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Un combat de chefs pour la succession d'Angela Merkel

Mis à jour le 15/04/2021 à 06:52 Publié le 15/04/2021 à 06:51
La chancelière allemande, Angela Merkel.

La chancelière allemande, Angela Merkel. Photo AFP

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Un combat de chefs pour la succession d'Angela Merkel

C'est le feuilleton à suspense du moment en Allemagne: deux hommes se livrent un rare bras de fer dans un parti conservateur réputé consensuel pour succéder à la chancelière Angela Merkel lors du scrutin législatif du 26 septembre.

Ces élections marqueront la fin de l'ère Merkel, qui va se retirer après 16 ans à la tête de la première économie européenne.

En tant que chef de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le plus grand parti d'Allemagne, Armin Laschet serait en temps normal le candidat naturel pour mener la course au nom du groupe conservateur.

Mais la droite baisse dans les sondages au fil des ratés dans la gestion de la pandémie, des lenteurs de la campagne de vaccination, et des scandales de corruption présumée dans ses rangs.

Et après de longs mois de tergiversations, Markus Söder, le bouillant dirigeant de la CSU, formation bavaroise alliée de la CDU, s'est lancé dimanche dans l'arène.

Si M. Laschet s'est assuré le soutien des instances dirigeantes de la CDU, de nombreux députés et membres de son propre parti jugent avoir plus de chance de conserver la chancellerie en misant sur Markus Söder.

Les deux hommes ont promis trouver un accord dans les prochains jours. Sans l'aide de la chancelière qui n'entend pas intervenir.

Laschet: rassembleur mais mal aimé

Considéré comme un modéré, loué pour ses talents de rassembleur, Armin Laschet s'inscrit dans la continuité d'Angela Merkel dont il entend maintenir le cap centriste.

Ancien journaliste, issu d'un milieu modeste, il fut l'un des rares à la soutenir sans réserve après sa décision controversée d'accueillir des centaines de milliers de migrants de Syrie ou d'Afghanistan en 2015.

Cet homme affable -et souvent sous-estimé- de 60 ans dirige aussi depuis 2017 la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la région la plus peuplée d'Allemagne, qu'il avait ravit à la surprise générale aux sociaux-démocrates.

Fervent catholique, il se décrit comme transatlantiste et Européen engagé. Il fut entre 1999 et 2005 député à Bruxelles spécialisé dans les questions de sécurité et de politique internationale.

Sa complaisance présumée vis à vis de la Russie, ce dont il se défend, le poursuit en revanche depuis des années, après qu'il eut regretté en 2014 un certain "populisme anti-Poutine facile à vendre" et plaidé pour maintenir le dialogue avec Moscou, juste après l'annexion de la Crimée.

Son gros problème: Armin Laschet souffre d'une image de responsable indécis. Ses volte-face dans la gestion de la pandémie ont fait douter de sa capacité à diriger efficacement le pays.

Dans un sondage récent du journal des affaires Handelsblatt, seuls 12% jugent qu'il serait un bon candidat.

Söder: l'ambitieux Bavarois

Face à lui, Markus Söder, 54 ans, se pose en homme d'action.

Cet élu imposant -il mesure 1,94 m - a acquis une aura de sauveur pendant la première phase de la pandémie, se faisant le chantre de mesures strictes contre le virus.

Dans un sondage publié par le quotidien Bild, il a même dépassé Angela Merkel - pour laquelle il ne tarit pas d'éloge- en terme de popularité.

Le natif de Nuremberg, qui a mené toute sa carrière en Bavière, a la réputation d'un adversaire impitoyable et d'un hyperactif autoritaire.

L'actuel ministre de l'Intérieur fédéral, Hans Seehofer, ancien chef de la CSU et du Land, dira même de lui qu'il est "dévoré par l'ambition".

Populiste pour les uns, fin tacticien pour les autres, Markus Söder n'a pas peur des grands écarts.

Quand la CSU perd en 2018 sa majorité absolue après une campagne aux accents très anti-migrants, il entame immédiatement un virage libéral, soutenant le mariage pour tous ou les quotas de femmes à la tête des entreprises.

Et se découvre un cœur pour l'écologie à un moment où les Verts sont la force qui monte.

Markus Söder est "un mélange étrange de forcené du pouvoir et de gamin", décrivait récemment le magazine Der Spiegel, pointant "sa fascination pour les contes modernes et les super héros". Sa prestation de carnaval sous les traits de Schreck l'ogre vert est restée dans les mémoires.

Mais l'histoire parle contre lui. Seuls deux chefs de la CSU, Franz Joseph Strauss en 1980, et son mentor Edmund Stoiber en 2002 ont jusqu'ici porté les couleurs de la droite à des législatives.

Tous deux ont échoué.


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