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Une campagne qui donne la nausée à Beausoleil Et pendant ce temps-là sur Internet...

Mis à jour le 01/03/2020 à 11:15 Publié le 01/03/2020 à 11:15
Gérard Spinelli.

Gérard Spinelli. J.-F.O.

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Une campagne qui donne la nausée à Beausoleil Et pendant ce temps-là sur Internet...

Stéphane Manfredi, à l’origine d’une dénonciation au Parquet national financier contre Gérard Spinelli pour détournement de fonds publics, fait lui-même l’objet d’une plainte pour viol

Et soudain, rien ne se passe bien ! À quelque deux semaines du premier tour des élections municipales, les révélations ou accusations fusent, donnant un goût nauséeux à la campagne.

À Beausoleil, le maire sortant Gérard Spinelli doit faire face à un unique opposant : Stéphane Manfredi. Celui-ci fut responsable du bâtiment Le Centre et du service du protocole à la mairie de 2012 au 24 juillet 2019, date à laquelle il fut suspendu à titre provisoire par le maire avant d’être exclu sur décision du conseil de discipline du centre de gestion, sans traitement et pour un an. Il est à l’initiative d’un épais dossier reçu par le Parquet national financier de Paris le 26 août dernier. Un ensemble de pièces que nous nous sommes procurées, notamment des factures de 2018 méticuleusement rassemblées et un argumentaire précis et détaillé, destinés à accuser le maire de corruption passive, prise illégale d’intérêt, favoritisme, détournement de fonds publics et faux en écriture publique.

Le dossier de Manfredi contre Gérard Spinelli

Les dépenses ont ainsi augmenté de manière significative - plus 47 % entre 2010 et 2016. Stéphane Manfredi pointe du doigt les frais de bouche. Il affirme notamment au procureur que « la plupart [des repas] avaient un caractère privé ».

Par exemple, parmi les nombreux bons de commande dont le service du protocole a été « émetteur », c’est-à-dire Stéphane Manfredi lui-même, certains mentionnent des « repas » ou « déjeuners de travail », indiquant des sommes arrondies (1 000 euros en février 2018, 1 500 euros en avril-mai, 500 euros en juin 2018, 1 000 et 1 500 euros en août…).

Dans le courrier qu’il a déposé au Parquet national financier, Stéphane Manfredi explique : « Pour ne pas avoir à détailler les factures de restaurant, le maire a demandé qu’une somme forfaitaire soit réclamée mensuellement par les restaurateurs qui permettent de couvrir les repas quotidiens » (lire également notre édition du 27 février).

Stéphane Manfredi assure également la « mise en œuvre d’une fausse facturation concernant des billets d’avion », « des mouvements suspect d’argent en espèce »

Ce dossier, qui fait aujourd’hui l’objet d’une ouverture d’enquête par la PJ de Nice, contient également des documents qui sont de nature à montrer un mauvais climat au sein de la mairie : le résultat du sondage intersyndical indique par exemple que 82 % du personnel municipal ne se sent pas « en adéquation avec le management de la commune ». À noter par contre que 70 % des personnes interrogées disent avoir un poste qui correspond à leurs attentes.

Manfredi accusé de viol

Changement de bord. Une plainte est déposée le 13 mai 2019 à Menton - en cours d’instruction - par Maxime Gaillard, contre son supérieur hiérarchique Stéphane Manfredi, pour viol. Les faits se seraient répétés entre avril 2017 et septembre 2018, dans les locaux de la mairie.

Le 13 juin 2019, Maxime Gaillard est réentendu par un officier de police judiciaire à Menton et réitéra sa plainte. Le rapport d’enquête interne des directrice des ressources humaines et directrice générale des services note : « Monsieur Maxime Gaillard, dont les propos ont été recueillis le 8 juillet 2019, a révélé avoir été victime de harcèlement sexuel de la part de Monsieur Stéphane Manfredi de manière certaine, a été victime d’agression sexuelle ou tentative d’agression sexuelle de manière certaine. (...) Monsieur Gaillard a fait état de chantage et de pressions psychologiques. » De son côté, Stéphane Manfredi « n’a pas pu être entendu dans le cadre de [cette] enquête interne ».

