne soit finalement retenu, se trouvait de fait placé dans une position délicate le contraignant à une relative discrétion.

Dans cette dernière ligne droite où la menace d’une victoire du Front national apparaît plausible, le député azuréen tient néanmoins à peser de tout son poids sur l’issue du scrutin.

« J’appelle à la mobilisation générale. La victoire de Christian Estrosi est indispensable pour l’avenir de notre région. J’invite tous ceux qui ne veulent pas voir son avenir assombri par une présidence FN à se rassembler. »

Eric Ciotti dramatise l’enjeu : « Je veux solennellement alerter tous les habitants du département. Ce qui se jouera dimanche sera décisif. Nous avons rendez-vous avec notre histoire. Si la région Paca basculait aux mains du Front national, c’est toute une partie de notre histoire, de notre culture et de notre identité qui serait rayée de la carte internationale. »

Le président du conseil départemental azuréen se dit néanmoins confiant en la victoire de Christian Estrosi : « Le fait qu’un succès du FN soit aujourd’hui possible semble avoir modifié les comportements cette semaine. On sent une mobilisation pour l’empêcher et notamment un réflexe fort de front républicain qui paraît se dessiner à gauche. »

La polémique : en quoi consisterait l’Institut pour l’écologie d’Estrosi?

C’est l’une des polémiques de la semaine : l’Institut pour la qualité de la vie et l’écologie dont Christian Estrosi a promis la création à Jean-Marc Governatori, le leader de l’Alliance écologiste indépendante (crédité de 4,05 % des suffrages au premier tour) qui lui a apporté son soutien.

Marion Maréchal-Le Pen a dénoncé un « achat de voix », stigmatisant le coût de cet organisme, qui s’élèverait à 30 millions sur six ans.

Jean-Marc Governatori lui a répondu hier, soulignant d’abord que « cela ne représenterait que 0,2 % du budget de la Région, ce qui est peu pour l’emploi et la santé de la population. »

Il a ensuite et surtout détaillé son projet. L’Institut pour l’écologie se déclinerait en quatre sections : « Une section économie pour aider des microprojets liés à l’environnement au sens large; une section agriculture pour redévelopper de petites exploitations vivrières; une section dédiée aux cahiers de doléances qui seront placés dans les services publics et une section santé pour booster l’agriculture bio et proposer une option végétarienne quotidienne dans chaque cantine publique. »

Avant de voir le jour, cet Institut devrait évidemment faire l’objet d’un vote favorable de la future assemblée régionale. « La philosophie générale, conclut Jean-Marc Governatori, étant d’amener à une participation des citoyens, sur le principe des comités de quartier, avec la création en six ans de mille groupes locaux de transition. »

Le centre rassemblé derrière Christian Estrosi

Si besoin était, les partis du centre ont tenu à faire savoir hier qu’ils se serrent tous les coudes derrière Christian Estrosi. À la permanence UDI de l’avenue Jean-Médecin à Nice se sont retrouvés, autour du député Rudy Salles, quelques élus UDI, les responsables du Modem Fabien Bénard et Jean-François Fouqué, ainsi que Patrice Miran, représentant de l’Alliance écologiste indépendante qui a appelé lundi à voter pour Estrosi.

Le message a été limpide : « Christian Estrosi est celui qui rassemble les républicains et les démocrates. Tout le monde doit se mobiliser derrière lui pour battre le Front national », a résumé le patron de l’UDI Rudy Salles.

L’adjoint au tourisme niçois a tenté de rallier plus largement encore au panache bleu azur du maire de Nice en évoquant le conseil consultatif que ce dernier entend mettre en place s’il est élu : « Ce conseil permettra aux candidats qui ont été éliminés au premier tour de faire malgré tout entendre leur voix et valoir leurs idées. Christian Estrosi est vraiment celui qui incarne la politique de la main tendue. »

Fabien Bénard, lui, a pris acte du message des électeurs : « Il y a des pratiques politiques qui doivent évoluer. Nous y répondrons », a-t-il indiqué, avant d’inviter « tous ceux qui ont en partage l’héritage républicain à voter pour Christian Estrosi. »

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