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Un ancien prêtre soutenu par le Rassemblement national entre dans la danse des municipales à Beausoleil

Mis à jour le 09/01/2020 à 16:00 Publié le 09/01/2020 à 08:30
Stéphane Manfredi sera soutenu par le Rassemblement national.

Stéphane Manfredi sera soutenu par le Rassemblement national. Jean-François Ottonello

Un ancien prêtre soutenu par le Rassemblement national entre dans la danse des municipales à Beausoleil

Soutenu par le Rassemblement national, l’ancien prêtre et ancien collaborateur de Gérard Spinelli se déclare candidat à Beausoleil. Visé par des accusations de harcèlement, Stéphane Manfredi répond.

C’est officiel, il sort du bois. Stéphane Manfredi sera le deuxième candidat à se lancer dans la bataille des municipales à Beausoleil. Dans un peu plus de deux mois, l’homme de 48 ans, soutenu par le Rassemblement national, se frottera à Reda Fouab pour rafler le siège de maire à Gérard Spinelli, lequel entretient toujours le suspense sur sa volonté de briguer un cinquième mandat.

Issu d’une famille du cru, Stéphane Manfredi a effectué sa scolarité à Beausoleil et Monaco avant d’intégrer les ordres ecclésiastiques en 1989. Plus de deux décennies comme prêtre au service du diocèse de Monaco avant de mettre un terme, en 2011, à sa carrière religieuse pour raisons personnelles. "Je suis tombé amoureux et j’ai souhaité vivre cet amour. En tant que prêtre, on fait une promesse de célibat et je n’étais plus capable de la tenir", justifie-t-il. S’amorce alors une autre vie, toujours publique. La politique.

Après une "pige" pour Stéphane Cherki aux législatives de 2012, il entre en mairie de Beausoleil. Là, il touchera notamment à l’événementiel, au protocole, à l’animation. Jusqu’en septembre 2019, date à laquelle le maire a prononcé un arrêté d’exclusion temporaire d’un an à son égard pour des faits présumés de harcèlement moral contre un agent municipal. Lui crie "à l’instrumentalisation". En décembre, il a posé sa démission. Pour se consacrer à sa campagne.

Quelles raisons ont motivé votre candidature à cette élection?

En 2012, après la campagne des législatives menée aux côtés de Stéphane Cherki, j’avais été sollicité parles Beausoleillois pour m’engager dans la vie politique et être tête de liste aux municipales. Je n’ai pas voulu donner suite. Il y a des choses qui demandent à mûrir, pour acquérir des connaissances, connaître les réalités du terrain. Après sept ans en mairie de Beausoleil, j’ai été de nouveau sollicité. J’ai senti que c’était le moment. J’ai gagné en maturité dans les rencontres. J’ignore si Gérard Spinelli sera candidat. Je ne souhaite pas mener un combat contre lui. C’est vraiment un projet d’équipe,un projet nouveau à proposer.

Quelle vision voulez-vous porter pour Beausoleil?

Mon équipe et moi-même en voulons une nouvelle. Je qualifierais Gérard Spinelli, et c’est tout à son honneur, de maire bâtisseur. Il a énormément travaillé, il a donné à Beausoleil des infrastructures : le centre culturel Prince Jacques, le parking Victor-Hugo aux Moneghetti,des lieux de vie comme Le Centre. Ces endroits-là font vivre la ville, il ne faut pas l’enlever à son actif. L’investissement a été porteur. La ville est passée d’un statut de village – on nous reprochait même d’être une cité-dortoir –à celui de ville à part entière. Notre volonté et notre programme, aujourd’hui, sont d’en faire une ville plus humaine avec plus de lien. Et de gérer, au delà même des grands dossiers de construction, le quotidien de tous les habitants.

"Passer d'une politique archaïque
à une démocratie participative"

Vous estimez que la ville n’est pas assez humaine. Comment se démarquer ?

Dans l’ensemble de nos communes et pas seulement Beausoleil,nous sentons bien qu’il y a plus que jamais, et c’est un fait politique, une distance qui se crée entre la population et les élus. Le seul moment où ce lien se recrée, ce sont les élections. Les élus sont alors présents, à l’écoute, en train de dire que tous les problèmes du monde seront résolus. Notre équipe veut passer d’une politique archaïque à une démocratie participative.

Comment?

Que dans chaque quartier, la population puisse avoir des interlocuteurs. Ces référents ne suffiront pas. Je souhaite que tous les trimestres, nous ayons des rencontres avec la population et les élus. Que les projets de quartiers soient discutés. Je veux être un homme de terrain, j’ai toujours été un homme d’écoute, un homme pour aller au devant des personnes. L’idée est de récréer ce lien qui parfois nous coupe, élus, de la réalité.

Votre liste est-elle déjà constituée ?

Oui, entièrement. Trente cinq hommes et femmes issus de la société civile. Chacun a un parcours professionnel différent,un investissement associatif. Il y aura de jeunes étudiants, des retraités, des actifs, des policiers à la retraite,des mères au foyer,de jeunes entrepreneurs, des médecins. Ce sont des gens suffisamment éclectiques pour apporter une vision différente de la politique participative que l’on veut mener.

