Une nouvelle étape dans le dossier européen

Vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic est en visite aujourd’hui à Monaco. Une étape cruciale dans le cadre des négociations d’un accord d’association entre Monaco et l’Union Européenne. Le conseiller-ministre Isabelle Berro-Amadeï dresse les enjeux.

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Propos recueillis par Julie Baudin Publié le 27/09/2022 à 20:30, mis à jour le 27/09/2022 à 20:12
Isabelle Berro-Amadeï en charge des Relations extérieures et de la Coopération accueillera ce mercredi matin Maros Sefcovic, le vice-président de la Commission européenne. Le but: une visite guidée de la Principauté pour lui faire prendre conscience des spécificités du pays. (Photo Michaël Alesi/Dir.Com)

À compter d’aujourd’hui, la Principauté accueille Maros Sefcovic, le vice-président de la Commission européenne.

Début 2022, la Commission européenne a transféré la charge de la négociation du service européen pour l’action extérieure au Secrétariat général de la Commission européenne.

Une nouvelle équipe européenne de négociation a été composée, pilotée par Martinez Alberola. La Commission a aussi désigné un "interlocuteur politique" en la personne de Maros Sefcovic, vice-président de la Commission.

On fait le point sur l’importance de cette visite avec Isabelle Berro-Amadeï, le conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures et de la Coopération.

 

C’est une visite importante pour la Principauté…

Oui, très importante. Les négociations en vue de conclure un accord d’association équilibré, qui permette une participation la plus large possible au marché intérieur de l’Union Européenne tout en respectant les intérêts essentiels vitaux de la Principauté, ont démarré en 2015.

Il y a eu depuis de nombreuses avancées au niveau technique. Le dossier était piloté jusqu’à la fin de l’année dernière par le service européen d’action extérieure et l’Union européenne a souhaité transférer ce dossier au secrétarait général de la Commission.

Nous avons eu une première réunion politique avec Monsieur Sefcovic à Bruxelles en début d’année. C’était un premier contact et nous avons souhaité l’invité à venir à Monaco. C’est la première fois qu’il vient en tant qu’interlocuteur politique en charge des négociations avec Monaco Andorre et Saint-Marin.

Vous dites que le dossier a changé de mains ?

 

Oui, aujourd’hui nous avons avec Monsieur Sefcovic un interlocateur politique et nous ressentons véritablement une volonté d’accélérer les négociations. Jusqu’à présent, nous avions eu surtout des experts en face de nous. Avoir le vice-président de la Commission en charge du dossier, ça démontre bien l’importance portée par la Commission à ces négociations avec Monaco.

C’est lui qui pourra donner l’impulsion auprès des experts sur l’acceptation ou pas de nos adaptations, les fameuses lignes rouges qui ont pour objectif de préserver la communauté monégasque.

Quel est l’enjeu de cette visite?

Tout l’enjeu de cette visite sera justement de lui montrer les vraies dimensions de la réalité du pays. Par exemple l’exiguïté du territoire de 2km2, la diversité de l’économie, les flux de population quotidiens et le nombre de salariés qui arrive tous les jours à Monaco.

Pour cela nous allons l’emmener demain matin [lire ce matin] à la sortie de la gare de Monaco à 8h, de manière à ce qu’il visualise bien que Monaco est tout à fait ouvert aux salariés qui résident à l’étranger puisqu’on a un afflux de plus de 45.000 salariés des communes avoisinantes.

Nous allons aussi lui montrer la porosité de nos frontières, notamment avec Beausoleil où d’un côté du trottoir on est en France et de l’autre en Principauté.

L’idée c’est qu’il se rende compte de nos réalités géographiques, économiques, démographiques et de la densité de la population.

 

C’est important à ce stade des négociations?

Très important car c’est Monsieur Sefcovic qui donnera l’impulsion pour accepter ou pas les adaptations que la Principauté à proposer dans le cadre de l’accord d’association.

Quel est le but de ces adaptations que Monaco demande?

Elles ont pour objectif de préserver l’identité monégasque, et de permettre à notre communauté de 9.600 citoyens de continuer à vivre, à travailler et à se loger à Monaco.

Et ensuite, le reste du calendrier par rapport à ces négociations?

Monsieur Sefcovic souhaite que les négociations s’achèvent à la fin de l’année 2023.

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