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"Un coût exorbitant et une efficacité très relative..." La vidéosurveillance fait à nouveau débat à Nice

Mis à jour le 13/01/2021 à 07:37 Publié le 13/01/2021 à 09:00
En 2019, la municipalité a testé sur quelques jours, lors du carnaval, un système de reconnaissance faciale.

En 2019, la municipalité a testé sur quelques jours, lors du carnaval, un système de reconnaissance faciale. archives Eric Ottino

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"Un coût exorbitant et une efficacité très relative..." La vidéosurveillance fait à nouveau débat à Nice

L’usage de caméras est entré dans les mœurs, a fortiori à Nice où elles sont environ 3.370 et font partie du paysage. Mais des voix s’élèvent de nouveau: celles des opposants écologistes du conseil municipal.

"Un coût exorbitant et une efficacité très relative"… Voilà la position sur la vidéosurveillance de l’opposition écologiste à la mairie de Nice. La conseillère municipale Juliette Chesnel-Le Roux a tenu vendredi une conférence de presse: "Nous savons que la dépense est de plusieurs dizaines de millions d’euros mais nous souhaitons connaître le coût exact. C’est pourquoi nous demandons un audit: matériel, installation, maintenance, casse, réparations, nombre d’agents mobilisés pour le centre de supervision urbain [CSU]."

Selon elle, "Les caméras ont un effet dissuasif limité car elles déplacent plus qu’elles ne réduisent la délinquance. Et les images ne permettent d’identifier les auteurs que dans 1 à 3% des cas."

Pour le groupe Nice écologique, la solution c’est "le renforcement de la police de proximité sur le terrain." Juliette Chesnel-Le Roux plaide pour "des effectifs formés à la médiation, à la prévention, sensibilisés aux discriminations et à l’égalité femmes-hommes, pour contribuer à l’apaisement des relations entre gardiens de la paix et citoyens, à la reconstruction du lien de confiance et à la réponse aux besoins de proximité."

Entre la fin 2013 et le début de l’année 2020, le nombre de caméras scrutant les espaces publics des cinquante villes les plus peuplées de France a été multiplié par 2,4, passant de près de 4.800 à plus de 11.400, selon la Gazette des communes.

Nice compte aujourd’hui 3.376 capteurs, selon le chiffre fourni par la municipalité. Il faut y ajouter les 970 caméras du tramway, installées à l’intérieur ou à l’extérieur des rames, sur les quais par exemple. Elles sont comme celles de voie publique reliées au CSU.

Crispations chez EE-LV

Au début des années 2000, la vidéosurveillance enflammait les débats. Son utilisation s’est, au fil du temps, banalisée. Demeurent toutefois de vieilles habitudes: les villes de droite restent plus équipées que celles de gauche. La crispation est particulièrement forte parmi les écologistes. Pas seulement à Nice. EE-LV en avait fait un axe fort de sa campagne pour les élections municipales.

La Ville de Nice, elle, loue régulièrement l’usage de la technologie à des fins sécuritaires. Le Républicain Christian Estrosi ne manque jamais de réclamer l’usage de la reconnaissance faciale, par exemple. Une demande réitérée après l’attentat survenu à la basilique Notre-Dame, le 29 octobre.

"C’est efficace!"

L’adjoint au maire délégué à la Sécurité, lui, s’est indigné après la charge, vendredi, de l’opposition écolo. Sur Twitter, Anthony Borré s’est agacé: "“Efficacité très relative”? Depuis 2019, les caméras ont permis 1.142 interpellations, soit une moyenne de plus de 3/jour! L’État nous sollicite aussi pour exploiter nos images. En deux ans, près de 3.000 réquisitions judiciaires ont été demandées. Cet outil est efficace."

Ce qui a valu au premier adjoint de se faire à son tour tacler par son autre opposition, le Rassemblement national qui rejoint (presque) les écologistes: "Ramené au nombre de caméras, ça fait 0,3 interpellation par caméra entre 2019 et aujourd’hui. Si le chiffre est exprimé sur une seule année, 0,6. Oui, on peut relativiser l’efficacité (ce qui ne signifie pas que c’est inutile), et vouloir privilégier la présence humaine."

Une aide à l'élucidation ou plus?

En moyenne, la vidéosurveillance permet, selon les années, entre 800 et 1.000 interpellations en flagrant délit, selon les chiffres fournis pas la Ville de Nice. Mais c’est surtout sur les résolutions d’enquête que les caméras prouvent leur utilité. 1.800 heures en moyenne par an sur les milliers qui font partie des réquisitions judiciaires sont "utiles" aux enquêteurs.

Après la fusillade du 6 mai 2014 qui coûtera la vie d’Hélène Pastor, la vidéosurveillance a permis de suivre le taxi jusqu’à un hôtel, rue Assalit. Et la police scientifique a relevé des ADN avant que le ménage soit fait dans la chambre…

Autre exemple: Ali Chebil, un commerçant assassiné le 2 octobre 2015, rue Smolett. Grâce à la vidéosurveillance, la police a vu le suspect, juste avant de pénétrer dans l’immeuble, jeter dans une poubelle une canette qui a pu livrer son ADN.

« Les caméras sont aussi un formidable outil pour le secours à personnes. Lors de l’incendie d’un salon de coiffure rue de la Buffa, les pompiers ont pu visualiser qu’il y avait une crèche au dessus et envoyer plus d’hommes sur le terrain, précise un hiérarque municipal. Lors des coups de mer, ça permet de repérer les inconscients qui s’approchent dangereusement. Ou de voir si des SDF sont en danger dans le lit du Var. »

Protection ?

Vidéoprotection ou vidéosurveillance? Une sémantique politique.

La Ville n’en démord pas : c’est de la vidéoprotection… "La preuve, les comités de quartier nous font des demandes pour qu’on en installe, ça les rassure." 

Mais les associations de défense des droits de l’homme voient d’un mauvais œil sa généralisation, dénonçant un outil menaçant "les libertés individuelles".

D’autant plus si on y ajoute de nouvelles technologies, comme la reconnaissance faciale. C’est de la surveillance et pas de la protection, dénoncent-elles.

"À Nice, il y a toujours autant de trafic de drogues même lorsqu’il y a des caméras, ça n’empêche rien, cela ne protège pas les habitants de ce genre de nuisances", fait valoir un membre de la Ligue des droits de l’Homme.

"Aux Moulins, par exemple, il y a 38 caméras. Elles ont permis 255 interpellations en 2020, contre 57 en 2019. Et sur ces 255, il y en avait 137 pour du trafic de stup", revendique la Ville. Qui évoque aussi les bornes de signalement.

"Certains opposants disent que c’est cher: on en a installé 175 pour un montant de plus d’1 million mais nous avons eu 835 000 euros de subvention de l’État. Et cette installation a permis de neutraliser le terroriste de Notre-Dame en quatre minutes."

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