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Une seule liste aux élections nationales serait historique à Monaco

De mémoire de Monégasques, on n’a jamais vu ça! Les prochaines élections nationales pourraient bien ne présenter qu’une unique liste d’"union nationale".

Joëlle Deviras Publié le 01/08/2022 à 08:33, mis à jour le 01/08/2022 à 13:29
En février2018, Stéphane Valeri, ici avec sa fidèle de toujours, remportait les élections nationales avec près de 58% des suffrages. Photo archive Jean-François Ottonello

Est-ce un désintérêt pour la politique comme on le constate dans tous les pays d’Europe? Une trop grande difficulté à faire face à un président sortant qui cumule vingt ans d’expérience à la tête du Conseil national et qui garde une cote de popularité exceptionnelle? Une volonté commune de ne plus vivre les tensions des dernières élections nationales? Un peu ou beaucoup de tout cela à la fois?

Toujours est-il qu’à six mois de la prochaine échéance électorale, personne – mais absolument personne – ne pointe le bout de son nez pour contredire un tant soit peu le travail du président Stéphane Valeri. Même pas ses opposants d’il y a cinq ans – Béatrice Fresko (Horizon Monaco) et Jean-Louis Grinda (Union monégasque) – tous les deux prêts à rempiler pour cinq ans… mais au côté de l’incontesté leader de la politique monégasque.

Quasiment pas d’opposition depuis 2018

Après les joutes verbales de la campagne de 2018, et sauf quelques échanges enlevés en début de mandature – par Jean-Louis Grinda notamment –, les deux têtes de listes de la minorité n’ont pas marqué d’opposition à la politique voulue par la majorité et elles sont aujourd’hui tentées de vouloir garder chacune leur fauteuil de conseiller national sans prendre d’égratignure, portées par une liste d’"union nationale".

Si une unique liste devait se présenter, de mémoire de Monégasques, on n’a jamais vu pareille monotonie. C’est historique!

 

Nous sommes remontés jusqu’en 1963: il n’y a jamais eu une seule liste en lice. À noter toutefois qu’en 1988, un indépendant – René Giordano – se lançait dans la course, seul contre tous – la loi électorale le permettait alors – face à l’indéboulonnable Jean-Charles Rey, leader de la liste d’"Union nationale et démocratique".

Tiens donc: "union nationale", encore…

Dans le sillage de
Jean-Charles Rey

"Stéphane Valeri, c’est le nouveau Jean-Charles Rey", lance un observateur de la vie publique locale. On se rappelle, fin 2017, les propos de Charles-Henri Rey, petit-fils de l’ancien emblématique président du Conseil national, lors d’un meeting de Primo!: "Mon grand-père a su très tôt repérer Stéphane Valeri." Et Stéphane Valeri lui-même a souvent fait publiquement référence à celui avec lequel il a démarré en politique, comme lorsqu’il fut décoré chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur par l’ex-président de l’Assemblée nationale française Jean-Louis Debré ou lors de son discours d’investiture en 2018: "Jean-Charles Rey a été un véritable modèle pour moi."

Mêmes idées, même liste

Mais qu’est-ce qu’une liste d’Union nationale aujourd’hui? Président et anciens opposants évoquent la crise sanitaire et la nécessité de se serrer les coudes. On veut bien croire à l’unité dans les moments difficiles; mais la mandature, y compris ces deux dernières années, n’a pas été faite que de Covid.

 

Les quinze propositions de lois votées depuis quatre ans et demi ont ratissé large tous les champs de la vie politique (logement, économie, social, sociétal, technologies, finances...). Dans l’hémicycle, le débat d’idées fut bien peu contrasté entre conseillers. Béatrice Fresko et son collègue Jacques Rit ainsi que Jean-Louis Grinda se sont toujours rangés à l’avis de la majorité Primo!; exception faite de la proposition de loi relative à la sauvegarde et à la reconstruction des locaux à usage d’habitation relevant de la loi n° 1.235 pour laquelle Béatrice Fresko a voté "contre" – à noter également que Jean-Louis Grinda a été absent pour un tiers des propositions votées.

Quelles idées-forces distinguent les trois listes aujourd’hui représentées dans l’hémicycle? Quasiment aucune. La couleur politique des élus forme le plus souvent un tout monochrome.

Alors oui, l’exercice démocratique se satisfait mal d’une seule liste pour des élections. La campagne, sans opposition, manquerait forcément de piment. Elle aurait toutefois l’avantage de ne pas attiser les haines et les coups bas comme ceux qui ont sévi en 2013 et, dans une moindre mesure, en 2017.

C’est déjà ça de gagné.

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