Contacté hier, Maxime Gaillard confirme : « Je reste sur les déclarations de ma plainte pour viol. Il y a eu une pression morale. Ce que j’ai vécu est réel. Ma plainte est sans aucun lien avec les élections municipales. J’attends que justice soit rendue. »

Mais celui qui évoque le viol le premier, ce n’est pas Maxime Gaillard mais Stéphane Manfredi ! Dans une déclaration de main courante, il affirme : « J’ai été reçu après convocation par Madame Jeanne Mercurio, contrôleur de gestion de la commune, afin que soit effectuée l’évaluation professionnelle annuelle. Lors de cet entretien, (...) j’ai été accusé de viol et séquestration sur mon ancien adjoint. De plus, elle m’a accusé d’avoir détourné des fonds publics. (...) J’estime ne rien avoir à me reprocher et être très surpris par ces accusations qui sont très graves selon moi. »

Au premier semestre 2019, d’autres mains courantes et plaintes contre harcèlement et diffamation ont été déposées qui tendent à montrer une ambiance particulièrement délétère à la mairie.

Il revient maintenant à la justice de faire son travail.

Le constat est valable depuis dix ans : une campagne électorale ne se joue plus que dans la rue. Certes, la méthode ancestrale est sans nul doute la plus redoutable pour glaner des bulletins. Rien ne vaut le contact humain. Mais désormais, changement d’ère oblige, la campagne trouve aussi écho sur la Toile. Rares sont les candidats qui ne soignent pas leur image derrière un écran de smartphone ou d’ordinateur. Leur canal favori ? Facebook. C’est le cas à Beausoleil, où les deux candidats, Stéphane Manfredi et Gérard Spinelli, fourbissent leurs armes en ligne.

Si l’on ne se cantonne qu’aux chiffres - c’est forcément réducteur - le premier est suivi par 140 personnes (1) sur son profil « Stéphane Manfredi Candidat ». Le maire sortant, lui, comptabilise 702 abonnés sur sa page « Avec Gérard Spinelli ».

Comme bon nombre de maires sortants, Gérard Spinelli use du clavier pour argumenter son bilan, thème par thème. Avec réalisations à l’appui. Tout y passe : gestion des finances, action sociale, vie associative et locale, cadre de vie et environnement, sécurité, réalisation des équipements structurants. Avec, systématiquement, cette phrase pour clore un post : « Ces actions ont été mises en œuvre sans aucune augmentation des impôts et en diminuant fortement la dette de la commune. » Le programme et la liste suivront dans les prochains jours.

Dans le camp adverse, forcément, Stéphane Manfredi s’attelle à déconstruire ce bilan et à distiller ses propositions. Par de longues vidéos, d’abord, entourés de ses fidèles colistiers. Lesquels sont, chaque jour, présentés personnellement sur le réseau social. Stéphane Manfredi invite même les citoyens à lui faire parvenir des clichés « de tout ce qui ne va pas dans vos quartiers » : propreté, encombrants, incivilité, lieux ou mobilier urbain.

Bref, chacun des deux candidats est dans son rôle.

Dans leur opposition virtuelle, les deux protagonistes de cette élection peuvent compter sur leurs proches, colistiers et sympathisants - au moins pour les plus connectés - qui s’en donnent à cœur joie. Commentant et démontant sans cesse les assertions du camp adverse. Dans ce contexte virtuel parfois malsain - lequel devrait s’apaiser une fois que les urnes auront parlé -, on retrouve des comptes anonymes. Des individus qui agissent dans l’ombre et dont on ignore la réelle identité. Des sortes de « corbeau » 2.0 qui volent dans les plumes.

À Beausoleil, deux sont particulièrement actifs et prêchent clairement pour la paroisse de l’ancien curé du diocèse de Monaco, Stéphane Manfredi. « Monté Cristo », actif depuis un bon mois, use d’un ton ironique et caustique pour dézinguer Gérard Spinelli. Dans sa présentation en ligne, il s’affiche comme un « lanceur d’alerte et de vérités, opposant à la clique Spinelli et aux personnes gravitant autour ». Même ton, même codes pour le compte « Pierre Alberti » (2), actif depuis novembre 2018, lequel semble très au fait des rouages communaux et qui n’hésite pas à haranguer le maire sortant sur ses actions, argumentaire à l’appui. « Ma philosophie, au départ, était d’apporter une voix critique sur la politique de Gérard Spinelli. J’ai voulu aussi apporter une information aux Beausoleillois sur l’alternative possible, écrit-il. Il n’est pas question d’arrêter de critiquer. C’est le débat démocratique. »

Le camp Spinelli pointe du doigt ces présumés faux comptes. « Ils ont été créés par M. Manfredi et ses proches, qui sont pour la plupart des gens n’ayant aucun lien avec Beausoleil, et diffusent de fausses informations. J’ai demandé à notre équipe de ne pas utiliser les mêmes procédés car je suis convaincu que ces méthodes sont contre-productives », argumente-t-il.

Reste désormais à savoir si l’activité en ligne, de quelque nature qu’elle soit, peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Stéphane Manfredi.
J.-F. Ottonello

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