"Gérard spinelli
a apporté une impulsion, une créativité..."

Avez-vous déjà des promesses concrètes à formuler à vos futurs électeurs?

La première action porte sur la sécurité. Aux portes de Monaco, Beausoleil a besoin d’être complémentaire de ce qui se fait là-bas.Je souhaite avoir une police municipale 7 jours sur 7 et 24h/24, des patrouilles pédestres au contact de la population, pas seulement une patrouille en voiture. Que la police municipale soit une police de proximité, de contact mais aussi capable d’être dans la répression. Le deuxième point, c’est l’environnement, un sujet sur lequel on ne peut plus passer. Je souhaite donner à Beausoleil un poumon vert. Je voudrais qu’on fasse du parc de Grima un lieude découverte de la biodiversité du bassin méditerranéen et un lieu de vie. Au cœur de celui-ci, je souhaite la création d’une maison de retraite médicalisée ou semi médicalisée. C’est une promesse électorale qui date, qui n’est pas la mienne mais qui est, pour l’heure, non réalisée. Nous devrions avoir notre propre lieu de vie pour nos aînés. Dans ce même lieu, je souhaiterais créer des crèches. Je crois au lien intergénérationnel. Les uns et les autres vont s’enrichir mutuellement.

Quel regard portez-vous sur les mandatures de Gérard Spinelli, notamment la dernière que vous avez côtoyée?

Gérard Spinelli a apporté, depuis des années, une impulsion,une créativité, une envie d’avancer, une amélioration de beaucoup de coins. Le regard de Gérard Spinelli est visionnaire. Aujourd’hui, je voudrais passer à une politique différente. Nous sommes aussi dans un regard visionnaire, différent certes. Je suis moins dans les grands projets que Gérard Spinelli, qui ont apporté, mais plus dans le quotidien : les problèmes de voirie, d’environnement, des cantines, des encombrants. Tous ces problèmes qui agacent et qui créent un climat qui n’est pas porteur. 

Accusation
de harcèlement :  
"une pure instrumentalisation
des services de police
et de la justice"

L’affaire a fait grand bruit en mairie de Beausoleil. Une enquête interne a été diligentée en juillet 2019 lorsque la hiérarchie municipale a pris connaissance d’une plainte déposée au commissariat par un agent, à l’encontre de Stéphane Manfredi, pour des faits présumés d’agression sexuelle.

Le 9 septembre 2019, au regard des éléments fournis par le rapport d’enquête interne, le conseil de discipline des agents contractuels territoriaux des Alpes-Maritimes estime que Stéphane Manfredi, attaché contractuel en charge du service du protocole de Beausoleil, "s’est rendu coupable de harcèlement moral à l’encontre de l’un de ses collaborateurs".

Il adopte un avis : proposer au maire de Beausoleil la sanction de l’exclusion temporaire de fonctions d’une durée d’un an. Le 27 septembre, Gérard Spinelli prononce un arrêté en ce sens (*). Stéphane Manfredi démissionnera de ses fonctions le 27 décembre 2019.

Interrogé à ce sujet lors de sa déclaration de candidature, Stéphane Manfredi réfute les faits : "Cette affaire est, pour moi et mes colistiers, une pure instrumentalisation des services de police et de la justice. À un moment donné, je gênais, je dérangeais. Il y a un esprit de vengeance", argumente-t-il.

"Je suis un homme au casier judiciaire vierge, je n’ai jamais été poursuivi"

Une «"vengeance", mais pour quels motifs ? "Il est vrai que j’ai un caractère plutôt direct, franc. Dans mes fonctions, j’ai gêné un certain nombre de personnes qui n’ont pas apprécié la manière exigeante que j’ai eue de gérer mes missions. D’ailleurs, je ne sais pas à qui profite ce règlement de compte. Je ne cherche pas à le savoir. Le cadre territorial qui est à la source de tout cela, qui a dynamisé cette affaire, a démissionné de la mairie", poursuit-il.

Quant à l’enquête de police, il assure que celle-ci est "terminée". "Pour l’heure, on est en attente de la décision du parquet. Il n’y a pas de difficultés à ce niveau-là, sinon je ne me serais pas présenté aux élections municipales."

Même si la présomption d’innocence prévaut, ces accusations de harcèlements moral et sexuel ne sont-elles pas de nature à fragiliser sa candidature ? L’intéressé répond : "De la part de certaines personnes, c’était une volonté délibérée de me nuire. Je laisse les électeurs décider par eux-mêmes. La seule chose que je sais, c’est que je suis un homme qui a un casier judiciaire vierge et que je n’ai jamais été poursuivi. J’ai reçu, dans le cadre de cette campagne, le soutien d’un parti politique, celui du Rassemblement national."

Et de conclure : "Je compte bien déposer plainte pour dénonciation calomnieuse contre toute personne qui se permettrait d’attaquer mon intégrité sur des faits non prouvés et porter plainte pour diffamation publique contre toute personne qui diffuserait des éléments partials et infondés à mon encontre."

* Deux recours en annulation ont été déposés par Stéphane Manfredi auprès du tribunal administratif de Nice pour « excès de pouvoir ». La procédure est toujours en cours.


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