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Une vague écolo en vue pour les élections municipales

Mis à jour le 19/02/2020 à 14:01 Publié le 19/02/2020 à 12:00
La candidate écologiste à la mairie de Villeurbanne, Béatrice Vessiller, le 23 janvier 2020 dans sa ville

La candidate écologiste à la mairie de Villeurbanne, Béatrice Vessiller, le 23 janvier 2020 dans sa ville AFP/Archives / ROMAIN LAFABREGUE

Une vague écolo en vue pour les élections municipales

Nourrie par d'excellents sondages, l'hypothèse d'une vague verte inédite déferlant sur les élections municipales de mars se renforce. Mais pour décrocher des mairies, les candidats Europe Ecologie Les Verts savent qu'ils doivent soigner leur crédibilité.

"Ca donne le vertige": les cadres et candidats du parti, ces dernières semaines, sont parfois incrédules face à une situation nouvelle pour EELV.

Alors que tous les partis ont verdi leur discours, le dernier sondage à faire tourner les têtes concerne Bordeaux. L'avocat Pierre Hurmic est passé de moins de 20% il y a quelques mois à 33% d'intentions de vote la semaine dernière, talonnant l'héritier d'Alain Juppé Nicolas Florian (34%).

Pour expliquer cette dynamique, Pierre Hurmic évoque auprès de l'AFP les pics de chaleur dans une ville "à l'urbanisme très minéral" et le "retard accumulé" en matière d'écologie par la municipalité.

Mais le contexte est aussi favorable dans de nombreuses grandes villes, après des élections européennes où l'électorat urbain avait déjà plébiscité le bulletin EELV. Près d'un électeur sur deux (45%) envisage la possibilité de voter pour une liste du parti dans les villes de plus de 10.000 habitants, selon une enquête publiée le 7 février.

A Strasbourg, Jeanne Barseghian, soutenue par le PCF, est donnée gagnante au second tour avec 40% des voix en cas de soutien du PS. La juriste de 39 ans est méconnue mais bénéficie de l'étiquette EELV, la seule à être attractive en cette période de défiance contre les partis.

La candidate souligne la nécessité de ne pas se reposer sur ce sésame en écologie et rappelle que sa liste est composée en majorité de militants non encartés. "Mobilisations citoyennes, dans les entreprises (...). Ce qui fait la force de ce mouvement de fond est le fait qu?il sorte des cadres établis".

Son opposition à une autoroute de contournement et le ras-le-bol de Strasbourgeois particulièrement exposés à la pollution semblent également jouer.

"Baronnies"

Pierre Hurmic, candidat écologiste à la mairie de Bordeaux, en campagne le 9 février 2020
Pierre Hurmic, candidat écologiste à la mairie de Bordeaux, en campagne le 9 février 2020 AFP / GEORGES GOBET

Mais plus que la simple contestation, les candidats EELV entendent incarner l'alternative. Contrairement au "discours de lutte de La France insoumise, nous c'est Bordeaux apaisée: la transition se fera avec les habitants, on ne passera pas en force", confie Pierre Hurmic.

"On parle de transition et non de révolution, on ne capitalisera pas sur les peurs", abonde Sabrina Sebaihi, qui avec le soutien de LFI et du PS se présente à Ivry-sur-Seine contre les communistes, aux manettes depuis des décennies.

Les écologistes doivent aussi combattre leur image traditionnelle, qui les cantonne parfois "aux arbres et aux pots de fleurs", note Mme Sebaihi. Elle revendique ainsi son expertise sur la sécurité, préoccupation centrale pour ces élections municipales. C'est aussi une priorité déclarée de Béatrice Vessiller à Villeurbanne et d'Agnès Langevine à Perpignan.

La crédibilité est élevée au rang de vertu cardinale par le leader écologiste Yannick Jadot, qui veut attirer les électeurs déçus d'Emmanuel Macron. S'il partage cet objectif, Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV, a d'autres références en tête lorsqu'il évoque "le socialisme municipal, sauce écolo".

Le spectre des remous internes jalonnant l'histoire du parti a d'ailleurs refait surface à Montpellier, où la tête de liste Clothilde Ollier a été désavouée par la direction nationale.

Pas de quoi briser la vague EELV, qui entraîne derrière elle la gauche plus ou moins unie à Besançon, Bordeaux, Strasbourg ou encore Toulouse, et creuse son sillon seule et sans sciller à Marseille, Nantes ou Lille.

Paul Vannier, en charge des municipales à LFI, ne cache pas son amertume: "On soutient parfois des têtes de liste EELV, mais la réciproque est beaucoup moins vraie..." Il critique un parti qui a selon lui surtout pour objectif "de constituer le plus grand nombre de baronnies locales et de devenir un parti d'élus locaux".

Un élu communiste espère pour sa part que les écologistes "ne finiront pas comme les socialistes" et "auront assez d?intelligence pour considérer que ce n'est pas parce qu?ils sont la force dominante qu?ils doivent être les premiers" de liste à tous les scrutins.


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